ACCROISSEMENT ET MALADIES
Fig. 54. — Serpent corail (page 20).
alors dans un repos absolu? il est difficile de l’observer chez des animaux dont les fonctions peuvent êlre si souvent interrompues pendant l’état de veille sans que l'existence en souffre ; il est vraisemblable cependant qu’il n’y a qu'une circulation très lente et que la respiration s'effectue à peine, ce qui ne doit pas nous surprendre chez des animaux qui ont besoin de si peu d'oxygène. Néanmoins un froid trop grand ou lrop prolongé peut tuer les Reptiles lorsqu'ils ne savent pas s’en préserver ; la mort survient probablement alors par suite de l'arrêt prolongé des mouvements du cœur. Pendant le sommeil hivernal, le poids du corps diminue, ce qui prouve que l'animal se nourrit de sa propre substance; une Tortue qui, au commencement de l'hiver, pesait #4 livres et 4 onces en avait perdu au moment du réveil 4 livre et 5 drachmes. » A leur réveil, les Reptiles sont très actifs et se mettent de suite en chasse pour se procurer une nourriture abondante dont ils ont grand besoin. Les Reptiles, même en dehors du temps de l’hibernation, peuvent jeûner fort longtemps. Duméril et Bibron rapportent qu'ils ont vu une Emyde à long col rester plus d'une année sans prendre de nourrilure; nous avons vu un Serpent à sonnelle ne Brenm. — V.
| manger qu'après plus de vingt mois de caplivité!
Accroissement et maladies, — Tous les Reptiles croissent avec une grande lenteur, mais peuvent atteindre, par contre, un âge fort avancé. Il est avéré que des Tortues maintenues en captivité ont vécu au delà de cent ans. De mémoire d'homme, des Crocodiles ont toujours été remarqués àlamême | place par des observateurs africains ; les grands Serpents doivent, pour la plupart, être fort Agés.
Brehm pense qu’on n’a pas vu de Reptiles mourir graduellement, par suite de l’affaiblissement par l’âge, suivant l'expression consacrée, mais qu'ils périssent de mort violente ou du moins sous l'action d’influences extérieures. Nous pouvons affirmer cependant que les Reptiles sont sujets à plusieurs maladies, parfois épidémiques. Il arrive trop fréquemment dans les ménageries, sans qu’on sache pourquoi, que chez des Serpents la gueule s’enflamme, que les gencives se boursouflent, deviennent saignantes et se couvrent de membranes d’un gris jaunâtre, vérilables fausses membranes qui adhèrent à la muqueuse ; parfois le mal se limite, et l'animal se remet plus ou moins vite; parfois, au contraire, on observe des | phénomènes du côté des centres nerveux, «omme REPTILES. — #4
s’il y avait un empoisonnement urique ou diphthérilique ; l’animal bâille fréquemment et avec efforts, la gueule se remplit d'un liquide à odeur souvent félide, des convulsions se mauifestent, la bête se tord avec douleurs et finit par mourir, emportée dans des spasmes. Cette maladie est à ce point contagieuse que si l’on vient à placer un Serpent sain dans la cage où est mort précédemment un animal attaqué de la maladie en question, il ne tarde pas à succomber à son tour ; il faut désinfecter la cage parl’aéralion, l'acide phénique, le thymol. L’on observe aussi une véritable tuberculose chez des Tortues ; les poumons sont farcis de petits foyers de suppuration. Les Reptiles sont également emportés par des affections purulentes, de telle sorte que l'on trouve des collections de pus dans les poumons, dans le foie, entre les feuillets du mésentère et même dans les parois du cœur ;
il arrive aussi que des endurcissements et des épaississements se voient vers la partie terminale de l'intestin ; parfois encore la gaine qui enveloppe les nerfs émergeant de la moelle est plus épaisse que dans l’état normal. Des Torlues d’eau douce, maintenues pendant un certain temps en captivité, ont leur plastron exfolié, il se forme des abcès qui peuvent faire périr l'animal.
Toutes ces altéralions et beaucoup d’autres encore, certains phénomènes morbides que nous avons pu observer sur des animaux gardés dans les ménageries, prouvent que les Repliles sont sujets à d'assez nombreuses maladies. Ils sont, du reste, fréquemment tourmentés par des parasites que l'on trouve dans diverses parties de leur corps, dans la gaine de la langue, dans tous les points du tube digestif et des voies respiratoires, dans le foie, entre les feuillets du mésentere.