DÉVELOPPEMENT
Fig. 46. — Embryon avancé de Lézard des murailles vu par réflexion ; l'Embryon enroulé était long de 7 millimètres (*).
la femelle couve les œufs et produit un développement considérable de chaleur, de telle sorte que le corps du Replile est à une température bien supérieure à celle du milieu ambiant; les Tortues de mer enterrent leurs œufs dans le sable du rivage où ils éclosent par l’action des rayons du soleil; l’on peut dire, en général, que les Reptiles abandonnent l’éclosion tout à fait au hasard.
L’œuf fécondé présente à la surface du vitellus un espace arrondi, à contours effacés, qui offre une coloration blanchâtre et qui correspond à la partie qu’on désigne communément dans l’œuf de poule sous le nom de « chalaze ». Ce germe se compose de petites cellules presque incolores qui, en raison de leur teinte claire, contrastent avec le vitellus ; il forme le point de départ de l'évolution et représente le centre des productions qui permettent à l'embryon de se constituer. Dès que l'embryon commence à se développer, cette tache claire s’allonge en prenant la forme d’un disque elliptique plus transparent au centre que sur les bords. Dans la partie médiane transparente, appelée aréole germinative, on voit se soulever le bourrelet dorsal; l’espace déprimé, que le bourrelet recouvre peu à peu en se voûtant, devient un canal tubulaire destiné à l’encéphale et à la moelle épinière. En dessous de la gouttière dorsale, la colonne vertébrale apparaît sous l'aspect d'une tige. A la région antérieure, où la gouttière dorsale s’élargit, on peut voir peu à peu se former les parties distinctes de l’encéphale à mesure que le bourrelet bombe davantage ; la masse cérébrale antérieure est la plus considérable dès l’origine ; dès que l'extrémité céphalique commence à se former
(*) fb, cerveau anlérieur; mb, cerveau moyen; cb, cervelet; au, vésicule auditive (fermée); ol, fossette olfactive; md, mandibule: Ay, arc hyoïdien; br, arcs branchiaux; /!, membre antérieur ; hl, membre postérieur (d'apres Balfour).
BRENM. — V.
plus distinctement, on voit apparaître un caractère distinctif et qui sépare les Vertébrés inférieurs des Vertébrés supérieurs, etqu’ona désigné sous lenom de « flexion de la lête » (fig. 46, 47, 48, 49). L'embryon aplati, couché suivant l’axe transversal de l'œuf, repose par sa face ventrale, modérément incurvée, sur la surface du vitellus ; à mesure qu'il se soulève et se limite latéralement, son extrémité céphalique s’isole rapidement, et s’incline en même temps en avant dans l'épaisseur du vitellus, comme si on pressait fortement la tête en l’abaïssant vers le (horax. Le sommet de l’angle de cette inclinaison, à laquelle correspond une impression circulaire dans le vitellus, se trouve au niveau de l'extrémité de la notocorde et au niveau du point où apparaîtra plus tard l’appendice cérébral qui se forme immédiatement au devant de cette extrémité dans l’espace compris entre les deux masses osseuses destinées à supporter le crâne. Cette flexion céphalique est telle qu'on ne peut explorer la face ventrale de la tête et du cou sans redresser violemment la fête. Quand le bourrelet s’est fermé, quand la notocorde s’est montrée, et quand la flexion de la têle a eu lieu, on voit alors se former l’amnios qui constitue une autre particularité propre aux embryons des Vertébrés supérieurs. La couche externe des cellules de l'embryon, aux dépens de laquelle se forme peu à peu le tégument extérieur, se continue, il est vrai, par-dessus le vitellus entier en l’entourant; mais elle forme en même temps en avant et en arrière un pli qui se rabat par dessus l'extrémité céphalique et par dessus l'extrémité caudale, et qui de toutes parts s'accroît vers le point central au-dessus du dos de l'embryon; il enferme ainsi de tous côtés l'embryon et constitue un prolongement immédiat de sa couche cutanée. Les autres systèmes organiques se lrou- REPTILES. — 3
Fig. 41.
Fig. 48
Tig. 41. — Embryon du Chel/one midas, premier stade (*). Fig. 48.— Embryon du Chelone midas, deuxième stade (**).
vent déjà en place avant la formation et le développement complet de l’amnios. Dans la partie opaque de la membrane germinative, c’est-à-dire dans l’aréole vasculaire, se sont formés les espaces lacunaires des premiers vaisseaux, ainsi que les premiers globules sanguins; en même temps, il s’est produit, dans la région cervicale dissimulée par la flexion de la tête, un amas de cellules qui se creuse graduellement pour devenir un cœur canaliculaire.. Derrière le cœur, le corps de l'embryon repose d’abord, très aplati, sur le vitellus, de sorte que la place de l'intestin est occupée par une longue goullière superficielle en contact avec le vitellus; mais les parois ventrales arrivent peu à.peu à se former, la gouttière se bombe de plus en plus et se transforme bientôt en un tube qui ne commu-
(*) au, capsule auditive; br 4 et br 2, arcs branchiaux; C, carapace; 2, œil; f6, cerveau antérieur ; f/, membre antérieur ; A, cœur; Ab, cerveau postérieur ; Al, membre postérieur; ky, hyoïde ; mb, cerveau moyen; #n, mandibule; mæzp, système maxillo-palatin; ÆV, na-
rines ; w. ombilic (d’après Balfour).
(*) Les lettres comme dans la figure 47.
Tig. 49.
Fig. 49. — Embryon du Chelone midas, troisième stade (*).
nique plus avec le sac vitellin qu’en un point délerminé, par l'intermédiaire d'un conduit ouvert. « Vers la fin de l'évolution, écrit Carl Vogt, l'œuf présente l’embryon enveloppé dans l’amnios et offrant sur sa face ventrale l’orifice ombilical au travers duquel émergent, d’une part, le restant du vitellus sous l'aspect d’une vésicule pyriforme munie d’un pédicule plus ou moins long, et, d'autre part, la vaste membrane d’enveloppe qui constitue l’allantoïde. Le conduit vitellin se ferme bientôt complètement; il en est de même du pédicule allantoïdien dont il ne subsiste que les vaisseaux. L’embryon rompt alors son amnios etsacoquille ; chezbeaucoup d'espèces il se sert, à cet effet, d’une dent tranchante et impaire, insérée sur l'os intermaxillaire et disparaissant plus tard. Après la naissance, les vaisseaux allantoïdiens se fanent etles poumons commencent à entrer en action; l’ombilic se cicatrise bientôt tout à fait, sans laisser de trace » (fig. 47, 48, 49).
(*) Les lettres comme dans les fig. 47 et 48. — 7, rostre.
MOŒURS ET HABITAT. 19
Fig. 50. — Dragon volant.