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LA VIPÈRE HEURTANTE.

venin nécessaire pour empoisonner leurs flèches. lis montrent dans la capture de cet animal autant de courage que d'adresse, s’approchent avec précaution du Serpent lorsqu'il est en repos, lui posent brusquement le pied sur la nuque qu'ils pressent solidement contre le sol, tranchent la tête, puis, exprimant le contenu des glandes à venin, le mêlent au suc de certaines plantes. Il est difficile de savoir ce qu'il y a de vrai dans ce dire.

Drayson fait remarquer avec raison que dans l'Afrique du sud, pays cependant infesté de Serpents venimeux, on entend rarement parler de morts survenues par le fait de ces animaux. Il est vrai de dire que, au contraire des Hindous, les Cafres et les Hottentots sont très circonspects. Pendant le jour la Vipère heurtante est trop lente et trop paresseuse pour attaquer l’homme qui ne cherche pas à s’en emparer. Lorsque l’on voyage la nuit, on a toujours soin d’enlourer le campement d’un cercle de feu qui attire bien les Serpents, mais ceux-ci, lorsqu'ils se sont approchés trop près de la flamme, ne cherchent jamais à franchir le cercle et se hâtent de rebrousser chemin.

Ce n’est pas à dire qu'il n'arrive parfois quelques accidents. Fritsch rapporte qu’une femme du Transwaal, en quittant sa maison le soir, marcha par hasard sur une Vipère heurtante qui était couchée devant sa porte, elle fut mordue et mourut le lendemain matin.

Ce Serpent. est particulièrement dangereux pour le petit bétail et pour les chiens de chasse.

Des expériences faites par Ramon Urueta à la ménagerie du Muséum de Paris, il résulte que le venin de la Vipère heurtante est fort actif, même avec les animaux tenus en captivité. Un chien vigoureux , pesant 10 kilogrammes, est mordu à 10 heures 40 minutes du matin. Dix minutes après la blessure, l’animal est étendu tout de son long, anéanti, agonisant ; à 11 heures et 55 minutes, il est mort.

ŒCaptivité. — La Vipère heurtante supporte généralement bien la captivité; il lui faut avant lout une cage suffisamment chauffée, avec un abri un peu obscur dans un des coins.

Brehm rapporte qu'il a possédé pendant plusieurs années deux de ces animaux et qu'il a pu les observer tout à son aise. Ges animaux, dit-il, n'étaient nullement apprivoisés. Lorsque l’on s’approchail de leur cage, ils manifestaient toule leur colère en se gon-

flant et en soufflant fort bruyamment ; ils ne se lançaïent cependant pas contre l'homme lorsqu'on n’approchait pas trop près. Pendant le jour ces deux serpents étaient extraordinairement lents et paresseux. Cette Vipère s’6tend le matin à une place et y reste toute la journée, absolument immobile et en apparence indifférente à tout ce qui se passe autour d'elle; vient-elle, par une cause quelconque, à être dérangée, elle manifeste alors une violente colère. Les observations que nous ayons pu faire à Paris confirment absolument ce dire.

Günther rapporte qu'il arriva un jour au Jardin de la Société zoologique à Londres deux caisses contenant des Serpents venimeux. Une de ces caisses contenait un Aspic; elle dut être refermée aussitôt, car l’animal cherchait à s'échapper. L'autre caisse, dans laquelle se trouvaient cependant une vingtaine de Vipères heurtantes, put être laissée ouverte, car ces Serpents étaient tranquillement couchés sur le fond et purent être maintenus avec un bâton, jusqu'à ce qu'on eut le temps de les installer dans leur cage.

Brehm assure que de tous les Serpents venimeux qu'il a été à même d'observer, il n’en a jamais vu de plus paresseux que la Vipère dont nous parlons. Cet animal ne bouge pendant le jour qu’à la dernière nécessité, encore le fait-il avec une répugnance des plus marquées. La nuit, au contraire, il rampe dans sa cage. Îl ne se soucie pas plus des Serpents. placés dans les cages voisines que de lapproche de l’homme et de divers animaux, tandis que le Serpent à sonnette, même gardé pendant longtemps en captivité, est facilement irritable et fait de suite entendre le retentissant et strident bruit de ses grelots, et que le Naja se précipite contre celui qui vient troubler son repos. Cette Vipère ne justifie nullement le dicton appliqué aux Serpents d'Afrique qui passent pour mordre sans cause et pour mordre, notre animal ne tue guère la proie qu'on lui présente que lorsqu'il est réellement affamé. S'il est rassasié, on peut mettre un animal en sa compagnie, car il n’y touchera pas. La Vipère heurtante peut jeùner pendant longtemps, car il se passe souvent plusieurs semaines sans qu’elle cherche à manger.

La paresseuse Vipère ne se jette jamais où presque jamais subitement sur sa proie, du moins en caplivité, ce qui fait qu'on a tout

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