‹ Merveilles de la force et de l'adresse: Agilité--souplesse--dextérité. LesChapitre 29 sur 61 · LE SAUT PÉRILLEUX. — LES CUBISTES · texte numérisé non relu

LE SAUT PÉRILLEUX. — LES CUBISTES

reconnaissance de l'honneur q\ie vous m'avez fait de vouloir épouser ma fille, et pour le voyage que vous avez entrepris, laissant 'VOS maisons, je donne à tous par tête un talent d'argent; et au regard de Négaclès, fils d'Alcméon, dès à présent, je lui fiance et promets ma fille Agariste, pour l'épouser suivant les us et coutumes des Athéniens. » Négaclès accepta l'office, et Clisthène assigna jour pour célébrer les noces ^.. »

Tacite, dans sa Germanie, parle déjeunes gens de cette contrée qui dansaient nus entre des épées croiséeâ et plantées en terre.

Je laisse à penser si les jongleurs et autres amuseurs publics du moyen âge négligèrent de reproduire ces tours, inventés par l'antiquité ; les manuscrits en font foi par leurs miniatures. Mais l'art de sauter, comme tous les autres, se ressentit de la barbarie des temps. On pratiquait, mais sans règle ni principe. Il en était du saut comme de la poésie de cette époque, qui s'en allait à l'abandon et à la dérive. Plus de frein, aucune méthode ; à tout prix il fallait un sauveur, je ne dis pas un sauteur. En poésie, ce fut Malherbe ; en gymnastique, ce fut Archange îuccaro.

* Histoires d'Hérodote. Traduction de Pierre de Saliat, revue sur rédilion de 1575, par M. Eugène Talbot. — Paris, 1804, grand in-8. Il faut féliciter le consciencieux éditeur d'avoir tiré de l'oubli et remis en lumière ce naïf émule d'Amyot.

ARCHANGE TUCGARO. 157,

l'antiquité, qui remerciait tous les jours les dieux de ravoir fait homme et non bête, homme et non femme. Grec et non barbare. Ce qui causait le bonheur d'Archange ïuccaro, c'était d'abord d'avoir servi l'empereur d'Allemagne Maximilien, deuxième du nom, a lequel, mariant sa fîllela reine Isabel au roy Charles IX, m'avoit commandé de la suivre, me résolvant à lui obéir, pour voir la beauté de ce royaume très-heureux, et auquel j'ai toujours depuis fait séjour, y étant retenu avec le consentement de mon premier maître et seigneur par Sa Majesté, jpour servir aiix exercices honnêtes qu'icelui savait être en moy, et ainsi d'avoir eu place honorable es deux premiers cours de la chrétienté. » Le second point qui lui faisait remercier le ciel, « si bénin en son endroit, » c'était d'avoir « trouvé le moyen de réduire ce saut merveilleux (le saut cubistique) sous règles et mesures certaines, ce qui n'avoit point été fait devant moi. • Et enfin, c'était de pouvoir dédier le livre où il exposait ses principes, « ce mien petit œuvre, » à Sa Majesté très-chrétienne de France. Ce livre curieux, orné de nombreuses figures, devenu très-rare, est intitulé : Trois dialogues de V exercice de sauter et de voltiger en Vair (Paris, 1599, in-4o).

Nous parlerons plus loin d'un historien de la danse, enthousiaste de son sujet; mais l'admiration de Bonnet n'approche pas du lyrisme de Tuccaro, qui remonte aux premiers âges du monde, prend la Bible à témoin, cite Homère, Aristote, Platon et bien d'autres, surtout luimême, pour démontrer l'excellence de l'art de sauter. A l'en croire, Aristote a dit « que le saut qui se fait avec le tour du corps, nommé parles anciens cubistique, est d'une dextérité incroyable entre toutes les autres souplesses corporelles, quelles qu'elles soient, et requiert un bon jugement avec un courage assuré. » Un bon jarret n'est-il pas ici plus nécessaire qu'un bon jugement? Mais où donc

[AHGE TUCCARO.

à la course, tirail fort proprement les armes avec grands maîtres d'escrime, était merveilleugemenl voltiger sur un cheval de bois, s'adonnait à tout de sauts, était passionné pour les tournois non m pour la chasse, enfin s'amusait à dompter les clie plus fiers et les plus difficiles, ou, comme dit soi seur t les plus rebours. « Par ce côté, le (ils de C de Hédicis appartient entièrement à notre sujet.

A l'exemple du roi, les gentilshommes de la co nobles en général se livraient à tous ces exer< corps. L'auteur le constate dès le début de son li s'ouvre comme un roman de chevalerie. Figurezchâteau,' situé dans une des plus belles contrées de la riante Touraine <r si belle, si douce, si bonne i tile, dit Tuccaro, qu'elle est tenue pour le jard France, tant pour ladouceur de l'air, que pour l'ab des choses nécessaires à cette vie, comme étant de belles campagnes, de grandes et hautes forêts belles rivières, de grands el spacieux ves-gers, » célébration des noces royales à Méziëres, Charles reuT de montrer ses États à la nouvelle reine, s' et miné vers ccitc province avec une suile nombreust Jante. La beauté du pays, la douceur du climat l'enj à y séjourner quelque temps, surtout au château l'une des maisons du seigneur de Funlaines ou I La noblesse des environs se donnait volojitiers ren sur ce domaine ; il y avait là comme une école académie de toute sorte d'exercices; on y passait , ment la vie ; et pendantle séjour du roi princip; on ne songeait qu'à chasser, «. à courir la balle, •battre à la barrière, jouer à la paume et au ballo eviser de choses et d'autres.

Tel est le lieu de la scène. Or, un jour, dans t le plus plaisant et le plus beau qui soit en Ton

s uns font de la musique, que les autres le d'autres tirent les armes, un des seigneurs, 1 promenad?, demande où est pour lors son le prince des plus rares exercices du siècle; iro qu'il s'agit, vous le devinez bien : et l'un

répond : ( qu'if l'a laissé dans sa chambre, •kiteclure de quelques admirables sauts qu'il îment inventés. » Quel enthousiasme ! quelle 3 langage ! Dresser l'architeclure d'une cuistes italiens ont une manière à eux de dire les is vulgaires ; mais enfin, l'entrée en matière tTucnaro part de là pour initier les gentilsentourentauï mystères de l'art de sauter.

ces trois fameux dialogues (a quoi tiennent ) ont failli périr au milieu des discordés citant absent, dit Tuccaro, de cette ville de I de quelques miennes affaires que j'avais au !u auparavant la Journée ({es Barricades, et Irement retourner à cause de la guerre qui ïunée, sinon que quand Sa Majesté s'en rent paisible possesseur, « il trouva, c'est-à-dire lus ses papiers lorsqu'il rentra. Tout était à , M ce qui ne fut pas petite peine ,» d'autant ignait que quelqu'un ne voulut « se revêtir . élaborées et composées avec si grand traore cette seconde version, il n'a pu n l'harer, » comme c'eût été son désir, « à cause il m'a toujours fallu suivre de çà et de là. > Tieux et longuement médité peut-un demanme, à un sauteur qui suit la cour ? Ce qui ne . de déposer son œuvre, non aui pieds de' li ne vivait plus à cette époque, mais à ceux ù il se jeta, j'aîme à le croire, avec sa culréussie.

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