LE VARAN DU DÉSERT
lincantation et jouent alors un rôle analogue à celui que remplissent divers animaux dans la cuisine magique de Faust. On dispose les Xaboragoga en face du feu et on les frappe jusqu’à ce qu'ils se mettent à siffler; toule la bave qu'ils perdent pendant le supplice qui leur est infligé est recueillie avec soin et ajoutée au liquide en ébullition. La préparation est prête à point lorsqu'une malière grasse et huileuse apparaît à la surface. Il va sans dire que l’arsenic, qui se trouve à forte dose dans la mixture, en constitue l'élément le plus actif, mais l'inoffensif Xaboragoga a une telle renommée qu'on le redoute dans toute la contrée à l'instar d’un animal des plus funestes.
Le Varan dont nous nous occupons se tient à Ceylan de préférence au voisinage des cours d'eau et il se hâte de plonger à la moindre alerte; lors des grandes chaleurs, il arrive parfois que les cours d’eau venant à assécher, le Yaran est obligé de se mettre en quête d'un auire cours d’eau; il se rapproche parfois alors des habitations et il lui arrive même de traverser une ferme. Un semblable événement est considéré comme un funeste présage et peut faire craindre la maladie, la mort ou quelque malheur ; aussi s'empresse-t-on de demander la protection des prêtres indous pour conjurer uu semblable présage. Lorsque les croyants se sont soulagés de quelques-uns de leurs biens périssables au profit des temples, les brahmines viennent dans la hutte souillée par le passage du Æaboragoga et entonnent un chant dont voici les principales paroles :
a Kabara goyin wan dôsey « Ada palayan e dôsey. »
Ce qui veut dire que le maléfce jeté par le Æaboragoga est désormais conjuré,.
LE VARAN À GORGE BLANCIIE, — VARANUS ALBOGULARIS.
Dickechse.
Caractères et distribution géographique.
— Getle espèce, qui habite le sud de l'Afrique, se distingue des autres par ses formes plus ramassées, ses doigls plus courts et plus gros, son museau moins allongé ; la queue, comme chez tous les Varans aquatiques, présente une carène verticale essentiellement propre à la nalalion, Les narines, sous forme de fentes
obliques, s'ouvrent près des yeux. Les écailles du dos sont petites, ovales, convexes, non carénées, entourées d’un large cercle granuleux. La taille atteint, au maximum, 1,60. Le dos, de couleur d’un brun-foncé, est orné de bandes etde tachesblanchâtres, lagorge est d’un blancjaunâtre; on voit près de l'épaule une grande tache brune, deux lignes jaunâtres se trouvent sur les côtés du cou (fig. 210).
Moœurs, habitudes, régime. — A. Smith a fourni le premier quelques renseignements sur l'espèce dont nous nous occupons. D’après ce naturaliste, ce Varan se tient de préférence sur des rochers ou sur des tertres pierreux situés au voisinage de l’eau ; quand on veut s’emparer de lui, il se cramponne aux pierres avec une telle force qu'on ne peut l'en arracher qu'avec les plus grands efforts. « J'ai vu, écrit Smith, deux hommes être obligés d'associer leurs efforts pour arracher un de ces animaux adultes; ils furent obligés de s'enfuir, l'animal se jetant sur eux pour les mordre. »
Les indigènes considèrent ce Varan comme sacré, sous prétexte que sa mort peut entraÿner une diselte d’eau.
LE VARAN DU DÉSERT. — FARANUS ARENARIUS
Muüstenwaran.
Caractères. — Hérodote parle d'un « Crocodile terrestre » vivant dans la région parcourue par les pâtres nomades de la Libye, et semblable aux Lézards. Prosper Alpin a pris le même animal pour le Scinque des Anciens qui, d’après une.croyance assez répandue, se nourrissait de plantes aromatiques, notamment d’absinthe, et devait acquérir ainsi une grande
| valeur thérapeutique; nous désignons actuel-
lement sous le nom de Scinque un tout autre animal. Le prétendu Crocodile terrestre n'est: autre que le Varan du désert, animal exelusivement terrestre, caractérisé par la queue presque ronde, non carénée, des écailles ovalaires, entourées chacune d'un rang de petits grains squameux; les narines s'ouvrent près des yeux. La taille n'arrive guère qu’à un mètre. La face supérieure du corps est d’an brun clair avec des taches carrées d’un jaune verdâtre et pâle; il existe souvent des bandes transversales de la même teinte sur le dessus de la queue, le ventre a une teinte uniforme d’un jaune grisätre de sable (fig. 211).
Mœurs, habitudes, distribution géographique. — Celte espèce habite les parties les plus