LA FORCE PHYSIQUE DANS L’A.NTIQUITÉ
bitaiils de Tliasos furent visités par une horrible famine. Ils consultèrent l’oracle de Delphes, qui leur répondit, connue toujours, une phrase à double sens : « Vos maux ne finiront qu’avec le rappel des exilés. » Us obéirent à l’oracle, sans éprouver aucun soulagement, daiis leur détresse; consultée de nouveau, la Pythie leur expliqua qu’ils avaient oublié Théagène. Mais comment faire? Heureusement des pêcheurs ramenèrent dans leurs filets la statue de l’athlète, qui fut conduite en grande pompe et dressée de nouveau dans l’endroit où elle se trouvait auparavant. On lui rendit même les honneurs divins, et dans la suite Grecs et barbares vinrent adorer cette image réputée miraculeuse, et l’implorer pour la guérison de (juelques maladies.
L’empereur romain Maximin, Goth d’origine et ancien pâtre, eût mérité de figurer parmi les athlètes de la Grèce; du reste, pendant les jeux donnés par Septinie Sévère, il se mesura contre les plus forts athlètes de son temps et en terrassa seize sans reprendre haleine. Caïus Julius Verus Maximinus, qui avait plus de 8 pieds de haut, et qui reçut les surnoms d’ilercule et de Milon Crotoniate, réduisait en poudre sous ses doigts les pierres les plus dures, — fendait de jeunes arbres avec sa main, — brisait d’un coup de poing la mâchoire, et d’un coup (le pied, la jambe d'un cheval. Le bracelet de sa femme lui servait de bague. Jamais il ne fit usage de légumes pour sa nourriture ; mais en revanche, au dire de Capitolin, il mangeait 40 et môme 60 livres de viande, et buvait une amphore de vin en un jour.
L’empereur Maximin avait reçu, disons-nous, le surnom d’Hercule ; mais l’empereur Commode se l’était décerné lui-même. Il se faisait appeler Hercule, fils de Jupiter, au lieu de Commode, fils de Marc Aurèle, et se montrait en public vêtu d’une peau de lion et une massue à la main;.
puis un beau jour, il lui prit fantaisie de quitter son nom divin pour adopter celui d’un fameux gladiateur qui venait de mourir. Son plaisir était de descendre dans l’arène et, rejetant la pourpre qu’il déshonorait, du reste, par ses débauches et par ses extravagances, d’y combattre nu, sous les yeux du peuple. Mais ces exploits du cirque étaient sujets à caution. Le piédestal de sa statue portait, il est vrai, cette inscription : A Commode^ vainqueur de mille gladiateurs! Il est à présumer que ces mille gladiateurs y avaient mis de la complaisance et qu’ils s’étaient défendus avec mollesse pour faire leur cour au César ; mais si la force de l’empereur Commode n’était pas toujours de bon aloi, son adresse, en revanche, était incontestable, et nous aurons occasion d’en parler.