LA VERTE ET JAUNE
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Fig. 211. — La Verte et Jaune (1/6° grand. nat.).
suslabiales, et que le nombre des écailles du . tronc est de 19 dans une série. L'œil est grand, saillant, la pupille arrondie; un cercle d’or vif se voit autour de la papille, qui est brune, comme sablée de jaune.
Le corps est très allongé; la queue est très effilée ; le cou est un peu plus étroit que la tête, qui a une forme ovoïde (fig. 271).
Distribution géographique. — La Verte et Jaune habite exclusivement la partie méridionale de l'Europe et l'Algérie; on la trouve en Espagne, en Sardaigne, en Lombardie, aux environs de Rome, en Morée, en Syrie.
En France, elle est commune dans la Gironde et dans la Charente-Inférieure, d’après Lalaste et Beltrémieux. Millet nous apprend que l'espèce est rare dans le Maine-et- Loire. Dans le Jura, d’après Ogérien, et en Suisse, d’après Fatio, on ne rencontre l'espèce que dans quelques vallées bien exposées au soleil, encore Kalio croit-il qu’en Suisse ce Serpent a été autrefois importé par les Romains, comme la Couleuvre d'Esculape.
Mæurs, habitudes,. régime. — D'après F. Lataste, qui a bien étudié l’espèce qui nous occupe, «c'est dans les lieux secsetrocailleux, couverts de broussailles ou sur les lisières des bois très exposés au soleil que ce Serpent se lient de préférence. Il ne fréquente pas les
eaux, quoique nageant avec facilité. Il grimpe sur les buissons et même sur les arbres, où il recherche les nids d'oiseaux pour en manger les petits. Il se nourrit aussi de petits mammifères; mais, quoiqu'il ait la bouche largement fendue, il paraît préférer les animaux d'un plus petit calibre, comme Lézards et Serpenis.
€ Jamais, parmi les nombreux individus de celte espèce que j'ai eus sous les yeux, je n’en ai rencontré un seul ayant le corps renflé par une proie volumineuse, comme il arrive si souvent à la Couleuvre à collier, qui avale d'énormes crapauds. Par contre, j'en ai vu un, que je venais de prendre, dégorger un Lézard gris, un autre avait un Orvet dans Le corps ; au musée de Poiliers, on en voit un autre en train d’avaler un Serpent de sa propre espèce.
« Celle espèce paraît assez sédentaire, du moins la femelle. Depuis plus de deux ans je connais un buisson, entre un bois et une prairie, qu'habite l’une d'elles. Elle ne s’en écarte jamais généralement à plus de 20 mètres, et je suis sûr de la rencontrer, quand je veux la voir, durant la belle saison. Elle est du reste habituée à mes visites, et je n’ai jamais pu la surprendre; elle m'aperçoit toujours la première, et part comme un éclair; en un clin