LE SAUVEGARDE DE MÉRIAN. — S4LV ATOR MERIAN
Salompenter.
Caractères. — Le Sauvegarde de Mérian, ou Lézard Teguixin de Linné, arrive à la taille de
| plus de 1",50. I1 se distingue du Sauvegarde
à points noirs, qui vit avec lui, par la présence de deux scutelles derrière la plaque
| naso-frénale (fig. 219).
(1) Duméril et Bibron, £rpétologie générale ou histoire des Repliles, t. V, p. 82.
LE SAUVEGARDE DE MÉRIAN
Fig. 219. — Le Sauvegarde (1/6 grand, nat.).
Le dessus du corps est d’un noir plus ou moins foncé, orné de taches plus ou moins grandes et plus ou moins régulièrement distribuées de couleur jaune; ces taches se réunissent parfois de manière à former des bandes transversales. Le dessus de la tête, la partie supérieure des membres sont semés de gouttelettes jaunes; on en voit également sur la queue qui est annelée de jaune et de noir dans les deux tiers environ de sa longueur.
La région inférieure de l’animal est jaunâtre, marquée en travers de bandes noires, plus ou moins larges, parfois interrompues. Chez les individus très jeunes on voit sur le cou et sur le dos des bandes noires se détachant sur le fond qui est d’un brun uniforme.
Mœurs, habitudes, distribution géographique. — Les Sauvegardes, appelés Téjus par
les Indiens et Légardo par les Brésiliens, se trouvent dans la plus grande partie de l’'Amérique méridionale, depuis les Guyanes, jusque vers le Paraguay ; ils semblent être plus communs vers les côtes que dans l’intérieur des terres. Ils recherchent, d’après Schomburgk, principalement les plantations de cannes à sucre et les bois qui les entourent, au Brésil, suivant de Wied, ils habitent les régions sèches, sablonneuses et se tiennent sur la lisière des grands bois.
D'anciens auteurs ont écrit que le Téjus allait volontiers à l’eau; cette assertion est démentie par de Wied.
« Bien que j'aie souvent vu et chassé cet animal, dit-il, dans le voisinage de l’eau, jamais je n’ai constaté un fait semblable ; les Indiens et les Botokudes m'ont aflirmé que le
LE SAUVEGARDE DE MÉRIAN
Fig. 220. — Le Zonure cordyle (1/2 grand. nat.).
Téjus vit exclusivement sur la terre sèche et ne va jamais à l’eau. » Chaque individu se creuse, au pied d’un arbre, un terrier dans lequel il se réfugie au moindre danger.
Le Sauvegarde est un animal agile, très craintif et extrêmement farouche ; il se laisse rarement approcher par l'homme, mais, acculé, il se met bravement sur la défensive et ne se laisse point capturer sans essayer de mordre, de griffer et de frapper à l’aide de sa queue si puissante ; il s'apprivoise cependant assez rapidement dans les ménageries. Au repos, il porte la tête haute et toute la partie antérieure du col élevée au-dessus du sol, ce que représente très bien la figure que nous donnons de cet animal (fig. 219); sa langue est sans cesse en mouvement; il la darde constamment.
La nourriture se compose de petits rongeurs, d'oiseaux, de grenouilles, de vers, d'insectes; il recherche avidement les œufs, aussi le craint-on au voisinage des fermes.
Les Indiens du Brésil disent que le Téjus se retire pendant la saison froide dans des galeries creusées par lui et qu’il s’y nourrit de provisions de fruits. Hensel a constalé que dans le Rio Grande del Sal, le Sauvegarde se
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cache pendant la mauvaise saison et ne réapparaît que lorsque le temps est définitivement fixé au beau. On a remarqué que chez cel animal la queue est très souvent mutilée, qu'elle a été cassée accidentellement et qu'elle a repoussé; sur ce fait est basée cette fable d’après laquelle le Téjus se dévorerait la queue pendant le sommeil d'hiver, lorsque sa provision de fruit vient à être épuisée.
Schomburgk a recueilli des œufs de Sauvegarde dans les grands tertres coniques édifiés par les termites. Le Téjus fouille ses nids dont il dévore les habitants et y dépose de 50 à 60 œufs blanchâtres, pourvus d'une coque résistante.
Chasse. — Le Téjus compte dans l'Amérique du Sud parmi les animaux nuisibles, attendu qu'en raison de son caractère audacieux il s'approche souvent des habitations pour piller les basses-cours.
On chasse le Sauvegarde à l’aide de chiens spécialement dressés qui découvrent le gite dans lequel se tapit le reptile. La chair de cet animal ressemble à celle de la poule; elle est blanche et savoureuse.