AFFAIRE DES TROIS MARABOUTS
du reste, que Sîdi Ben Dâoûd se rencontra avec un de ses confrères en sainteté de l’époque, Sîdi Rahhâl el Koûch qui vint des environs de Merrâkech, pour le voir. Dans son voyage, Sîdi Rahhâl avait trouvé FOurn er Rbîâ grossi par les crues, et c’est aussi en récitant une poésie qu’il avait obligé le fleuve à s’en tr’ ouvrir et à laisser un chemin complètement sec par lequel passa le noble voyageur et ses compagnons (b. C’était plus commode que la ma'dia de Bon l'Aouân ou que les bachots de Mechra' ben Khallou.
Azemmoûr, nous l’avons vu, est la terre classique des « moudjahidin )) ou martyrs de la guerre sainte, qui sauvèrent l’Islâm magribin en rejetant à la mer les mécréants. Ce ne fut pas sans une longue alternative de succès et de revers. Un de leurs échecs les plus cruels fut l’affaire de l’enlèvement des trois marabouts. Les Portugais avaient évacué Azemmoûr en 1545 ; le chérif de Merrâkech hésitait à l’occuper car les Portugais tenaient toujours Mazagau où commandait un vaillant capitaine du temps, Louis deLorero. Une troupe de musulmans à la tête desquels se trouvaient trois marabouts célèbres de l’époque, s’offrit à occuper Azemmoûr. C’était d’abord Abou Mohammed 'Abdallah ben Sâci, originaire des Oulâd bon Sbâ' et dont la zaouia existe encore aujourd’hui près de Merrâkech, au bord de FOuâd Tensift, à quelque vingt kilomètres de Merrâkech, sur la route de Tâmellâlt (1 2h C’est dans celte zaouia que se réfugia, en 1543, le chérif Abou l'Abbâs, détrôné par son frère
(1) « Moumti' el ’asmâ' », loc. clt . , biographie de Sîdi Rahhâl (mort vers 950 de l'Hég.).
(2) Ibn 'Aster, « Daouhat en nâchir », p. 80; Mob. el Mehdi, « Moumti' el ’asmâ' », cah. 10, p. 6; Ahmed ben Khâled esSlâoui, «Kitâb el Istiksa », III, p. 9, p. 41. Sîdi Ben Sâci mourut en 961 de l'Hég*.