‹ Merveilles de la force et de l'adresse Agilitésouplesse, dexte̋rité. Les exercices du corps chez les anciens et chez les modernesChapitre 4 sur 104 · LA FORCE PHYSIQUE. DANS L’ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

LA FORCE PHYSIQUE. DANS L’ANTIQUITÉ

de Pylhagore, le plafond menaça de s’écrouler ; mais l’athlète soutint la colonne qui le supportait et sauva la vie aux assistants.

Aussi n’est-il pas étonnant qu’un aussi vigoureux lutteur ne trouvât plus, dans les jeux publics, d’antagoniste désireux de se mesurer avec lui, et qu’une fois il ait été couronné sans combattre. Mais, au moment où il se disposait à saisir la couronne que lui présentait le président des jeux, son pied glissa, et il fit une chute. Des spectateurs s’étant écrié qu’on ne devait pas couronner un athlète qui n'avait pas eu d’adversaire, et surtout après une chute: « Je suis tombé, c’est vrai, répondit Milon ; mais au moins aurait-il fallu queje fusse terrassé ! »

Cependant,à en croire Élien, MUontrouva son vainqueur, en la personne d’un berger, nommé Titorme, qu’iÏTencontra sur les rives de l’Événus, fleuve d’Étolie (aujourd’hui le Fidari). C’était sans doute à l’époque où ses forces commençaient à décliner, ce qu’il ne voulait pas s’avouer à lui-même, et ce qui finit par lui devenir fatal. En effet, ayant trouvé sur son chemin un chêne, dans l’écorce duquel on avait enfoncé des coins, il voulut achever l’œuvre commencée et tenta d’élargir l’ouverture avec ses mains ; mais il y resta pris, et dans cette position devint la proie des bêtes féroces.

On dit qu’il fallait à Milon de Crotone, pour calmer sa faim, 20 livres de viande, autant de pain, et 3 conges de vin ou 15 pintes.

Polydamas de Thessalie, athlète d’une force prodigieuse et d’une taille colossale, ainsi que le témoignait sa statue que Pausanias put voir à Olympie, n’était pas moins extraordinaire. On racontait de lui des traits merveilleux. 11 avait, disait-on, seul et sans armes, sur le mont Olympe, tùé, comme Hercule, un lion énorme et furieux. Lorsqu’il retenait un char par derrière, et d’une seule main, les

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FORCE ET ADRESSE

chevaux les plus vigoureux n’auraient pu le tirer en avant.

Un jour, il saisit un taureau par un de ses pieds de derrière ; l’animal ne put lui échapper qu’en laissant la corne de ce pied aux mains du puissant athlète. Le roi de Perse, Darius II, ayant ouï vanter sa force surprenante, voulut le voir, et lui opposa trois de ses gardes, de ceux qu’on appelait les Immortels, et qui passaient pour les plus aguerris de son armée ; Polydamas lutta contre eux trois et les tua. De même queMilon, il périt par son trop de confiance en sa force musculaire. Il était entré avec quelques compagnons dans une caverne pour se garantir de l’extrême chaleur, quand tout à coup, la voûte se fendit et s’entr’ouvrit en plusieurs endroits ; les amiS de Polydamas prirent la fuite; lui, sans rien craindre, essaya de soutenir avec les mains la montagne qui s’écroulait, mais il resta sous les ruines.

Ces athlètes étaient tellement habitués à la victoire, qu’ils ne comptaient plus leurs couronnes. Tel par exemple l’athlète Chilon, de Patras en Achaïe, à qui ses compatriotes élevèrent un tombeau ; Chilon, dont la statue sortie du ciseau du célèbre Lysippe, se voyait à Olympic du temps de Pausanias; — tel surtout Théagène de Thasos (île de la mer Égée, sur les côtes de Macédoine), dont les couronnes se montèrent au nombre, non de 10,000 comme le déclarait un oracle rendu après sa mort, mais de 1,200 ou 1,400, suivant Pausanias et Plutarque. On racontait, à propos de Théagène, une histoire singulière. Après la mort de cet athlète, un de ses rivaux venait toutes les nuits, sans doute par vengeance, fouetter sa statue qui, étant tombée inopinément, l’écrasa sous ses débris. Les fils du défunt mirent cette statue en jugement et la firent condamner par les Thasiens a être jetée dans la mer. Mais à peine cet arrêt eut-il été exécuté, que les ha-

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