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EXPULSION DU MAL PAR LE SACRIFICE

Dans le cas du sacrifice, il est bien établi que le mal se dissipe en même temps que s’exhale le souffle de la victime : aussi celle-ci doit-elle souffrir Ù). Le mal se réfugie aussi dans certaines parties de la victime, en particulier le sang, les plumes, parfois aussi les os et les entrailles (1 2). Aussi d’habitude les victimes sont saignées un peu à l’écart du sanctuaire et les plumes soigneusement balayées. Au marabout de Sidi Ya'koûb, à Tlemcen, sanctuaire antique entre tous (3), les plumes sont réunies en tas au milieu de Faire où le « mokaddem » lui-même égorge les victimes ; elles ne doivent pas être jetées ailleurs. Elles y restent jusqu’à ce que le vent les disperse, nous semble-t-il; jusqu’à ce que les esprits qui se rassemblent là pendant la nuit les fassent disparaître, nous affirma le vieux mokaddem que nous interrogions. Souvent on désigne l’endroit où on repousse les plumes sous le nom de « beït-er-rîcli », la chambre des plumes.

Dans le cas de simple offrande à un marabout, dépôt sur la tombe d’un objet qui 11e se consomme pas, comme une pierre, ou remise au descendant du saint habitant les lieux d’une somme d’argent, on est fondé à croire que le marabout mort à la vie de ce monde, ou son descendant encore vivant

(1) Entre autres nombreux textes, cf. Frazer, « Golden Boug-h », I, p. 135-136 ; trad. fr., I, p. 143 : « La victime doit hurler et se tordre, pour qu’on soit sûr que le mauvais esprit y est entré ».

(2) Cf. supra, p. 87.

(3) Sur le sanctuaire de Sidi Ya'koûb, voy. W. et G. Marçais, « Mon. de Tlemcen », p. 336 seq. Il y a là une accumulation de cultes antiques bien curieuse, depuis l’olivier sanctuaire jusqu’à la coupole classique. « Sous chaque olivier, nous disait le vieux mokaddem, il y a de nombreux saints enterrés ; il y en a en tout 555, mais on ne connaît pas leurs noms ! » On montre aussi l’empreinte des pieds de Sidi Ya'koûb, près du ruisseau où il faisait ses ablutions.

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