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LE JARARACA

mal est plus reposé et qu'il y a plus longtemps

qu'il n’a piqué; ce fait est hors de doute, et les nègres preneurs de Serpents ont soin avant

de saisir l'animal derrière le cou, de le faire

mordre plusieurs fois sur un objet qu'ils lui présentent ; le Serpent se décharge ainsi de

la majeure partie de son venin,

« Dans des expériences faites avec le Fer-de-

Lance, Roques a vu quatre rats jetés successi-

vement à un Bothrops mourir presque instantanément, un cinquième piqué à plusieurs

reprises put se défendre et parvint à s’échapper. Lacépède a rapporté des faits analogues au sujet de l'épuisement du venin de Bothrops,

à la suite de piqûres répétées. Mais il est prouvé par des expériences que si le venin s’é-

puise par des piqüres, l'appareil venimeux ne vide pas son contenu dans une inoculation, aussi deux morsures sont-elles bien plus graves qu’une seule. De plus, quand les crocs traversent les vêtements, ils ne s’essuyent pas à la manière des dents du chien enragé ; la dent cannelée du Serpent inocule fatalement le venin dès qu'elle a pénétré dans un tissu audessus de l’orifice inférieur de la dent.

« Guyon s’est assuré que les gros animaux succombent rapidement aux morsures de la Vipère Fer-de-Lance; une vache mordue à la patte mourut treize heures après; Paulet et Rufz ont vu des chevaux piqués à la tête succomber en vingt-deux heures ; Guyon, qui à fait des expériences sur les bœufs, les chevaux, les porcs, les chiens, les oiseaux et les reptiles, a conclu que le venin du Bothrops lancéolé est mortel pour tous les animaux. »

Captivité. — Le Fer-de-Lance, lorsqu'il est convenablement soigné, qu’on lui donne de la chaleur et une nourriture assez abondante, peut vivre longtemps en captivité; on le voit même grossir assez rapidement.

D'après ce que nous avons pu observer sur des animaux de la ménagerie des Reptiles du Muséum d'histoire naturelle de Paris, le Bothrops lancéolé se tient habituellement pendant le jour enroulé sur une souche qui se trouve dans sa cage, ou mieux encore sous cette souche, plongé dès lors dans une demi obscurité. L'animal est toujours sur la défensive et au moindre bruit que l'on fait, surtout lorsqu'on s'approche un peu brusquement de lui; il est alors lové, la lèle haute, tout prêt à frapper ; lorsque l’animal s’élance, il se débande brusquement comme un ressort, ne perdant pas le sol; la queue reste appuyée et

sert de point d'appui et de retour; le Serpent sereloveavecunerapidité extrêmement grande :

on cherche vainement à le tourner, car il ne perd aucun des mouvements de l'observateur et lui présente toujours ses redoutables crochets.

Lorsqu'il s'élance sur une proie ou contre l'homme, le Fer-de-Lance renverse sa tête en arrière, ouvre largement la gueule, les crochets redressés; il enfonce ses crochets venimeux comme s’il frappait avec un marteau et se retire vivement; lorsqu'il est très excité, il lui arrive de revenir sur lui-même et de frapper de nouveau.

La nourriture se compose de souris, de rats blancs, d'oiseaux.

Le Fer-de-Lance ne s’apprivoise nullement; après plusieurs années de captivité, il est encore aussi féroce que le premier jour. C'est toujours un animal très dangereux, à cause de la rapidité vraiment incroyable avec laquelle il se lance pour mordre.

LE JARARACA,. — BOTHROPS BRASILIENSIS.

Schrarata.

Caractères. — Le Jararaca, Jararacussa ou Vipère brésilienne (Bothrops jararaca, brasiliensis, ambiquus, megæra, turia, leucostigma) arrive à la taille de 1,80 centimètres. La tête est large, triangulaire, nettement détachée du cou; elle se rétrécit un peu au-devant des yeux; le museau est comme tronqué. Le tronc est élancé; le dos se relève en légère carène; la queue est courte, non préhensile, mince et appointie à l'extrémité. On voit sur le museau une ligne saillante peu marquée, ne se prolongeant pas jusqu’à l’orbite; les écailles qui revêtent la partie antérieure du vertex sont beaucoup plus grandes que celles qui les suivent. Les plaques qui couvrent le dessous de la queue sont disposées suivant deux séries. Le nombre des séries longitudinales du tronc s’élève à 27.

Celle espèce varie beaucoup pour la coloration, aussi a-t-elle été décrite sous différents noms. D'après de Neuwied, le Jararaca a la tête d’un brun gris, rayé et ponctué de sombre dans la région frontale; le dos est coloré en gris brunâtre uniforme, un peu bleuâtre ; orné de chaque côté de grandes taches triangulaires d’un gris sombre ou d’un brun noirâtre, ces taches s'élargissent vers le ventre et se rétrécissent vers le dos ; elles sont en partie réu-

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