‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 133 sur 276 · LES PYTHONS · texte numérisé non relu

LES PYTHONS

Lig. 459. — L'Homalochilus strié (1/6€ grand. nat,).

de la tête, et que les plaques labiales ne sont pas creusées d'une fossette; les plaques du dessous de la queue sont disposées suivant une seule rangée; on compte de 57 à 63 écailles dans une rangée transversale au milieu de la longueur du tronc. La couleur fondamentale est un beau rouge cuivré tournant au brunâtre; la tête est tachetée de jaune; on voit une bande noirâtre allant de l'œil vers le cou; le dos est orné de nombreuses bandes transversales serrées les unes contre les autres, le plus souent brisées en zigzag.

habitudes, distribution géographique. — Cette belle espèce est spéciale aux Antilles ; elle paraît être plus particulièrement abondante au cap d'Haïti. D’après Gebhardt, ce Serpent se tient de préférence dans les plantations de cannes à sucre; on le trouve assez fréquemment dans les huttes des indigènes et sur les toits des édifices en ruine, où il se livre à la chasse des Oiseaux, des Souris et des Rats. Il est comme engourdi pendant le jour et ne retrouve toute son activité qu’à la nuit; c’est alors qu'il chasse.

Captivité. — Des sujets récemment capturés

Mœurs,

se montrent toujours méchants et hargneux, mais ils ne tardent pas à s’apprivoiser,; ils n’acceptent pas de suite la nourriture qui leurest offerte et ne mangent généralement qu'après uncertain temps de captivité ; ilsse comportent absolument comme les Boas dans la manière de saisir, d’étouffer, de manger leur proie; ils se tiennent presque toujours dans la position qui a été représentée à la figure 259.

LES PYTHONS — PYTHON Pythonschlangen.

Étymologie. — Les auteurs anciens appelaient Boas tous les grands Serpents d'Afrique et de la partie nord-ouest de l'Asie; « les Boas, écrit Métrodore, lorsqu'ils sont jeunes, se nourrissent de lait de vache, d’où leur est venu leur nom (de Bos, vache, bœuf). » Le même auteur ajoute que « même en Italie, les Serpents dits Boas deviennent si grands que, du temps de l’empereur Claude, on tua l’un d’eux sur le Vatican; sa grosseur était telle qu'il avait pu avaler un enfant.» Le naturaliste Pline n’est pas moins explicite et désigne toujours

LE MOLURE.

sous le nom de Boas les grands Serpents africains. « La première notion que nous ayons eue d'Ophidiens de grande taille, écrit Humbold, vint d'abord de l'Inde, puis des côtes de Guinée. » C'estun Boa qui a étouffé le Laocoon dont le supplice a été chanté par Virgile dans des vers immortels. Daudin a donc fait une confusion regrettable lorsqu'il a transporté le nom de Boas aux Serpents du nouveau-monde, ce nom ayant toujours été employé par les anciens pour désigner les grands Serpents de l’ancien monde. Le nom de Python, qui a été

donné à ceux-ci par le naturaliste français, est | celui du Serpent fabuleux, Iev, qui fut tué | par les flèches d’Apollon. C'est en souvenir de |

cette victoire que furent établis les jeux Py-

thiens ou Pythiques qui, on le sait, étaient cé- |

lébrés à Delphes tous les quatre ans.

Caractères. — Les Pythons, tels que les naturalistes comprennent ce groupe, comprennent des Ptéropodes qui se distinguent essentiellement des Boas par la présence de dents aux os intermaxillaires etparun ossus-orbitaire distinct. Ge groupe renferme actuellement les genres Morélie, Liasis, Nardoa et Python proprement dit.

Ce dernier genre se caractérise par la présence de fossettes aux deux lèvres, des plaques régulières et symétriques sur le dessus de la tête, les plaques du dessous de la queue disposées suivant deux rangées.

Ainsi que le font remarquer Duméril et Bibron, «les Pythons sont de ceux des Ophidiens de leur famille qui acquièrent la plus grande taille. Plusieurs musées d'Europe en renferment des squelettes ou des dépouilles n'ayant pas moins de 8 à10 mètres de longueur.

« Les formes des Pythons, sans être absolument trapues, ramassées, ne sont cependant pas aussi sveltes, aussi élancées que celles des Morélies et de la plupart des Liasis. Leur tête représente une pyramide quadrangulaire, peu ou point déprimée et plus ou moins tronguée et arrondie à son sommet. Leur tronc est beaucoup plus fort au milieu qu’en arrière, et surtout qu’en avant... La queue n’est que médiocrement allongée, à proportion du tronc, et faiblement préhensile ; mais elle est robuste et obtusément pointue. Les deux sexes, dans toutes les espèces, offrent des vestiges de membres postérieurs sous forme d’ergots coniques, de chaque côté de l’orifice anal; mais les femelles les ont toujours un peu moins développés que les mâles.

« Les Pythons diffèrent tellement peu entre eux, sous le rapport du système de coloration, qu’ils semblent tous porter à peu près la même livrée. Pour le corps, c’est toujours une sorte de grande chaîne brune ou noire à larges ou longues maillessubquadrangulaires, quis’étend sur un fond clair, ordinairement jaunâtre, depuis la nuque jusqu’à l'extrémité de la queue; la région sus-céphalique est en partie couverte par une énorme tache brunâtre ou noirâtre; sur chaque côté de la tête est peinte une bande noire qui, souvent, s'étend depuis la narine, en passant par l'œil, jusqu'’au-dessus de la commissure des lèvres. »

Distribution géographique. — On connaît quatre ou cinq espèces de Pythons, le Python molure et le Python réticulé habitent le sud de V’Asie : les autres espèces sont spéciales au continent africain.

LE MOLURE. — PYTHON MOLURUS.

Tigerschlange.

Caractères. — Le Molure, qui peut arriver à la taille de 6 et même 8 mètres, a les côtés et le dessus de la tête de couleur blanc fauve glacé de rose, de jaune ou de vert; la nuque porte une tache brunâtre, ayant la forme d’un fer de lance; une tache de même couleur se trouve sous l'œil; une bande noire va des narines à la tempe, en passant au travers de l'œil. La partie supérieure du corps est d’une teinte jaunâtre, celle des parties latérales d’un blanc grisètre; le dessus du tronc et de la queue sont ornés d’une série de grandes taches brunes ou noires, irrégulièrement quadrangulaires, bordées de sombre et généralement dentelées sur les bords; le centre de ces taches est assez souvent d’un jaune clair. Le dessous de la tête et le ventre sont blanchâtres, le premier uniformément, le second avec une tache noire sur chaque écaille ; la face inférieure de la queue est le plus souvent irrégulièrement tachetée de noirâtre (fig. 260),

Pour achever la caractéristique de l’espèce, nous pouvons dire que les narines sont percées perpendiculairement au museau, d’où il résulte que leur orifice externe se trouve dirigé en haut, que l'œil est entouré par un anneau d'écailles, que deux fossettes seulement se voient à la lèvre supérieure, que la scutelle sus-oculaire est entière et que l’on compte de 67 à 72 séries d’écailles au milieu de la longueur du tronc.

Page 1