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Fig. 301. — Le Serpeurivore (1/12 grand. nat.).
pressé et enroulé sur lui-même; il remuait la lête au son de la musique comme font nos dilettanti au balcon de l'Opéra italien. De temps à autre le Serpent déployait son chaperon ou sifflait lorsque le charmeur approchait la main. Le camarade se tenait derrière le musicien, et saisissait alors l'animal par la queue; ainsi tenu, le Serpent ne pouvait lui faire de mal; mais, si on lui jetait une Poule, la pauvre bête élait morte en un moment.
Johnson rapporte qu'un Indou fit danser devant une nombreuse société un Cobra di Capello. Son fils, jeune homme de seize ans, mit l'animal en fureur, fut mordu et mourut une heure après. Le père était stupéfait de l’accident et affirmait que la mort n’avait pu être occasionnée par la blessure, lui-même ayant été mordu maintes fois, le Serpent n'ayant plus de crochets venimeux. A l'examen du
reptile, on trouva cependant que ces crochets avaient repoussé.
Capture du Naja.— D'après des renseignements recueillis par Fayrer, il y a au Bengale quatre classes différentes d'individus qui capturent le Naja et font des tours avec lui. La première classe, de beaucoup la plus expérimentée, est celle dite Aal, caste hindoue d'ordre inférieur qui prend et vend des Serpents, mais ne pratique jamais la jonglerie, l’enchantement, les maléfices ou la médecine. Les Wal sont des gens pauvres, tout à fait dignes de pitié, en général très honnêtes. Dans le nordouest du Bengale, ils sont remplacés par les Modaris dont quelques-uns viennent parfois jusqu'à Calcutta. Les Bohémiens sont jongleurs, montreurs d'ours et de singes, marchands de simples et vendent des remèdes merveilleux contre toutes sortes de maladies; ils passent
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Fig. 302. — Naja de l'Inde.
pour habiles dans l’art de la magie et de la sorcellerie ; ils font travailler leurs femmes avec eux, Ce que ne font jamais les vrais Indous ; ils passent, et à bon droit, pour des voleurs incorrigibles ; ils n’ont aucune renommée comme charmeurs de Serpents.
Les vrais charmeurs sont les Sangis, nommés Tubriwallahs au Bengale ; ils sont vraisemblablement originaires du nord-ouest de la région; ils portent un habit jaune et un large turban et se servent de la flûte pour dompter les Serpents venimeux et les attirer hors de leur repaire. Ces Sangis sont de véritables vagabonds, qui emportent trop souvent tout ce qui est à leur convenance; ils traversent tout le pays, et on peut les voir aussi bien dans le Nord-Ouest
de l'Inde que vers le Sud. Les plus anciens |
écrivains sanscrits les mentionnent et il est vraisemblable que leur art remonte à la plus haute antiquité. La flûte dont ils se servent pour charmer les Serpents est pour eux caractéristique, car elle ne se trouve ni chez le Mal, ni chez les Modaris, ni chez les Bediyas ou bohémiens.
Ces charmeurs ont une adresse réellement |
merveilleuse et une sûreté de coup d'œil incroyable. L'habileté dont ils font preuve en enlevant du sol avec la main nue un Naja courant sur un épais gazon, et cela sans être blessés, est vraiment digne d’admiration. Les char-
meurs de Serpents connaissent bien le danger |
auquel ils s’exposent et savent parfaitement qu'aucun remède ne pourrait les sauver de la mort s'ils venaient à être mordus, bien qu'ils vendent au public de soi-disant antidotes. Outre les Serpents venimeux, ils montrent aussi des Serpents non venimeux, mais sans jouer de la flûte.
D'après Johnson, les charmeurs de Serpents savent très bien s'emparer de ceux-ci,
tiennent ces animaux, l'entrée de la retraite étant toujours lisse, frottée qu'elle est par les mouvements du corps. Ils fouillent le sol avec prudence jusqu'à ce qu’ils tombent sur l’animal; ils le saisissent alors de la main gauche par la queue, le prennent plus haut avec la main droite, puis, glissant très rapidement le long du corps, cherchent à saisir la nuque entre le pouce et l'index. Les charmeurs de Serpents ne se livrent jamais seuls à cette chasse, et ils emportent toujours avec eux les instruments et lesremèdes nécessaires en cas de morsure. L'un d’eux porte habituellement un réchaud et un petit instrument en fer de la dimension d’une dent de fourchette. Si l’un des chasseurs est par hasard mordu, la plaie est immédiatement cicatrisée, après que, par la pression et par la succion, on a fait sortir le venin; la partie blessée est forlement liée.
Certains chasseurs se contentent d'appliquer sur la partie blessée une pierre particulière dont nous parlerons plus bas. La médication interne consiste dans l'emploi d'esprit de bézoard avec du chanvre sauvage ou du tabac; cette infusion, connue sous le nom de gongea réussit souvent, d'après Johnson.
D’après Reyne, les chasseurs de Najas emploient souvent la musique pour attirer le Serpent hors de son repaire. « Un charmeur de Serpent vint me voir en 1854, rapporte ce voyageur, et me demanda de lui permettre de faire danser un Cobra devant moi. Comme j’avais souvent assisté à pareil exercice, je lui répondis que j'étais tout disposé à lui donner une roupie s’il voulait m'accompagner vers la jungle et prendre un Serpent à lunettes dont l'habitation m'était connue. L’Hindou me fit comprendre que le marché était conclu. Je comptai le nombre des Serpents que l'Hindou avait amenés et mis un gardien près d’eux; je
Ils connaissent les repaires dans lesquels se | m'assurai, du reste, que mon charmeur n'avait
BREUM. — V.
LE SERPENT A LUNETTES
aucun Serpent sur lui. Lorsque nous fûmes ar- | servir de la partie blessée; il mourut deux
rivés à l’endroit déterminé, l'Hindou tira une petite flûte, dont il se mit à jouer; au bout de quelque temps un gros Serpent à luneltes se mit à sortir lentement de son repaire, qui était un nidà Termiles abandonné, ainsi que je le savais. À la vue de l’homme, le reptile chercha à fuir, mais le charmeur le saisit par la queue, en le faisant continuellement tournoyer, de manière à ce qu'il ne pût mordre, et le porta ainsi jusqu’à mon bungalo, où ille fit danser.»
Nous avons rapporté plus haut les renseignements fournis par Kämpfer sur les moyens employés par les bateleurs pour faire l’éducation du Naja. Il est probable que le voyageur n’a pas vu par lui-même les faits dont il parle et qu'il s’est contenté de relater les dires des indigènes. L’on raconte, du reste, dans l'Inde, des choses absolument merveilleuses sur le Naja. « Avez-vous jamais entendu parler, écrit Skinner à Tennens, de Serpents à lunettes apprivoisés qui font partie de la domesticité de la maison, entrent et sortent lorsqu'ils le veulent et re font de mal qu'aux étrangers? Un homme riche qui possède toujours chez lui des sommes d’or considérables a un Cobra à la place d’un chien comme gardien de ses trésors. Ce fait n’est pas le seul dont on m'ait parlé; j'en ai appris un autre, il y a quelques jours, d’un homme absolument digne de foi. Les Najas se promènent en toute liberté dans la maison, Ce qui est une épouvante pour les voleurs, mais jamais ils n’ont cherché à blesser les légitimes propriétaires. » Il est plus que probable, pour ne pas dire certain, que toutes ces histoires ne sont que des contes que l'on fait croire au bas peuple afin de l'empêcher d'entrer dans les demeures.
Action du venin. — Russel, Johnson, Breton, Fayrer, ont fait de nombreuses observations et inslitué un grand nombre d’'expériences qui montrent surabondamment le danger de la morsure du Cobra. De ces expériences il résulte que des pigeons meurent en trois ou quatre minutes, la poule en cinq ou six minutes; les chiens résistent de vingt minutes à plusieurs heures.
Comme pour les autres Serpents, le venin est d'autant moins dangereux que l’animal a déjà mordu plusieurs fois de suite. C’est ce que démontrent les expériences de Breton.
Get observateur fit mordre à la queue un Serpent aquatique parle Naja. Une heure et demie après la morsure, le Serpent ne pouvait plus se
heures après, sans qu'il se fùt montré d'autre symptôme qu'un besoin continuel de respirer.
Un Lapin, qui avait été mordu immédiatement après à la cuisse par le même Serpent, montra de la paralysie, puis des convulsions et mourut au bout de onze minutes. Un pigeon piqué ensuite mit vingt-sept minutes à mourir, un deuxième pigeon une heure et onze minutes; un troisième, trois heures et vingt-deux minutes ; un quatrième et un cinquième ne présentèrent aucun symptôme d’empoisonnement.
D’après les expériences de Russel, les Chiens empoisonnés se comportent d'une manière très différente. Plusieurs étaient relativement tranquilles, étiraient seulement le membre mordu, se couchaient, étaient pris de vomissements, faisaient de vains efforts pour se soulever et mouraient; d’autres hurlaient et tremblaient de tous leurs membres ayant de tomber dans l’engourdissement; d’autres encore poussaient d’abord des cris plaintifs, cherchaient à s'enfuir, se montraient excessivementinquiets, aboyaient avec fureur et étaient peu à peu pris de paralysie.
Bellanger, directeur du jardin des plantes de Pondichéry, dit quele venin porté sur certaines surfaces du corps agit comme s’il avait été inoculé; c'est ainsi qu’il a vu le venin du Naja introduit dans l’oreille donner la mort; le venin déposé à la surface de l’œil ousur le larynx produit des accidents très graves, souvent même mortels.
Pendant trois années consécutives, Fayrer a fait de nombreuses observations sur l’action du venin du Cobra. Il a expérimenté sur des Chiens, des Chevaux, des Bœufs, des Chèvres, des Cochons, des Chats, des Lapins, des Rats, des Gerfs, des Poules, des Milans, des Lézards, des Couleuvres, des Serpents venimeux, des Grenouilles, des Poissons, des Limaces. De toutes ces expériences, il ressort que le venin du Cobra agit sur tous les animaux et que son action, excessivement violente, se manifeste généralement avec une extrême rapidité; il ressort, en outre, que les morsures qui pénètrent dans les vaisseaux sanguins d’un certain diamètre sont fatalement mortelles, quel que soit le remède employé. Fayrer, en outre, établit que, contrairement à l'opinion généralement adoptée, le venin des Serpents, celui du Cobra en particulier, ne manifeste pas seulement son action lorsqu'il est directement introduit dans la masse du sang, mais qu'il agil
encore lorsqu'il est déposé à la surface d’une muqueuse, même celle de l'estomac; l’action est plus lente à se produire, voilà tout.
D'observations récentes il résulte que, par la blessure du Naja, les accidents locaux sont presque nuls; l’action du poison porte principalement sur la respiration; il se manifeste rapidement des troubles paralytiques; des convulsions peuvent d’ailleurs se produire sous l'action de ce venin.
Action sur l’homme. — Dans l'Inde des millicrs de personnes sont malheureusement mordues chaque année par le Naja, de telle sorte que nous possédons de nombreuses observations sur la marche et les symptômes de l'empoisonnement. Nous pouvons ici consigner quelques cas qui ne se sont pas terminés par la mort, et qui n’en sont pas moins instructifs.
Une femme mordue au pied par un Cobra fut visitée par Duffin dix heures seulement après la blessure. Elle avait perdu la vue et la sensibilité; la constriction du pharynx était telle, que la déglutition était absolument impossible. Dès l'instant de la blessure, la malheureuse était tombée dans un état de prostration extrême; on aurait pu la croire sous l'influence des narcotiques. A la suite d’un traitement approprié, un mieux sensible se produisit. Dix-huit heures après les premiers accidents, la sensibilité revint et la vue fut recouvrée. Huit jours après, la faiblesse disparut et la blessée se rétablit lentement.
Un Indien, qui avait été mordu à la cheville, eut, un quart d'heureaprès, la mâchoire fortement contractée et semblait être mort. On lui fit prendre de force deux bouteilles de madère chaud et on appliqua sur la plaie, largement incisée, de l’eau de Luce, c’est-à-dire un mélange d’'ammoniaque liquide, d'alcool, d’huile de succin, de savon blanc et de baume dela Mecque. Le blessé respirait à peine; il resta près de deux jours dans un état de profonde prostration.
Les indigènes de l'Inde, surtout les charmeurs de Serpents, emploient de nombreux remèdes qu'ils tiennent toujours secrets.
Un de ces alexipharmaques est la pierre à Sérpent nommée à Ceylan Pembu Kelu ; l'emploi de cette substance à dû être appris aux Singalais par les charmeurs venus de la côte de Coromandel.
« Plus d’un cas de l'efficacité de ce remède, rapporte Tennant, m'a élé certifié par des té6-
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moins oculaires. Un de mes amis traversant, en mars 1854, la jungle au voisinage de Bintenne, vit un Tamoul qui tenait des deux mains un Cobra qu'il avait saisi par la tête et la queue. Notre homme, en voulant placer le Serpent dans une corbeille, le mania si maladroitement qu'il fut mordu au doigt. Le reptile maintint pendant environ deux secondes ses crochets dans la plaie. Le sang coula et le blessé ressentit de suite une assez vive douleur. Un des hommes qui accompagnaient le blessé ouvrit sa ceinture et en tira deux pierres à Serpent, chacune de la grosseur d'une petite amande, de couleur noire sombre, finement polies à la surface, et en plaça une sur là plaie. La pierre adhéra fortement, absorbant tout le sang; pendant ce temps le compagnon du Tamoul frictionnait et massail le membre blessé depuis l'épaule jusque vers les doigts; les pierres tombèrent d’elles-mêmes et la douleur se calma. Le blessé parut absolument soulagé et s’apprêta à partir. Pendant ce temps, un autre Tamoul tira de son sac un petit morceau de bois et le porta, avec précaution, dans le voisinage de la tête du Naja, qui se mit à s’aplatir contre le sol ; l’Indou saisit alors le Serpent sans aucune crainte et le plaça au fond d'une corbeille en osier. »
Un fait semblable fut observé en 1852 et communiqué à Tennant par Lavallière. Ce dernier, à cette époque, magistrat de l’arrondissement dans lequel le fait se passa, vit un jour un charmeur de Serpents mordu à la cuisse par un Cobra; le sang coula en abondance; l’Indou appliqua immédiatement sur la blessure une pierre particulière et se frictionna le membre avec une racine, jusqu'à ce que la pierre tombât. Le blessé affirma alors à Lavallière qu’il n'avait plus rien à craindre; Lavallière le rencontra, en effet, assez longtemps après en parfaite santé.
Barrow et Hardy nous ont fait connaître la composition de la pierre à Serpent; les re-
| cherches de Tennant ont confirmé les obser-
vations antérieures. Il y a longtemps que Kolbe indique qu’au cap de Bonne-Espérance certaines personnes se servent de celte pierre qu'elles font venir de l'Inde, et qu’elle a des propriétés vraiment merveilleuses. Thunbersg, qui visita le Cap après Kolbe, indique que la pierre à Serpent authentique doit adhérer fortement au palais, lorsqu'on la place dans la bouche, et que de petites bulles d'air doivent monter à la surface lorsqu'on la jette dans
l'eau. Lorsqu'on la pose sur un point mordu,
dehors le venin et tombe d’elle-même lorsqu’elle est suffisamment imbibée. A ce qu’assure Johnson, le secret de la préparation de la pierre à Serpent est encore aujourd hui entre les mains des brahmines et leur rapporte des sommes considérables. Nous savons que cette pierre est composée d'os grillés, de chaux et
d’une résine préparée d'une certaine façon; |
cette substance peut évidemment aspirer dans ses pores un liquide tel que le sang mélangé du venin; il est probable que la succion produirait le même effet, mais pourrait peut-être n'être pas sans quelque danger.
Le voyageur Hardy nous apprend comment la pierre à Serpent est préparée au Mexique, où on l’emploie de même que dans l'Inde.
«On prend, dit-il, un morceau deboisde cerf de grosseur voulue, on l'enveloppe d'herbe, on
l’enferme dans une enveloppe de cuivre eton |
place le tout sur un feu de charbon jusqu’à ce
que la corne soit suffisamment calcinée. La
substance refroidie forme une masse cohérente bien que celluleuse, dont la couleur est noire. » +
Tennant a eu l’occasion d'examiner la ra- |
cine dont se servent les Indous ; il croit pouvoir la rapporter à une Aristoloche. Les différentes espèces appartenant à ce genre sont assez généralement employées contre la morsure des Serpents venimeux; c’est ainsi qu’au
Brésil et dans l'Amérique centrale, on se sert |
du Pejuco Carare, du Zaragaza, du Gallitos.
On prétend avoir obtenu dans l’Inde de réels |
succès avec l’Aristoloche. « Une femme Indoue, mordue par un Serpent à lunettes, rapporte Lowther, me fut apportée sur un brancard. Elle était presque complètement inani-
mée, à ce point que je jugeai tout d’abord.
mes secours inutiles. La blessée était froide comme du marbre; son aspect était celui d’un
cadavre. Le mari manifesta le plus profond
découragement du refus que je fis de soigner la blessée et me supplia tellement que je tentai un effort que je croyais complètement inutile; je ne me cachai du reste pas pour dire que je considérais la blessée comme perdue. J'ouvris cependant de force ses mächoires fortement contractées etlui fis prendre mon remède composé de trois feuilles d’aristoloche et de dix grains de poivre broyés avec de l’eau. Une dizaine de minutes après l’admiministration du médicament, j’apercus un
léger battement de la lèvre inférieure. Au bout dit notre voyageur, la pierre s’y applique, tire |
de quelques instants, et après avoir, à différentes reprises, fait remuer la blessée par les hommes qui l’accompagnaient, je vis se produire une large inspiration; la blessée poussa alors ce cri: « un feu me brûle et me consume. » Je fis prendre alors une once d’eau dans laquelle avait été broyée une feuille d’aristoloche. La malade recouvra le sentiment et put m'indiquer elle-même l'endroit précis où elle avait été mordue. Je la fis frictionner en ce point avec des feuilles d’aristoloche, dont l'effet fut tel que ma malade fut bientôt
| en état de se mettre sur pieds. Je lui ordonnai
de se donner le plus de mouvements possible au moins pendant deux heures. Au bout de ce temps la malade était complètement guérie et put partir. »
Lowther rapporte des faits semblables et assure avoir vu au moins vingt cas dans lesquels l'emploi de l’aristoloche a été couronné du plus entier succès. Les expériences faites sur des chiens par cet observateur n’ont pas cependant confirmé les résultats auxquels il était arrivé sur l’homme.
La vieille réputation de l’aristoloche est certainement surfaite. « Je regrette de dire, écrit Fayrer, que dans tous les cas où j’ai employé cette plante, j'ai eu un succès incomplet; je dois, du resle, avouer que je ne connais réellement pas un remède capable de combattre la terrible action du Serpent à lunettes adulte. »
L'HAJE. — NAJA HAJE.
Uräuschlange.
Caractères. — L'haje ou le Serpent à lunettes égyptien (Naja haje, niveus, regalis, candidissinus, Vipera melanura, Echidna flava, Cerastes candidus) a le cou moins dilatable que le Cobra, à cause de la plus forte courbure des côtes qui en relèvent les tésuments; il est généralement plus grand que son congénère d'Asie, l'animal adulte arrivant facilement à la taille de 2 mètres.
Cette espèce ne porte jamais de lunettes sur le bouclier ; sa coloration est très variable. Généralement le corps est de couleur jaune paille, la face inférieure étant moins foncée; ainsi qu’on le remarque sur la figure 303, on voit dans la région cervicale plusieurs bandes de couleur sombre. Chez certains individus ces bandes sont rouges ou brunâtres ; d’autres fois le corps est d’une couleur presque uni-
BREHM, Reptiles.
T. V, p. 436. PI. XIV.
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