LE JAVELOT DANS L’ANTIQUITÉ ET EN ÜHIENT
coup sur coup, et c’est seulement après celte décharge (pi’ils entament avec le glaive la lutte corps à corps.
La comparaison des monuments anticpies fait mieux comprendre qu'une longue dissertation, la différence qui existait entre le javelot des Grecs et celui des Honiains. (le dernier était plus fort et plus épais. On rappelait piluin et les corps de troupes qui en étaient armés pilnni. De même que le javelot des Grecs, il servait à la fois de lance et de trait; les soldats n’en portaient d'abord qu’un seul; sous le Bas-Empire, on leur en donna deux. L’arme était faite de cornouiller, — elle avait 2"', 66 de long, — la pointe en fer, et de même longueur que le bois, descendait fort avant sur le corps de riustrument.
ljuelles prouesses accomplissait-on eu lançant le javelot? c’est ce que nous apprend la vie de l’empereur Commode. Nous avons parlé de ses exploits en ce genre, à propos de sonadresse à tirer de l’arc. On vantait les peuples deMaurilanie pour leur habileté dans l’art de jeter le javelot, et c’étaient eux qui, sous l’empire, donnaient des leçons aux Romains. Commode avait eu pour maîtres des gens de cette nation ; mais l’écolier avait surpassé tous scs professeurs. Les Cadusiens on Gèles, peuple féroce de la Médie, au sud-ouest de la mer Caspienne, passaient, après les Maures, pour les plus adroits à lancer un dard homicide.
Le guerrier antique, même celui qui savait le mieux manœuvrer la lance et le javelot, n’aurait pas encore été très-assuré contre les chances redoutables de la guerre, s’il n’avait joint à cette science l’art de manier le bouclier. L’un était le complément indispensable de l’autre. De la manière dont le bouclier était tenu, dépendait en grande partie le sort du combattant. Quand le trait partait de la main d’un Achille, d’un Ajax ou d’un Hector, il était difficile de s’eu préserver; mais autrement le guerrier pou-
FORCE ET ADRESSE
vait éviter le danger qui le menaçait, en se jelaiit de coté, quand le dard venait droit sur lui ; — en se baissant et se couvrant de son bouclier, quand le dard était dirigé vers le haut, — enfin en se protégeant à l’aide de ce rempart mobile, tenu à distance du corps, en sorte que si le dard perçait le bouclier, il ne pouvait du moins pénétrer jusqu’à l'armure. C’est dans cetle dernière attitude que les combattants marchaient à l’ennemi.