‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 137 sur 276 · LE PYTHON ROYAL · texte numérisé non relu

LE PYTHON ROYAL

ainsi blessé, on eut encore bien de la peine à l’achever.

« L'horreur qu'ilinspirait aux légions et aux cohortes était telle, que les soldats avouaient qu'ils aimeraient mieux donner l’assaut à Carthage même que d'attaquer une autre bête aussi redoutable. Les troupes romaines ne purent camper plus longtemps en cet endroit; elles furent contraintes de fuir un lieu où elles ne trouvaient que des eaux corrompues et un air empoisonné par la puanteur pestifère que répandait dans tous les environs le corps du monstre. Il ressort de là quelque chose d'humiliant pour l'orgueil humain, qui a souvent la folie de croire qu'il n’est rien dont ses forces ne puissent triompher, puisqu'il demeure constant qu’une armée romaine, commandée par M. Régulus, victorieuse sur terre et sur mer, un Serpent seul la tint en échec pendant sa vie, et la contraignit à s'éloigner après sa mort. Aussi le proconsul ne rougit-il pas d’envoyer à Rome les dépouilles de cet ennemi, pour que ce monument public y fût un aveu, et de la grandeur de sa crainte, et de la joie de sa victoire; car il y fit porter la peau de cet animal, qu'il en avait fait dépouiller. On rapporte que celte peau était longue de 120 pieds, et qu’elle demeura suspendue dans un des temples de la ville, jusqu’au temps de la guerre de Numance. »

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