SURVEILLANCE UES MARCHES
chés est plus efficace que toute autre mesure pour maintenir le calme et réprimer la criminalité dans un pays arabe.
Tous les gouvernements de ce pays ont compris la nécessitéde s’assurer des marchés; au Maroc l’autorités’y fait sentir de deux façons, par la perception des droits ou « meks » au profit du gouvernement et parla présence d’un délégué de la force publique. Les droits sont perçus par un fermier, la force publique est représentée par un cheïkh, par des membres de la djemâ'a , plus efficacement encore par des mkhâznis du caïd de la tribu, quelquefois par le caïd luimême. Dans les contrées insoumises du Maroc, les tribus sur le territoire desquelles se trouve un marché, tiennent à honneur d’en assurer la sécurité. Dans la région si désolée du Sahara marocain où les brigandages rendent les transactions commerciales difficiles, trois grands marchés, de véritables foires, qui durent assez longtemps, se tiennent dans les Aït Ioùça, à Mrimîma et dans le Tâzerouâlt. L’ordre ne cesse d’y régner et les caravanes peuvent s’y rendre en sécurité: si l’une d’elles est pillée, on saisit, sur le marché, les gens de la tribu pillarde et on leur fait payer le dommage causé (b. Dans la grande Kabylie, jadis, la police des marchés était confiée non à l’autorité locale, mais à des personnages importants, sortes de «custodes nundinarum» qui avaient seuls la haute autorité et portaient le nom de « chefs du marché » (1 2). La suppression ou simplement le déplace-
(1) La foire du Tâzerouâlt a lieu en mars de l’année solaire ; celle des Aïl Ioûça au Moûloûd et celle de Mrimîma en Redjeb de l’année musulmane ; cf de Foucauld, «Reconnaissance », p. 168-169. Léon, dans Ramusio, I, fol0 22, B, donne sur une foire de son époque des détails intéressants. Cf id. , p. 14, B; Bekri, trad. de Slane, p. 356.
(2) Hanoteau et Letourneux, « Kabylie », II, p. 8ü.