‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 165 sur 276 · LES SERPENTS DE MER — ZYDROPHIDÆ · texte numérisé non relu

LES SERPENTS DE MER — ZYDROPHIDÆ

Seechlangen.

Caractères. — Autant nous avons eu de | comprimé en arrière ; la queue verticale, très

peine à établir des divisions bien nettes parmi les Colubriformes, autant il est facile de distinguer les Hydrophidées de tous les autres Ophidiens. Le milieu dans lequel vivent ces Serpents a imprimé, en effet, à leur physionomie un cachet tout spécial, de telle sorte qu'ils constituent un groupe très naturel, distinct par ses mœurs et ses habitudes. Ils ressemblent, au premier abord, plutôt à des Anguilles qu à des Serpenis.

Chez eux la tête est petite, à peine distincte du tronc, recouverte de grandes plaques le plus souvent au nombre de 9; les Acalyptes cependant ont le dessus de la tête protégé par des écailles.

Le tronc est toujours court, presque cylindrique dans sa parlie antérieure, latéralement

comprimée de droite à gauche, est comparable à une rame.

Les orifices des narines s'ouvrent sur la face supérieure du museau dans les grandes plaques ; les yeux sont petits et la pupille est arrondie.

Tous les Serpents de mer sont venimeux et font partie du groupe des Protéroglyphes de Duméril et Bibron ; la dent antérieure est sillonnée.

Distribution géographique. — À la conformation si particulière du corps correspond chez les Hydrophidées un genre de vie spécial. Tous ces animaux vivent exclusivement dans la mer et ne vont jamais à terre. L'océan Indien et l’océan Pacifique, depuis les côtes de Madagascar jusqu’à l’isthme de Panama,

LES SERPENTS DE MER

mais plus particulièrement les rivages du sud de la Chine et le nord du continent australien, sont la patrie de ces animaux.

Mœurs, habitudes, régime. — « Quoique moins nombreux que les Serpents de terre, ceux qui habitent la mer sont, dit Cantor, beaucoup plus abondants; ils offrent cette différence avec les précédents, qu’on les rencontre toujours en troupes considérables.

Cette circonstance est même, pour les marins, l'avertissement que l’on approche des côtes. Il est remarquable, en outre, que tous les Serpents de mer soient venimeux, tandis que le plus grand nombre des espèces terrestres est privé de dents à venin.

« Contrairement à l'opinion de Schlegel, qui regarde les Platycerques comme les moins redoutables des Serpents venimeux, Cantor affirme, d’après sa propre expérience, qu'il n’en estrien, et que, sur terre ou dans l’eau, ils sont, au contraire, d’un naturel très féroce. Quand ils sontdans leur milieu habituel, ils cherchent à mordre les objets les plus voisins et même, ainsi que les Najas et les Bungares, ils tournent en rond comme pour se poursuivre euxmêmes et se font des blessures.

« Quand on les sort de la mer, ils sont, en quelque sorte, aveuglés, tant est considérable la contraction de la pupille, ce qui, joint à la difficulté qu’ils éprouvent à soutenir sur le sol leur corps à ventre caréné, les rend alors aussi incertains et maladroits dans leurs mouvements, qu'ils sont au contraire lestes et agiles pendant la natation.

« Comme Russel, Cantor a toujours vu mourir les Platycerques deux ou trois jours après leur sortie de la mer et alors même qu’on les plaçait dans l’eau salée.

« L'examen des matières contenues dans le tube digestif prouve que les jeunes ne mangent que de petits crustacés, tandis que les adultes recherchent les poissons, et Cantor cite, parmi les espèces dont on a ainsi retrouvé les débris, des Polynèmes, des Sciènes, des Muges, puis des Bagres et des Pimélodes, qui paraissent être leur nourriture favorite, quoique ces dernières espèces, comme tous les autres Siluroïdes, occupent de préférence les eaux profondes.

« De même que Péron, le zoologiste anglais a constaté que l'ennemi le plus acharné des Serpents de mer est l'aigle pêcheur.

« Les mues de ces espèces maritimes sont

fréquentes, mais généralement l'épiderme se !

déchire. Ainsi que les espèces terrestres, elles sont recherchées par des êtres vivants qui se fixent sur elles, mais, tandis que les Serpents ordinaires fournissent à l'alimentation des Ixodes qui s’attachent à leurs téguments, les Platycerques ne subissent aucune attaque semblable et servent uniquement de support aux animaux errants, à la manière de tout corps solide, flottant au milieu des eaux. Tels sont les Anatites entre autres que Cantor a fait figurer et dont il a trouvé de nombreux individus sur un même Hydrophide. L'adhérence n’allant pas au delà de l’épiderme, la chute de cette enveloppe débarrasse les Serpents(1).»

Ainsi que nous l'avons déjà dit, la nourriture des Serpents de mer consiste, cela va de soi, en poissons et en crustacés; les animaux adultes s'emparent des premiers, les jeunes des seconds. Günther a trouvé dans l'estomac de différentes espèces d'Hydrophidées des débris de petits poissons appartenant aux différents groupes qui habitent les mêmes mers, aussi bien les espèces inoffensives que celles qui sont armées de puissants aiguillons ; ces Serpents de mer tuent, en effet, leur proie en Pempoisonnant.

Le plus habituellement, les Hydrophidées chassent près de la surface de la mer ; ils s’enfoncent cependant à d’assez grandes profondeurs parles temps orageux.

On a observé sur des animaux maintenus en captivité que la pupille est susceptible d’une contraction et d’une dilatation considérable, de telle sorte que l’œil peut remplir ses fonctions à des profondeurs très diverses; le plein jour, c’est-à-dire celui qui n'est pas tamisé par une couche d’eau, agit si énergiquement sur l'appareil oculaire que la pupille devient punctiforme et que les Serpents sont alors réellement aveugles.

Plusieurs espèces se rassemblent en grand nombre et nagent en troupes. Elles fendent les flots avec rapidité, la tête hors de l’eau ; le poumon, très spacieux du reste, peut contenir une provision d'air considérable, de telle sorte que ces animaux peuvent, sans danger, rester longtemps sous l’eau. Assez souvent la queue sert d’organe de préhension et se transforme en ancre lorsque ces Serpents veulent se reposer au milieu des bancs de polypiers.

Lorsque la mer est calme, les Serpents de mer, absolument immobiles, se laissent douce-

(1) Duméril et Bibron, Erpélologie générale, t. VI, p. 1314.

LES SERPENTS DE MER

Fig. 293. — Le Plature à bandes (1/4 grand. nat.).

ment bercer au gré des flots. Il arrive souvent qu’un vaisseau traversant leurs troupes flottantes les trouble à peine; parfois, au contraire, ils se montrent inquiets, et vidant leurs poumons de l'air qu'il contient, se laissent couler à pic; des bulles d’air venant crever à la surface indiquent l'endroit où les animaux viennent de plonger. L'examen de l'estomac de ces Serpenis montre bien qu'ils peuvent plonger à de grandes profondeurs et rester longtemps sous l’eau.

D'après les observations de Cantor, les Hydrophis (il doit en être de même des autres Serpents marins), les Hydrophis mettent au monde leurs petits vivants. Vers février ou mars, les adultes voguent pendant assez longtemps sur les ondes.

Du venin, son action. — C'est à bon droit que les pêcheurs malais et océaniens redoutent les Serpents de mer qu'ils ramènent trop souvent dans leurs filets; bien que les crochets dont ces animaux sont armés soient faibles relativement à leur taille, ils ne sont pas

moins pourvus d’un redoutable poison, comme

le prouvent des observations et des expériences faites à différentes époques.

En 1837, le vaisseau de guerre « Algérine »

était en rade de Madras; un Serpent de mer d'environ 2 mètres de long fut pris par un homme de l'équipage qui le mania jusqu’à ce qu'il fut mordu à l'index de la main droite.

La blessure fut si peu douloureuse que notre homme ne s’en préoccupa nullement, d’autant plus qu’il croyait se rappeler avoir déjà été mordu par un Serpent, mais sans en avoir ressenti aucune suite fâcheuse. Une demiheure s'était écoulée depuis la blessure, et le marin, après avoir déjeuné, se rendit sur le pont pour prendre son service. Il fut pris subitement de vomissements; le pouls tomba, devint intermittent; les pupilles se dilataient et se contractaient subitement; une sueur froide et visqueuse inonda le corps; le visage se mit à exprimer la plus profonde anxiété.

L'état général ne tarda pas cependant à empirer ; la partie mordue se mit à enfler, et peu à peu l’enflure s’étendit à tout le membre droit; le cou et le visage prirent une couleur grisâtre et se marbrèrent de taches pourprées. Le médecin du bord, après avoir prescrit, mais en vain, divers remèdes, conseilla un bain chaud qui procura quelque soulagement

SERPENTS DE MER

Fig. 294. — Le Pelamis bicolore (2/5 grand.nat.).

au blessé, mais bientôt les accidents spasmodiques redoublèrent d'intensité, la respiration devint anxieuse, la perte de sentiment se produisit et la mort arriva environ quatre heures après la morsure.

Nous pouvons rapprocher du cas précédent le fait d'un capitaine de navire mordu en mai 1869 sur les côtes de Birmanie. Le malheureux marin avait été piqué à la jambe en se baignant ; la blessure était si peu douloureuse qu'il croyait avoir été pincé par un petit crabe. Le capitaine ne ressentit qu'un peu de chaleur se répandant dans tout le corps, chaleur accompagnée d’une sensation plutôt agréable que pénible. Trois heures environ après la piqûre, notre capitaine retourna à bord de son navire et les accidents commencèrent seulement alors à se déclarer. La parole devint embarrassée, et une raideur à peine perceptible au début s’accentua de plus en plus. Le blessé avala une rasade d’eau-de-vie et envoya chercher le médecin qui prescrivit divers remèdes; les deux piqûres, qui furent alors examinées, étaient à peine visibles et se trouvaient le long du tendon d'Achille, près

et le malheureux expira soixante et onze heures après la piqüre.

Les expériences faites par Cantor démoutrent que les effets du venin sont tout aussi terribles et plus prompts encore sur les animaux. Nous ne pouvons mieux faire que d’emprunter à Duméril et à Bibron le résumé qu'ils ont donné des observations faites en 1837 par le savant naturaliste anglais.

« Un Hydrophide schisteux long de 4 pieds 2 pouces, mesure anglaise, pique un oiseau, qui tombe immédiatement et fait d’inutiles efforts pour se relever. Au bout de quatre minutes, il survient une selle liquide et de légers spasmes de tout le corps. Les yeux sont fermés, la pupille est immobile et dilatée. Il s'écoule de la bouche une salive abondante, et huit minutes après l'introduction du venin dans les tissus, l'animal expire au milieu de violentes convulsions.

«Un autre oiseau, également piqué àla cuisse et par le même animal, immédiatement après, expire au milieu de semblables symptômes en moins de dix minutes,

« Par une dissection faite une demi-heure

du cou-de-pied. Tous les soins furent inutiles, | après la mort, on trouve, chez les deux oi-

MA

LES SERPENTS DE MER

seaux une légère extravasation sanguine dans le lieu de la blessure et un peu de lymphe sanguinolente sous la peau; mais rien d'autre ne peut être constaté.

« Un oiseau blessé dans les mêmes points que les précédents, et par un Hydrophide d'espèce différente (Æydrophis nigro cincta), long de 2 pieds 3 pouces, éprouve de violentes convulsions et meurt en sept minutes.

« De deux autres oiseaux successivement piqués à la cuisse comme les premiers par un Hydrophide strié, de 3 pieds 1 pouce, l’un succombe en huit et l’autre en quatre minutes, après avoir éprouvé des accidents analogues.

« Cantor ne s’est pas borné à ces essais; il a soumis aux effets du venin des Reptiles et des Poissons. Voici les détails principaux de ces expérimentations :

« Un Æydrophide schisteux, de 2 pieds 7 pouces, blesse à la lèvre une Tortue trionyx du Gange (Zrionyx gangetica). Cinq minutes après, elle commence à frotter avec une de ses pattes le point où la dent a pénétré et continue ainsi pendant quelques instants; mais au bout de seize minutes, les membres sont paralysés et immobiles et les yeux restent fermés. En écartant les paupières, on voit la pupille immobile et dilatée. Il s'écoule vingt-cinq minutes seulement jusqu’à l'instant de la mort de cet animal. A part les petits changements survenus dans les parties blessées, on ne trouve rien d'anormal. Il en est de même pour une seconde Tortue mordue par un autre Serpent de la même espèce et la mort arrive en quarante-six minutes.

« Une Couleuvre caténulaire de Daudin, longue de 3 pieds et demi environ, est blessée à la région inférieure, un peu au-devant du cœur, par un Hydrophide strié, de même taille et dont les crochets restent implantés dans les tissus pendant 30 secondes environ. Trois minutes se sont à peine écoulées, que le Dipsade commence à ressentir les effets du poison, car il se roule tantôt d'un côté, et tantôt de l’autre, puis bientôt la partie postérieure du tronc et la queue sont frappées de paralysie. Au bout de seize minutes, le Serpent ouvre convulsivement la bouche et les mâchoires restent écartées; enfin l’animal succombe en ‘une demi-heure.

« Un Tétraodon d'assez grande taille, le Tetraodon potoca, Hamilton, est piqué à la lèvre par un /Âydrophide schisteux long de 4 pieds. La victime, rendue à la liberté dans

une cuve pleine d’eau de mer, y nage avec rapidité et comme à l'ordinaire sur le dos, l'abdomen étant distendu, mais au bout de trois minutes, malgré les efforts de l'animal, cette distension cesse, et puis à la suite de quelques mouvements violents de queue, il meurt, dix minutes s'étant écoulées depuis le moment de la blessure (1). »

Classification. — La classification adoptée pour les Serpents de mer est encore celle de Duméril et Bibron. « Nous avons remarqué d’abord, disent ces savants naturalistes, qu’un certain nombre d'espèces présentaient tous les caractères physiques et anatomiques propres à cette famille. Telle est la présence des crochets cannelés dans la partie des os susmaxillaires, puis des plaques qui garnissent le sommet de la tête et surtout la brièveté, l’aplatissement et la largeur de la queue.

« Ces Serpents ont en outre le dessous du tronc protégé par des plaques, tantôt plus petites que chez beaucoup d’autres, car ces lames que nous nommons des gastrostèges ont quelquefois à peine le double de la largeur des autres écailles qui couvrent le dos et les flancs; tantôt, au contraire, elles sont grandes et très distinctes. De là une première coupe facile à établir à la simple inspection, abstraction faite des autres caractères distinctifs.

« Trois genres ont des gastrostèges ordinaires. Chez l’un, ces plaques ventrales, quoique bien distinctes, sont cependant assez étroites et portent sur leur convexité deux lignes saillantes ou des carènes doubles, semblables à la saillie médiane qu'on remarque sur les autres écailles du corps; tels sont les Disteires, qui ont reçu leur nom de cette particularité. Dans les deux autres genres, les gastrostèges sont tellement larges, qu'elles ressemblent à celles de la plupart des Couleuvres ; mais tantôt elles sont arrondies et lisses, comme dans les Platures, tantôt elles sont pliées au milieu, de sorte que le ventre paraît comme tranchant, ainsi qu'on le voit chez les Apysures de Lacépède.

« Dans les trois derniers genres, les plaques ventrales sont presque aussi petites que les écailles des flancs. Parmi les espèces qui sont dans ce cas, il en est dont les écailles sont en recouvrement: elles offrent, en outre, cette anomalie dans les plaques du vertex par l’ab-

(1) Erpétulogie générale, t. VII, p. 1316,

LES HYDROPHIDES.

sence de l'écusson et des pariétales, ce qui nous les a fait nommer Acalyptes ou non coiffees. Dans les deux autres genres, les écailles, au contraire, sont en pavé, et il y a des particularités dans la forme des mâchoires et dans le nombre des dents. Les espèces qui ont les écailles lisses sont rangées dans le genre Pélamyde, et celles qui les ont tuberculeuses dans celui des Æydrophides (4). »

Nous faisons l’histoire des principaux de ces genres dans les pages qui vont suivre.

LES PLATURES — PLATURUS

Blatischwängen.

Caractères. — Les Platures ont le corps presque cylindrique, légèrement convexe vers le dos; les écailles sont lisses et imbriquées, les gastrostèges lisses, nombreuses, étroites, rapprochées. Les narines et les yeux sont latéralement situés. Les os maxillaires sont courts, bombés et ressemblent à ce que l’on voit chez les Vipériens, qui sont des Solénoglyphes; ces os portent une dent venimeuse très courte, peu courbée, cannelée.

LE PLATURE À BANDES. — PLATURUS FASCIATUS.

Zeilenschlange.

Caractères. — Ainsi que l'indique son nom, . cette espèce a le corps orné de 25 à 50 anneaux noirs se détachant sur le fond qui est gris bleuâtre ou gris verdätre: la couleur du ventre varie du blanc jaunâtre au jaune gomme-gutte. La figure 293 montre bien que sur la tempe se trouve une tache noire qui va rejoindre une tache de même couleur se trousant sur l’occiput et une bande qui passe sous le menton; ces bandes tranchent nettement sur la couleur jaune vif de la tête.

Ajoutons qu'il existe trois plaques préfronlales et de 23 à 25 écailles dans une série, ce qui distingue cetle espèce du Plature de Fischer qui n'a que deux préfrontales et 19 écailles.

Distribution géographique, — Le Plature à bandes se trouve depuis le golfe de Bengale jusque dans les mers de Chine et la Nouvelle- Zélande. Cantor signale cette espèce près de Pondichéry, aux Nicobar, aux Moluques, à Timor, aux Célèbes, à la Nouvelle-Guinée; le Plature de Fischer est plus particulièrement

(1} Duméril et Bibron, Erpélologie générale, t. VII, p. 1211.

abondant le long des côtes de la Nouvelle- Calédonie.

LES PÉLAMYDES — PELAMYS Pelamyden.

Caractères. — On sépare généralement des Hydrophis, sous le nom de Pélamydes, des Serpents de mer chez lesquels le corps est très comprimé, le dos épais, en carène, le ventre mince et tranchant, les écailles petites, lisses, de forme horizontale, disposées en payé et toutes semblables entre elles. La tête est large; le museau est allongé en forme de spatule ; le crâne est plat; les narines s'ouvrent, dans une seule plaque, sur la face supérieure du museau. En arrière des crochets venimeux se trouvent de nombreuses dents.

LE PÉLAMYDE BICOLORE. — PELAMYS BICOLOR

Blättchenschlange.

Caractères. — Celte espèce, la seule que renferme le genre, a le corps noir en dessus, d’un jaune d’ocre ou blanchâtre en dessous, les deux couleurs tranchant nettement, ainsi que le montre la figure 294; des taches noires, arrondies, flexueuses, se voient sur la queue. Parfois le dessus du corps est partagé par des bandes irrégulières, noires, formant des demianpeaux généralement plus larges sur le dos; chez quelques individus le dos est orné d’un grand nombre de taches brunes, rhomboïdales, prolongées en pointe sur les flancs, qui sont irrégulièrement tachetés de brun.

Le Pélamyde paraît être excessivement abondant sur certaines côtes, sur celles de Bengale, de Malabar, de Sumatra, de Java, de Célèbes; on le trouve depuis Otahiti jusque vers les Indes, de Madagascar à Panama; il n’est point rare dans la rade de Port-Jackson; on le pêche en abondance vers les îles de la Société, où, d’après Duméril et Bibron, les indigènes le recherchent comme une sorte de poisson analo-

Distribution géographique. —

gue aux anguilles et s'en nourrissent.

LES HYDROPHIDES — 7ZYDROPHIS

Ruderschlangen.

Caractères. — Daudin a désigné sous ce nom des Serpents de mer au corps très comprimé, surtout dans sa parlie moyenne; la queue est large. La tête est large, à peu près

L'HYDROPHIDE STRIÉ.

Fig. 295. — L'Hydrophisdestrié (2/5° grand. nat.).

de même grosseur que le cou. Le ventre est mince, comprimé en forme de couteau, les plaques en sont à peine distinctes. Les écailles sont en pavé, carénées ou tuberculées. Les narines sont grandes.

L'HYDROPHIDE STRIÉ. — HYDROPIIIS STRIATUS.

Streisenruderschlange.

Caractères. — Parmi les nombreuses espèces que renferme le genre, nous pouvons citer l'Hydrophide strié que nous représentons ici (fig. 295).

Ce Serpent, qui peut atteindre deux mètres, a le corps allongé, à peu près d'’égale grosseur, quoique légèrement comprimé, sur-

tout du côté du ventre. Les écailles sont faiblement carénées.

La couleur fondamentale de la partie supérieure est un vert olivâtre, celle de la face inférieure un jaune verdâtre. Le corps est orné de taches en rhombes plus ou moins distinctes, variant de 15 à 70; ces bandes sont noires.

Chez les individus jeunes, elles forment des anneaux ou sont reliées entre elles par des lignes qui courent le long du ventre ; chez les adultes les bandes disparaissent et sont peu à peu remplacées par des taches.

Distribution géographique. — Cette espèce se trouve depuis Ceylan jusque sur les côtes du Japon; on la trouve fréquemment sur les côtes est de la péninsule de l'Inde.

Brun, Reptiles.

Corbeil, Crété, imp.

s, édit,

ière et Fi

E Fa

Page 1