‹ Merveilles de la force et de l'adresse Agilitésouplesse, dexte̋rité. Les exercices du corps chez les anciens et chez les modernesChapitre 45 sur 104 · LES NAGEURS DE L’AMÉRIQUE ET DE L’OCÉAME · texte numérisé non relu

LES NAGEURS DE L’AMÉRIQUE ET DE L’OCÉAME

s'introduire dans cette contrée nouvelle, niais sans succès. C’est alors qu’un aventurier hardi, Ferdinand de Soto, se rendit auprès de l’empereur Charles-Quint, àValladolid, et s’offrit à conquérir la Floride pour le compte de la couronne d’Espagne. Ce qui fut agréé. Né à Villa-Nueva de Barca-Rotta, de parents nobles, ce gentilhomme ardent, ambitieux, « très-bon homme de cheval, » comme disent les historiens, avait été, l’an 1555, un des douze conquérants du Pérou, et il était revenu de là possesseur de grandes richesses, sans compter les présents magnifiques qu’il avait reçus de l’inca Atahualpa ou Atabalipa, si perfidement traité par les Espagnols.

Tout autre, satisfait de son sort, eût vécu tranquillement en Espagne, avec les trésors qu’il avait dérobés aux malheureux Indiens; mais Ferdinand de Soto était possédé du démon des aventures, et tourmenté par l'idée qu’il n’avait pas encore conquis le plus petit royaume à lui tout seul, tandis que Fernand Cortez s’était emparé du Mexique et que Pizarre et Almagro s’étaient rendus maîtres du Pérou. Pourquoi n’irait-il pas ravager, à son tour, un pays quelconque de l’Amérique? Pourquoi ne se donneraitil pas, lui aussi, le litre de. Conquistador, ou mieux de bouiTeau des Indiens? n’avait-il pas autant d’audace, aussi peu de scrupules que les autres aventuriers ? C’est dans ces idées qu’il jeta son dévolu sur la Floride, dont Charles-Quint lui accorda la propriété, qui n’appartenait ni à l’un ni à l’autre.

Le capitaine espagnol aborda donc en Floride dans l’année 1559, et y commit les mêmes excès qui partout, sur le continent américain, avaient signalé le passage des Espagnols. Les Indiens se pendaient de désespoir, pour ne pas tomber entre les mains des étrangers et devenir esclaves. On raconte qu’un jour, un intendant espagnol se rendit, une corde à la main , à l’endroit ou plu-

Page 1