‹ Merveilles de la force et de l'adresse Agilitésouplesse, dexte̋rité. Les exercices du corps chez les anciens et chez les modernesChapitre 49 sur 104 · LES NAGEURS DE L’AMÉRIOIE ET DE L OCÊAME · texte numérisé non relu

LES NAGEURS DE L’AMÉRIOIE ET DE L OCÊAME

(le se maintenir sur cette mer agiU’C, et pourtant on voyait une douzaine d'indiens nager en cet endroit pour leur plaisir. Un Européen, fût-ce le plus habile nageur — qu’on aurait amené là, puis, descendu dans la mer, aurait infailliblement péri, soit englouti parles flots, soit brisé contre le rivage ; mais quant aux Taïtiens, ils semblaient parfaitement à leur aise dans cet élément déchaîné ; lorsque les vagues s’abattaient près d’eux, ils plongeaient dessous, et reparaissaient sur l’autre versant avec une aisance et une agilité incroyables. « Ce qui rendit ce spectacle encore plus frappant, ajoute le même narrateur, ce fut que les nageurs trouvèrent, au milieu de la mer, l’arrière d’une vieille pirogue: ils la saisirent et la poussèrent devant eux en nageant jusqu’à une assez grande distance ; alors deux ou trois de ces Indiens se mettaient dessus, et tournant le bout carré contre la vague, ils étaient chassés vers la C(^te avec une rapidité fabuleuse et quelquefois même jusqu’à la grève ; mais ordinairement la vague brisait sur eux, avant qu’ils fussent à moitié cbemin et alors ils plongeaient et se relevaient d’un autre côté, en tenant toujours le débris de la pirogue ; ils se remettaient à nager au large et revenaient ensuite par la môme manœuvre, à peu près comme nos enfants, les jours de fête, grimpent la colline de Greenwich, pour avoir le plaisir de se rouler en bas. Nous restâmes plus d’une demi-heure à contempler cette scène étonnante. Pendant cet intervalle, aucun des nageurs n’entreprit d’aller à terre ; ils semblaient prendre à ce jeu le plaisir le plus vif... »

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