‹ Merveilles de la force et de l'adresse Agilitésouplesse, dexte̋rité. Les exercices du corps chez les anciens et chez les modernesChapitre 75 sur 104 · LE FUSIL ET I E PISTOLET · texte numérisé non relu

LE FUSIL ET I E PISTOLET

pace. On peut lire, dans le livre de M. d’Houdelot l’histoire d’iiu amateur qui, assistant à un tour de ce genre, exécuté sur une pièce de cinq francs en argent, n’avait soufflé mot durant l’expérience; puis tout à coup, il se lève ; « Mes moyens ne me permettent pas tant de luxe, dit-il; mais voici une pièce de vingt sous, » il la lance eii lair, tire... et ne laisse retomber qu’un anneau d’argent, tant la plaque avait été habilement traversée.

Le nom qui vient de se présenter sous notre plume, est ici parfaitement en situation. M. d’Iloudetot était en son temps une des célébrités du tir. Un petit journal traçait de lui ce portrait, dans une galerie de silhouettes parlementaires, sur la lin du règne de Louis-Philippe ;

D’un poignet sûr et nonchalant.

Monsieur d’Iloudetot, chez Reinette,

•\u tir fait mouche à chaque instant ;

D’une épingle à vingt pas, il sait casser la tête. . .

Rongé jiar le bon mot, — ce nouveau Promélhée,

Dupin, — à ce sujet, prétend Qu’à la Chambre, il est vrai, sa boi/le est sans portée,

^ Mrfis do sa balle on n’en peut dire autant.

M. Adolphe d’Houdetot réclama. Pourquoi? C’est que le d’Houdetot de la boule n’était pas celui de la balle. M. d’Iloudetot avait un frère ;

Si ce n’est toi, c’est donc...

M. Adolphe d’Houdetol n’était pas dépulé comme son frère; mais une qualité qu’on ne pouvait lui contester, était celle de très-habile tireur; — et à ce titre, il pouvait sans crainte revendiquer pour lui seul les vers cités plus haut, sauf une légère modification, c’est-à-dire la métamorphose du huitain en tiuatraip.

* Tir au fusil de chasse, à la carabine el au pistolet,' vrr Ad. d’IIoudelot. — Parts, 1800, in-12.

FORCE ET -U)RESSE

En effet, le tireur dont nous parlons n’était pas indigne dos anciens archers anglais, Robin Hood, William deCloudesly, et d’autres que nous avons vus couper en deux avec leurs flèches une mince baguette de saule ou de coudrier. « Je me promenais dans une prairie de Saint-Quentiç, raconte un de ses confrères, bien connu par ses exploits de Nemrod, feu Elzéar Blaze. « Vous voyez, me dit-il, cette « jolie pAquerette, à vingt-cinq pas? — Oui. — Regardez « bien. » Il tira son pistolet, et la pauvre fleur se trouva séparée de sa tige, et mourut comme le lis de Virgile. Il aperçut un malheureux boirton d’*or, qui mordit aussitôt la poussière... »

.M. d’iloudetot n’est pas seulement un tireur de première force; c’est encore un charmant conteur; et l’on trouve dans son livre, au milieu d’observations utiles, de conseils pratiques, une foule de traits spirituels et d’anecdotes piquantes. Celle qu’on va lire est tout à fait de notre ressort. Elle rappelle un peu l’aventure de Fool-in-bosom, dont nous avons parlé ci-dessus, au chapitre des tireurs d’arc en Angleterre ; — car il s’agit du tir à cloche-pied ; mais dans l’exemple cité par M. d’Houdelot, l’épreuve est bien plus personnelle, par conséquent plus dangereuse ej plus hardie.

C’était dans un port de mer.

Lequel ? Nous serions fort embarrassé de le dire, puisqu’il n’est pas nommé; nous savons seulement que c’était le port de mer où l’auteur avait failli se noyer. Et comment avait-il failli se noyer? 11 se baignait en dehors de l’enceinte officielle, quand il fut entraîné par le courant vers la haute mer. Il résista comme il put, s’aida des pieds et des mains, et put atteindre le rivage, où il échoua presque sans connaissance, et à bout d’efforts, sur la plage môme des dames. Les baigneuses s’enfuirent effarouchées; seule, une jeune fille resta bravement à scs

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