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HOSPITALITE

publique et les chanteuses n’en sont pas moins considérées. Elles mèneraient une vie, en somme, plutôt agréable, si elles n’étaient pas exploitées et rançonnées de toute façon par les caïds qui leur arrachent, en les menaçant continuellement, la plus grosse partie de leurs bénéfices.

L’opinion publique aurait d’autant moins le droit, chez les Doukkâla de se montrer sévère au sujet de la vie privée des chanteuses, que d’une façon générale les doukkâliyât sont loin d’être un modèle sous ce rapport : la coquetterie, il faut même dire l’effronterie des femmes, frappe les voyageurs les moins prévenus ; elles adressent la parole aux hommes en plein champ, tiennent avec eux les propos les plus cavaliers autour des puits, ne se gênent pas pour les appeler de loin et leur faire des propositions. La prostitution dans les ménages est générale et les maris complaisants sont légion ; la répudiation pour cause d’adultère est rare, et quant au meurtre de la femme infidèle par le mari, il est à peu près inconnu. La coutume répandue en Algérie, dans quelques régions, d’inviter l’hôte à passer la nuit avec une fille de la maison, existe dans beaucoup de tribus des Doukkâla et chez presque tous les Châouia (b. Exactement comme dans certaines tribus de notre Kabylie (1 2), on demande à celui qui se présente comme hôte, s’il est : « deïfel jmà'a »,

(1) Voy. une allusion à ces mœurs des Châouia dans El Oufrâni, « Nozhet el Hâdî », trad. Hondas, p. 412.

(2) Sur ces usages des Kabyles, aujourd’hui en voie de complète disparition, voy. le brillant récit de Masqueray, « Souvenirs et visions d’Afrique», p. 268 ; d’autres tribus sont connues des Algériens pour avoir eu les mêmes usages, par ex. : les Iloûla Oumalou. Cf les « Igoundajen » dans Mouliéras, « Légendes kabyles », II, p. 150, 3e 1. d’en b. Comparez Bekri, trad. de Slane, p. 233-234 ; Idrîci, « Afr. sept. », trad. Dozy et de Goeje,

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