‹ Merveilles de la force et de l'adresse: Agilité--souplesse--dextérité. LesChapitre 20 sur 61 · COUREURS OE LA NOBLESSE EN ANGLETERRE ET AILLEURS — COUREURS MODERNES · texte numérisé non relu

COUREURS OE LA NOBLESSE EN ANGLETERRE ET AILLEURS — COUREURS MODERNES

La poste avant 1789. — Courir corame un Basque. — Les pays de montagnes et les pays de plaines. — Les laquais d'autrefois, -r- Coureurs anglais.

— Un déjeuner dans une canne. — Coureurs de la noblesse en Autriche.

— Fleurs et oripeaux. — Le zagal d'Espagne. — L'aristocratie écossaise. ~ L'homme-cheval. — Le duc de Queensbury et sa livrée. — Une enseigne de Londres. — Coureurs actuels. — L'escorte du roi de Saxe. — Un coureur à cheveux blancs. — Uarcheurs infatigables. — Le capitaine Barclay et ses prouesses.

La noblesse entretenait autrefois, comme on vient de le voir, des coureurs qui portaient les messages de leurs maîtres en ville et au dehors, ou qui précédaient les carrosses en voyage, prêtant main-forle au besoin, dans le» endroits difficiles. Avant 1 789, la poste n'était pas organisée sur un aussi bon pied qu'aujourd'hui, et les routes n'étaient ni ferrées ni macadamisées. L'administration des ponts et chaussées n'était pas non plus ce qu'elle est aujourd'hui. Ceux qui n'avaient pas de coureurs risquaient fort de rester sans nouvelles à domicile, ou, s'ils voyageaient, de séjourner au fond d'une ornière, implorant à grands cris un secours qui ne venait pas. D'ailleurs, c'était un luxé que les gens riches se donnaient pour se distinguer des autres. Ce qui facilitait la tâche de ces coureurs, c'était que, les routes étant mauvaises, les voitures ne brûlaient pas le pavé comme de nos jours ; elles ne faisaient guère, en

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in FORCE ET ADHESSE.

moyenne, que 5 milles par heure. Néanmoins, tout le mondé m 'pouvait pas se livrer à cet exercice pénible, et les bons coureurs étaient rares.

En France, cet office était le plus souvent rempli par des Basques. Qui ne connaît le proverbe : Courir comme un Basque ? En général, les montagnards sont plus agiles que les habitants de la plaine ; c*est une qualité qui tient à la nature du terroir. Or tout le monde sait que la Navarre et la Biscaye ne sont pas précisément des pays plats. Les anciens Cretois étaient cités, avons-nous dit déjà, pour leur vitesse à la course ; ce qui n^avait rien d'étonnant ; car depuis l'enfance ils foulaient un sol montueux, impraticable aux chevaux et aux véhicules. La même différence se remarque chez les sauvages, selon qu'ils habitent sur les montagnes ou dans les vallées. Lescarbot, en vantant, au ' dix-septiéme siècle, l'agilité des Indiens de la Nouvelle- France, faisait observer combien ceux qui vivaient sur les hauteurs l'emportaient en agilité sur les peuplades des bas-fonds. C'est que les premiers, dit-il, respirent un air plus pur et plus subtil, et jouissent d'une alimentation meilleure ; les seconds cultivent des terres plus basses et plus malsaines au milieu d'une atmosphère plus épaisse. 11 citait à ce propos certains peuples de la côte de Malabar, renommés alors pour leur adresse et leur agilité « qui manient si bien leur corps qu'ils semblent n'avoir pas d'os, » et contre lesquels il était difficile à^escarmoucher, car grâce à leur souplesse, ils avançaient et reculaient avec la rapidité de l'éclair, sans pouvoir être atteints. Il est vrai que pour parvenir à ce degré de perfection, ils aidaient la nature. Dés l'âge de sept ans, on leur élirait les nerfs et les muscles, qu'on avait eu soin d:; frotter auparavant avec de l'huile de sésame ^

* Histoire de la nouvelle France, Paris, 16H. în-8.

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