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LA COULEUVRE QUATRE-RAIES

et ne voulait pas lâcher prise. Je n’avais d'autre ressource, ajoute Lenz, que de couper la branche sur laquelle la bête s'était enroulée, et de plonger le tout dans l’eau. Ma Couleuvre s’empressait de regagner la rive, et je la reprenais alors facilement. »

Linck, qui a observé avec tant de soins la Couleuvre d'Esculape, raconte qu'ayant reçu de ces animaux, provenant de Schlangenhad, illes abandonna pendant quelque temps dans une grande chambre. À son retour, les Couleuvres avaient disparu, et il dut les chercher. Il découvrit enfin le mâle à une hauteur de trois mètres sur le support d’un rideau dans les replis duquel il était parvenu à grimper. Quant à la femelle, elle avait élu domicile au milieu des ressorts d’un siège, et, par la vigueur avec laquelle elle se défendit, elle fit bien sentir qu'elle était énergiquement déterminée à défendre la place conquise par elle. On assigna au couple une demeure mieux close, et on le confina dans une caisse recouverte d'une grille mélallique à mailles fines. Un jour que le couvercle n'avait sans doute pas été bien fermé, les Couleuvres réussirent à s'échapper par une fente si petite, qu'il était réellement étonnant que leur corps eùt pu passer par une ouverture aussi étroite. Tous les meubles furent remués, les tiroirs furent ouverts; il ne resta pas un coin qui ne fût exploré; maïs en vain, les Serpents étaient introuvables. « Trois semaines environ après, raconte en propres termes notre naturaliste, j'étais dans ma chambre, sur le point de m'’abandonner au sommeil, lorsque je vis la femelle qui s’efforçait de se glisser dans la pièce voisine par la fente de la porte. Troublée sans doute par le bruit que je fis en m’approchant, la bête s’arrêla et resta comme morte, la partie antérieure sur le seuil, le reste du corps dans la chambre à coucher, aplatie sous la porte. Comme la porte ne pouvait être ouverte sans danger pour l'animal, j'essayai de le retirer, mais ce fut en vain; j'abandonnaïi alors le Reptile à lui-même, el il se sauva au plus vite. J'admirai en cette occasion l'habileté que montra le Serpent pour se glisser par celte élroite fente, s’aplali-sant

tantôt dans le sens horizontal, tantôt dans le |

sens vertical. Huit jours après, on trouva le mâle mollement étendu sur un tas de fagots, se chauffant tranquillement au soleil. A en juger par le volume de son corps, il n'avait pas dù jeûner depuis sa fuite. »

LA COULEUVRE QUATRE-RAIES. — ELAPHIS QUADRIRADIATUS.

Streisennatter.

Caractères. — La Couleuvre Quatre-Raïes est un des plus grands Serpents de l’Europe, car il atteint fréquemment une longueur de deux mèlres. La tête est légèrement élargie au niveau dela région temporale, de telle sorte qu'elle est netlement détachée du tronc; la queue est très effilée. Les écailles des flancs sont lisses, tandis que celles du dos portent une carène très saillante, moins apparente toutefois sur la queue; il existe une plaque préoculaire, et les écailles du corps sont au nombre de 23 à 25 dans une rangée longitudinale (fig. 269).

La teinte générale est un brun jaunâtre plus

ou moins foncé, suivant les individus ; le ven-

tre est de couleur uniforme. Ce qu'il y a de plus caractéristique dansla coloration de cette espèce, ce sont les quatre raies brunes ou noires, deux sur chaque flanc, parallèles entre elles et s'étendant sur toute la longueur du corps. La tête est brune, avec deux lignes noires allant obliquement de l’œil à l'angle de la bouche.

La coloration est assez variable chez les adultes; c’est ainsi que Erbersignale des individus tout à fait noirs, et d’autres de teinte très claire.

La livrée diffère beaucoup suivant l’âge, ainsi que Métaxa l’a fait observer. Chez les individus très jeunes, le dos est marqué de taches, ainsi que le dessus de la tête; peu à peu ces dernières taches disparaissent; de noir qu'il était, le vertex devient jaune blanchâtre; les Laches du dos sont graduellement remplacées par les lignes qui caractérisent l'espèce.

Distribution géographique. — La Couleuvre Quatre-Raïes habite toute l'Europe méridionale, depuis le sud de la Hongrie jusqu’à la péninsule Ibérique, mais ce Serpent n'est nulle part abondant. C’est dans l'Ilalie moyenne et inférieure, principalement aux environs de Rome, que l’espèce est le plus répandue. On la rencontre rarement dans le midi de la France et en Espagne, surtout dans la Calalogne et l’Aragon ; elle se trouve également en Grèce et en Dalmatie.

Mœæurs, habitudes, régime, — D'après tous les observateurs, la Couleuvre que nous dé-

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