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EXPULSION DU MAL DANS LES VÉGÉTAUX

Il reste une question : que devient le mal dans le rite d’expulsion? Nous voyons que dans le rite d’acquisition le bien provient de l’ancêtre, du marabout, de l’homme-dieu et qu’il se fixe dans celui qui accomplit le rite. Mais lorsque le mal est expulsé et que l’auteur du rite est purifié par cela même, que devient le mal?

Dans le cas du rjem, des chiffons suspendus, des nœuds faits aux arbres, le mal est immobilisé dans la pierre, dans le chiffon, dans le nœud : si on les touche il s’échappe, redoutable pour celui qui fa ainsi délivré. Dans le cas de l’arbre en particulier, on doit penser qu’il est absorbé et détruit par l’esprit de la végétation. Les végétaux ont toujours paru un excellent dérivatif; voici à cet égard un liadit bien curieux : « Le Prophète passa près de deux tombes dont

les habitants subissaient des tourments . Il prit une

branche de palmier verte, la cassa par moitié et planta chacun des morceaux sur une des tombes. « Pourquoi agis-tu ainsi, ô Envoyé de Dieu? « lui demanda- t-on. — Dans l’espoir, répondit-il, qu’ils éprouveront quelque soulagement tant que ces branches ne seront pas desséchées » Les commentateurs n’ont naturellement pas compris et ont fait des efforts curieux pour expliquer cet acte du prophète, prétendant qu’un tel rite lui était particulier et que les morts bénéficiaient ainsi de sa bénédiction ; ou bien que toute chosq, vivante proclamant la louange de Dieu, les végétaux attirent ainsi, tant qu’ils vivent, la bénédiction sur les tombes où ils poussent (U....

personne ». (Sicard, « Takitount »). Cf. supra, p. 97, n. 1. Ici comme toujours les deux explications par l'expulsion du mal et par la magie imitative se présentent concurremment.

(1) Bokhàrî, trad. Hondas et Marçais, 1, p. 439; comment, de Iyastellànî, 1, p. 453, in f. , 454. Cpr Chauvin, « Bibl. Ar. », V, p. 51.

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