LE PYTHON
Distribution géographique. — Le Molure habite les grandes Indes; on le rencontre depuis le sud de la péninsule de l'Inde jusqu'aux pieds de l'Himalaya; on le trouve aussi à Java, à Sumatra, dans l’Indo-Chine et même, d’après Schlegel, jusque dans le sud de la Chine.
Mœurs, habitudes, régime. — D'après Boié, le Molure attaque ies cochons et la petite espèce de cerf de l'Inde appelée Muntjac. À Java, suivant Reinwaldt, l'espèce est connue sous le nom de Oular sawa ou Oular savor; elle se tient de préférence dans les lieux bas, ombragés, marécageux ou inondés, souvent également dans les champs de riz.
Ponte, accroissement. — C'est sur le Python molure qu'ont été faites les intéressantes observalions de Valenciennes et de Duméril, relatives à l'accroissement que prennent les grands Serpents. À partir du 2 février, une femelle de Molure qui, ce jour-là, avait dévoré un lapin et quatre kilogrammes de viande rouge, ne mangea plus et cependant grossissait rapidement. Le 16 mai, elle pondit, dans l’espace de trois heures et Gemie, quinze œufs les uns après les autres, les réunit en un tas et s’enroula autour d’eux, de manière à former avec ses anneaux une sorte de pyramide dont la tête occupait le sommet. Le Serpent resta dans celte position pendant deux mois, du 5 mai jusqu’au 3 juillet, époque à laquelle les petits vinrent au monde. Des quinze œufs, il sorlit, à ladaterelatée, huit jeunes Serpents qui avaient à peu près 0,50 de long; seize jours après l’éclosion, quelques-uns de ces animaux, bien que n’ayant encore pris aucune nourriture, atteignaient 0%,80. On examina le contenu des sept autres œufs, et l’on trouva dans la coque des embryons bien formés, et dont le développement, plus ou moins avancé, dénotait qu’ils avaient dû périr à des époques diverses.
Les jeunes Serpents muèrent pour la première fois entre le 13 et le 14 juillet et commencèrent seulement alors à manger ; on leur donnait de jeunes oiseaux qu'ils étouffaient absolument comme le font les adultes, plus de très jeunes lapins. Grâce aux soins qui leur furent donnés par Vallée, le gardien en chef de la ménagerie de Paris, les reptiles prospérèrent si bien qu’à la fin de décembre ils avaient atteint une longueur de 1,50, 1,60, quelques-uns même 2 mètres. Vingt mois après, le d mars 1843, la plupart d’entre eux étaient quatre fois plus longs qu’au moment de leur naissance, et l’un d'eux avait jusqu’à 2,34. Ce
dernier avait pris, dans les six premiers mois de sa vie, un peu plus de 13 kilogrammes de nourriture. Günther conclut de ces observations qu’un Python de 3 mètres de long a au moins quatre ans. Il est, du reste, évident que la croissance doit être relativement beaucoup
- plus rapide dans les premiers temps de la vieet
qu’ensuile elle ne croît plus proportionnellement.
Captivité. — Le Molure supporte bien la captivité et vit pendant plusieurs années en ménagerie. La Ménagerie des reptiles du Muséum de Paris a souvent possédé de ces animaux.
Lorsqu'on parle de serpents de 8 à 10 mètres on doit certainement exagérer. Le Muséum possède vivant, en effet, un Molure qui, dans sa cage, semble être réellement un géant, or il n’a que 5 mètres environ de longueur.
Le Molure provenant de Tomasy, au sudouest de Java, a été donné parle docteur Ploëm. Ilestarrivé au Muséum le 10 mai 1878; son poids à cette époque était de 36 kilogrammes; une année après, le 18 mai 1879, il pesait 44 kilog. Dans cet espace d’un an, le serpent avait fait huit repas, mangé sept lapins, deux chevreaux et deux jeunes chats; on peut évaluer le poids de ces animaux à environ 30 kilog.
D’après les renseignements dus à Desguez, commis à la ménagerie des reptiles, ce serpent avait fait un repas durant le voyage de Java à Paris. Parmi des débris de plumes trouvés dans le résidu de ce repas se trouvaient des écailles du dos et les plaques du ventre d’un compagnon de captivité envoyé enmême temps.
Il est probable que ce serpent, plus petit, et d'environ 2 mètres, aura saisi une proie au moment même où le gros s’en emparait de son côté. Ce dernier a tout avalé, la proïeet le serpent, ce qui arrive trop fréquemment en captivité.
LE PYTHON RÉTICULÉ. — PYTHON RETICULATUS.
Ularsawa.
Caractères. — De même que l'espèce décrite précédemment, le Python réticulé ou Python de Schneider a les narines verticales; la plaque frontale n’est pas divisée ; de plus, quatre des labiales supérieures sont creusées d’une fosselte et la septième labiale est en contact avec l'œil. Ajoutons que la tête du Python réticulé est un peu moinseffilée, moins déprimée que celle du Molure, et que les écailles qui revé-