LE VARAN A DEUX BANDES
de jaune; le ventre est d’un blanc jaunâtre.
Ajoutons qu'il existe une série curviligne de grandes écailles au-dessus de l'œil et que la narine est placée vers le tiers antérieur de la longueur du museau (pl. X).
Mœurs, habitudes, régime. — Le naturaliste Cantor, qui a trouvéabondamment cette espèce dans ]la presqu'île de Malacca, l’aobservée aussi bien dans la plaine que sur les collines. Pendant le jour on l’aperçoit habituellement dans les broussailles qui poussent le long des cours d’eau, en train de guetter des oiseaux ou des reptiles de plus faible taille; dès qu'on s'approche de l’animal, il se jette à l'eau, parfois d'une grande hauteur. Au détriment des basses-cours qu'il pille effrontément, ce Varan s'installe trop souvent au voisinage des habitations.
Si le Varan à deux bandes se montre entreprenant dans ses larcins, en revanche il fuit toujours à l'approche de l’homme. Lorsqu'on le surprend en terrain plat il se hâte de regagner la rive la plus prochaine; sa vitesse, d’après Cantor, n’est cependant pas telle qu'un homme agile ne puisse l’atteindre à la course ; lorsqu'il est acculé il se défend avec courage au moyen de ses griffes acérées et donne de vigoureux coups de queue.
Certains animaux supportent parfaitement la captivité et deviennent alors si doux qu'on peut les caresser sans aucun danger, même lorsqu'ils sont de grande taille.
Usages etsuperstitions. — Dans les contrées où il est commun on s'empare du Varan à deux bandes en mettant à découvert les terriers dans lesquels ilse cache; on le captive pour en manger la chair.
Ce reptile, appelé par les indigènes Xaboragoga, joue un rôle autrement important dans la préparation des terribles poisons dont certaines peuplades, celle des Cingalaïs entre autres, font encore trop fréquemment usage.
D'après des renseignements recueillis par Tenpant on emploie pour composer ces poisons du venin de serpents venimeux, tels que le Serpent à coiffe ou Cobra di capello, le T'kpolonga (Vipera elegans) et un Trigonocéphale appelé Ca aville parles indigènes; ces serpents vivants sont suspendus au-dessus d’un récipient et on leur fait des incisions sur la tête pour recueillir ainsi le sang et le venin. On mèle à ces liquides de l’arsenic en poudre et d’autres ingrédients ; puis or fait cuire le tout dans un crâne humain. Les Varans président à