‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 12 sur 276 · CIRCULATION · texte numérisé non relu

CIRCULATION

Fig. 44. — Cœur et gros troncs vasculaires du Python ().

quer les chambres du cœur, de telle sorte que les deux sangs sont mélangés ; dans ce cas, c’est du ventricule droit, spacieux et à minces parois, que prennent naissance à la fois les artères pulmonaires qui charrient aux poumons le sang qui doit respirer, et les troncs aortiques qui portent le sang revivifié dans toutes les parties du corps; ici le mélange des deux sangs s'opère déjà dans le cœur, mais ce mélange n’est pas aussi complet qu'on pourrait le supposer d’après les dispositions anatomiques des parties ; car, physiologiquement, la communication entre l'entrée des vaisseaux pulmonaires et les ouvertures des troncs artériels est empêchée en partie par une disposition spéciale des valvules, de telle manière que le sang artériel passe principalement dans ces derniers, et le sang veineux dans les autres. Chez les Crocodiles, la séparalion du cœur est complète et il existe quatre eaviltés, deux oreillettes et deux ventricules, tout

(*) 1, oreillette gauche; 2, orcillette droite; 3, 3, 3, aorte gauche se continuant en arrière jusqu'à son point de réunion avec l'aorte droite 4, 4, 4, et formant avec elle un tronc commun ; 5, 6, veine pulmonaire s'ouvrant dans l'oreille gauche; 7, veine jugulaire gauche s'ouvraut dans l'oreille droite, et logée dans une goultière de

comme chez les Vertébrés supérieurs; les artères pulmonaires et les troncs aortiques ont une origine séparée, ces derniers prenant naissance, en partie, dans la chambre gauche du cœur; cependant, ici encore, malgré la division parfaite du cœur, le mélange du sang n’est pas complètement évité, car il existe une communication entre l'arc aortique gauche et l'aorte; de plus, les deux troncs artériels qui sortent du cœur, accolés l’un à l’autre, commupiquent par une perforation connue sous le nom de foramen de Panizza, du nom de l’anatomiste qui l’a fait connaître.

On donne le nom de système porte à des parties de l’appareïl circulatoire dans lesquelles le sang marche des capillaires d’un organe vers les capillaires d’un autre organe. Ces systèmes sont bien développés chez les Reptiles; on trouve chez eux un système porte hépatique ou intestinal, comme chez les Vertébrés supérieurs, ct, en outre, comme chez

l'oreillette gauche ; 8, veine juguluire droite; 9, veine cave postérieure; 10, face supérieure du ventricule; 41, artère pulmonaire; 12, artère carotide commune droite; 13, idem, gauche ; 14, portion de l'oreillette droite (d'après Jacquart, Annales des Sciences nalurelles, 4 série, t, 1V, 1854).

16 INTRODUGTION.

Fig. 45. — Appareil porte rénal ou système veineux de Jacobson chez le Coq (“).

les Amphibiens, un système de veine-porte rénal par lequel passe une grande partie du sang qui revient de la queue et des membres postérieurs; l'appareil porte rénal n’a des vaisseaux spéciaux que chez les Poissons, les Batraciens, les Reptiles et les Oiseaux (fig. 43), tandis que chez les Mammifères, la veine cave sert à porter le sang au cœur et à le reporter par reflux vers les reins, la circulation à travers les reins diminue de plus en plus d'impor-

tance chez les Reptiles supérieurs, de telle sorte

que chez les Tortues et les Crocodiles une grande partie du sang des veines iliaques se rend au foie.

Le système lymphatique présente de nombreuses et vastes cavités comme chez les Amphibiens,; il existe des cœurs lymphatiques contractiles, ou organes d’impulsion de la lymphe, dans la partie postérieure du corps, à l'union du troncet dela queue; ces cœurs sont disposés par paires sur les apophyses transverses des côtes.

Les globules rouges du sang sont, par leurs dimensions, intermédiaires entre ceux des Amphi-

(*) C représente les veines caudales, origines de la veine porte rénale recevant une grosse branche anastomotique (H) de la veine porte et se divisant en deux branches qui pénètrent dans les reins (T et T'); chemin faisant, elles reçoivent les veines crurales (C, K), mais envoient d'autre part, dans la substance du rein, des branches (S) qui s’y distribuent à la manière de la veine porte hépatique dans le foie, tandis que d’autres branches leur faisant suite par les capillaires ramenent le sang (N) dans la veine cave (V), à la manière des veines sus-hépatiques dans le foie. A est l'aorte; R, R', les artères rénales; D, D, artères du bassin; E, E, artères crurales.

biens et des Vertébrés supérieurs ; d’après M. Milne- Edwards, le grand diamètre est, comme maximum de 1/41° (chez l’Orvet), comme minimum de 1/62 (chez la Couleuvre Vipérine); le petit diamètre a comme maximum 1/7i° (chez la Vipère berus), comme minimum 1/108° (chez le Lézard vert). Ges globules sont elliptiques et pourvus d’un noyau.

Développement. — Le développement des Reptiles, dont on doit surtout la connaissance aux remarquables travaux de Rathke, de Von Baer et d’Agassiz, s'éloigne beaucoup de celui des Amphibiens, ainsi qu'il était facile de le concevoir, pour se rapprocher dans ses traits essentiels de ce que l’on remarque chez les Oiseaux.

Tous les Reptiles émanent d'œufs; chez certains d’entre eux, chez les Vipères, chez quelques Lézards, tels que le Lézard vivipare (fig. 52), l'œuf subit son développement complet, non en dehors, mais dans l’oviducte maternel, et dans ce cas le petit naît vivant; on donne le nom d’ovovivipares aux animaux chez lesquels ce phénomène s’observe.

Le vitellus relativement considérable, entouré parfois encore, comme chez l’Oiseau, d’une couche d’albumine plus ou moins développée, est protégé par une coque fort résistante et calcaire chez les Tortues et chez les Crocodiles, comme membraneuse et parcheminée chez les Sauriens et les Serpents. Chez quelques-uns de ces derniers animaux,

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