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SYMPATHIE ET TRANSFERT DU MAL

Ce cas d’offrande et d’enterrement de la chevelure est particulièrement instructif. Il est complexe : il y a là expulsion du mal, purification par la coupe des cheveux d’une part; et de l’autre il y a pour le déposant gain d’une heureuse influence, d’une « baraka » spéciale. C’est donc un rite très semblable au sacrifice tel que Hubert et Mauss l’ont décrit dans leur belle étude et ainsi la théorie de Hartland, d’après laquelle les objets déposés sur une tombe représentent l’union du fidèle avec sa divinité se concilie aisément avec celle de Frazer, pour lequel ce même rite représente seulement l’expulsion du mal : toutes deux sont vraies et se complètent.

D’ailleurs l’expulsion du mal est quelque chose de bien voisin de la magie sympathique. Celle-ci a pour fondement général en effet qu’un phénomène produit un autre phénomène semblable (ainsi le sauvage souffle pour faire venir le vent), ou qu’un corps qui a été uni à un autre corps reste en sympathie avec lui (ainsi lorsqu’on ensorcelle quelqu’un avec les rognures de ses ongles). On peut donc penser que lorsque le sauvagejette une pierre, il accomplit simplement le simulacre d’écarter le mal, ce qui, conformément aux idées des primitifs sur la magie, suffit à l’écarter en réalité. Mais entre la croyance au transfert réel du mal par le véhicule d’une pierre et la croyance à son expulsion par un rite de similitude magique, il y a certainement bien peu de différence dans l’esprit du sauvage; si nous faisons là une profonde distinction logique, il est probable qu’il n’en fait

dans le ribât. Car, ainsi que nous le verrons plus tard, le ribât est un véritable sanctuaire en même temps qu’un fort pour la défense des frontières. Cpr. Hubert et Mauss, « Sacrifice », loc. cit. , p. 39 : « Le sujet qui offre sa chevelure est, par la partie de sa personne qui est offerte, mis en communication directe avec le dieu ». Voy. les références citées dans ce passage .

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