UTILITÉ DES REPTILES
« Les Repliles sont les animaux qui inspirent d'ordinaire le plus de répulsion, je dirai même le plus d’effroi. Cette crainte, ilest vrai, n'est que trop souvent justifiée par les dangers terribles auxquels expose le venin de plusieurs Serpents, heureusement beaucoup moins nombreux que ceux dont l’homme n’a rien à redouter,
«11 fau bien reconnaître aussi que la sensation de froid éprouvée par la main qui touche les animaux de ce groupe ajoute à cette sorte d'horreur instinctive née du contact des Crapauds, des Grenouilles, des Lézards ou des Coulcuvres. Si cependant on parvient à triompher du dégoût qui, relativement à la plupart de ces Reptiles, n’est cependant pas motivé, et de la frayeur qu’on doit éprouver seulement en face des espèces redoutables soit par leur venin, soit par leur grande force ou leurs instincts carnassiers, comme les Crocodiles, on s'aperçoit bienlôt qu'ils sont très dignes de l'attention et de l'intérêt du zoologiste. Lorsque, en effet, on cherche à connaître les particularités de leur organisation, la manière dont les fonctions s’accomplissent, leur$ habitudes et leurs mœurs, on trouve qu'ils présentent des modifications considérables et tout à fait curieuses des types les plus élevés du règne animal, je veux dire les Mammifères et les Oiseaux. »
Ainsi s’exprime Auguste Duméril dans une série de très intéressants articles publiés en 1863 dans la Revue nationale.
Dans ces articles réunis plus tard en brochure sous le titre les Reptiles utiles, le savant professeur d’herpétologie du Muséum d'histoire naturelle a parlé des services que les Reptiles rendent à l'homme et des produits qu'ils fournissent à l’in-
dustrie ; c’est à la curieuse brochure d’A. uméril que nous emprunterons presque tout ce que nous allons faire connaître à nos lecteurs.
« Pour passer en revue les divers genres d’utilité des Reptiles, la meilleure marche à suivre est celle qui a été adoptée par Isidore Geoffroy Saint- Hilaire, dans l'énumération des services que nous rendent les Mammifères etles Oiseaux. C'est une heureuse idée de ce savant naturaliste d'avoir formé cinq groupes où viennent nécessairementse ranger tous les animaux dont nous tirons parti. Ces groupes renferment :
« 1° Les animaux accessoires ou de simple ornement ;
« 2° Les animaux auxiliaires ;
« 3° Les animaux industriels ou fournissant des produits à l’industrie ;
« 4° Les animaux alimentaires ;
« 5° Les animaux médicinaux ou procurant des médicaments à la thérapeutique, c’est-à-dire à celte partie de la médecine qui a pour objet le traitement des maladies. » z
Aucun Reptile ne peut être réellement considéré comme un animal d'ornement ou accessoire, bien que certains d’entre eux, tels que les Anolis des Antilles et du Mexique, les Ameivas des parties chaüdes de l'Amérique méridionale, le disputent aux plus élégants Oiseaux par l'admirable éclat de leur corps aux reflets métalliques et chatoyants.
« Le nom d'animaux auxiliaires, comme le fait remarquer Isidore Geoffroy, convient à ceux qui sont élevés par l'homme pour les services direcls qu'il en retire pendant leur vie. Si l’on s’en tient à la véritable acception du mot, on ne peut en faire usage pour les animaux dont il s’agit ici. Cepen-