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Fig. 381. — La Rainette verte (grand. nat.). Type de Batracien Anoure,
tion de grimper diffère totalement de ce que l’on voit chez tous les autres Vertébrés; elle consiste en une série de sauts plus ou moins rapprochés.
Tandis qu’un petit nombre de Reptiles possèdent une voix proprement dile, les Batraciens anoures, par exemple, peuvent émettre des sons parfois très sonores et ayant une modulation quasi-musicale ; chaque espèce, on peut le dire, a son chant parliculier et très distinct. Pendant la nuit, le chant de ces animaux se fait entendre dans la forêt vierge et couvre parfois tous les autres bruits, tellement il est strident. Ce sont essentiellement les Anoures adultes qui sont à ce point bruyants; à l’état de Tétards, ils sont complètement silencieux. Les Apodes n’ont pas de voix et parmi les Urodèles quelques-uns seulement font entendre de faibles bruits.
On peut dire des Batraciens que ce sont des animaux essentiellement nocturnes ou tout au moins crépusculaires. Le fail est certain pour les Apodes que l’on peut observer dans les ménageries et qui ne sortent de terre que pendant la nuit. Les Urodèles et les Anoures se cachent souvent pendant le jour, surtout au moment de la grande chaleur; d’autres, au contraire, se chauffent au soleil, plongés dans un demi-sommeil ; ils n’en sont pas moins toujours sur leurs gardes et se dérobent au moindre danger.
Les Batraciens sont essentiellement carnassiers, mais la proie qu'ils poursuivent varie ayec l’âge. D’après les recherches de Leydig, les larves se nourrissent, pendant les premiers temps, d’ani-
tuaux de toute sorte, ingurgitent de la vase, dès lors des Infusoires, des Rotifères, des Diatomées. Les larves peuvent, du reste, se nourrir pendant assez longtemps de substances végélales; mais au moment de leur métamorphose, il leur faut essentiellement des aliments tirés du règne animal. La métamorphose accomplie, tous les Batraciens se précipitent sur les proies vivantes à leur portée, depuis les plus petits vers de terre et les insectes jusqu'à des Vertébrés d’une certaine taille.
L'époque de la ponte varie beaucoup suivant les animaux, même chez des espèces fort voisines; c’est ainsi, par exemple, que dans le nord de la France, on trouve le frai de la Grenouille rousse dans des fossés dont la surface est encore en partie glacée, tandis que la Grenouille verte ne pond guère que cinq ou six semaines après; le Crapaud commun pond généralement au mois d'avril, le Crapaud calamite frayant plus lard. Après la ponte les Batraciens anoures quittent l’eau; les Batraciens urodèles perdent leur parure de noce el revêtent bientôt une livrée terne, toute spéciale, dite livrée de terre.
Le développement est lent chez les Batraciens. Les Grenouilles ne sont adultes que vers l'âge de cinq ans, et ce n’est souvent que vers dix ans qu’elles cessent de grandir ; la Salamandre géante du Japon n’atteindrait sa taille que vers trente ans:
Vitalité. — La vitalité chez les Batraciens dépasse ce que l’on voit chez tous les autres Vertébrés ; ils peuvent continuer à vivre pendant fort
VENIN DES BATRACIENS
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Fig. 382. — La Salamandre tachetée (grand. nat.). Type de Batracien Urodèle.
longtemps après qu’on leur a retranché des organes importants, et reproduire les parties de leur corps qu’ils ont perdues.
Chez quelques Reptiles, tels que les Lézards et les Geckos, la queue, par exemple, peut repousser, mais elle est bien différente de la queue primitive en ce qu'elle n’a pas de vertèbres. Chez beaucoup de Batraciens, au contraire, les membres mutilés se reproduisent avec de nouveaux os et de nouvelles articulations, à condition toutefois, comme l'ont montré les expériences de Philippeaux, quel’on n’enlève pas le segment supérieur du membre. Des lésions auxquelles succomberaient certainement les autres Vertébrés paraissent à peine incommoder les Batraciens. Chez certains d’entre eux, on peut cou-
per la tête, enlever une partie de la colonne vertébrale, sans que l'animal périsse de suite; bien plus, le cœur d’un Crapaud et d'une Grenouille, détaché de la cavité thoracique, continue à battre pendantlongtemps, pourvu qu'il soit maintenu dans un lieu suffisamment humide.
Facultés psychiques. — La vie étant chez les Batraciens généralement peu active, leurs facullés psychiques doivent être presque nulles. Certains Batraciens cependant se laissent apprivoiser, jusqu'à un certain point.
Quelques Anoures donnent des soins tout parti- | culiers à leur progéniture; tel est, entre aulres, | l'Alyte.
VENIN DES BATRACIENS
Tous les anciens naturalisles, d'accord en cela avec les préjugés populaires, regardaient les Batraciens, les Crapauds et la Salamandre terrestre snrtout, comme des animaux des plus dangereux et pensaient que leur venin était un terrible poison. Cette opinion est évidemment exagérée ; loin d’être inoffensifs cependant, la plupart des Batraciens sont pourvus de glandes qui donnent un liquide qui, véritable venin, n’est pas sans sérieuse influence sur les animaux, sur ceux de faible taille principalement. L'action de ce venin élant presque identique, qu’il provienne de la Salamandre, des Tritons, du Crapaud, il nous semble préférable de faire ici une étude d'ensemble.
Des pores qui criblent les téguments, des glandes parolides surtout, s'écoule, lorsque l’on irrite l'animal, un liquide visqueux et blanchâtre, d’odeur
BREuM. — V.
nauséeuse, qui produit ses effets toxiques, tout aussi bien lorsqu'il est absorbé par les voies digestives que lorsqu'il pénètre directement dans le sang par le torrent circulatoire.
Nous devons ajouter à ce sujet que beaucoup d'animaux paraissent cependant être absolument réfractaires à l’action du poison lorsqu'il est absorbé par l'estomac. C’est ainsi que l’on voit, à la ménagerie des Reptiles du Muséum de Paris, la Couleuvre à collier, le Sauvegarde, la grande Salamandre du Japon avaler avec une égale indifférence des Grenouilles ou des Crapauds couverts de bave. Ce n’est pas à dire pour cela que tous les | animaux à sang froid soient insensibles à l’action du venin, ainsi que nous le verrons plus loin.
Gratiolet et Cloëz, et après eux Vulpian, ont montré que le liquide contenu dans les pustules
LES BATRACIENS
cutanées du Crapaud et de la Salamandre terrestre constitue un subtil venin qui peut rapidement tuer des animaux d'assez grande taille. Nous ne pouvons mieux donner une idée de la rapidité avec laquelle agit le venin qu'en citant en son entier une expérience faite par Vulpian et analysée dans les comptes rendus de la Société de Biologie pour 1854.
« Chez un Chien à qui l’on fait une plaie à la face interne de la cuisse droite, on introduit sous la peau le venin retiré des deux groupes pustuleux parotidiens du Crapaud commun. Le Chien est mis dars une chambre où on lui laisse une liberté complète. Pendant dix minutes à peu près, il paraît éprouver une douleur assez vive dans le membre postérieur droit ; il le tient levé quand il marche et pousse à chaque moment des cris plaintifs. Il semble agité et ne peut rester en place. Au bout de ces dix minutes, il se calme un peu et se couche dans un coin; mais bientôt aiguillonné par uue nouvelle douleur, il jette quelques cris, se relève brusquement et va se coucher ailleurs pendant deux ou trois minutes. Une demi-heure après le commencement de l'expérience, le Chien est pris de vomituritions, puis de véritables vomissements; après des efforts considérables, il rejette des mucosités spumeuses très abondantes: il vomit ainsi une dizaine de fois en vingt minutes ; puis les vomissemenlis deviennent plus fréquents et sont précédés d'efforts encore plus violents et qui paraissent très douloureux. Une heure environ après l’introduction du venin sous la peau, le Chien commence à chanceler sur ses pattes comme s’il était ivre; il fait quelques pas, tombe sur le flanc, étend convulsivement ses pattes, allonge le cou, hurle deux ou trois fois et meurt aussitôt. »
Chez les Cochons d'Inde, Vulpian a observé des convulsions plus ou moins fortes revenant d’abord par accès, puis continues; l’animal pousse comme des cris de terreur et tout le corps, la tête surtout, est agité de mouvements spasmodiques.
En résumé, ainsi que le dit Vulpian, « les phénomènes observés chez les Chiens et chez les Cochons d’Inde présentent plusieurs périodes : 1° une période d’excitation ; ment; 3° une période pendant laquelle se manifestent les vomissements ou les efforts de vomissements; 4° chez les Cochons d'Inde une période assez longue caractérisée par des convulsions et se terminant par la mort. Chez les Chiens il n’y a pas de convulsions et par conséquent cette période manque, mais la mort est précédée d’une espèce d'ivresse qui dure environ deux minutes.
L'action est sensiblement la même chez les oiseaux, ainsi qu'il résulte des expériences faites par E. Sauvage. « Que l’on introduise, ainsi que nous l’avons fait, le venin recueilli soit sur les glandes parotides, soit le long de la queue d’une Salamandre terrestre, que l’on introduise, disons-
2° une période d’affaisse-
nous, ce venin dans une pelite plaie faite sous l'aile d’un Moineau, on observera que l'animal paraît comme inquiet au bout de quelques minutes. Il ne voltige plus avec autant de facilité et, loin de sautiller d’un juchoir à l’autre, il reste presque immobile et va bientôt se blottir dans le fond de Sa Cage. Son regard devient vague, et bien que percevant parfaitement les impressions lumineuses, bien que fermant instinctivement l'œil à l'approche d’un corps étranger, il semble être indifférent à ce qui l'entoure. Des piaulements de douleur ne tardent pas à se faire entendre; un sentiment de véritable terreur s'empare du malheureux oiseau; les plumes de la tête se hérissent par instant; d’inutiles efforts de vomissement ont lieu et le bec se remplit d’une écume souvent sanguinolente. Un calme relatif s'établit et l'animal cherche à fuir comme un prochain danger, mais c’est en vain, les mouvements sont déjà désordonnés et cela par la paralysie partielle de l’un des eôtés du corps, de telle sorte que le vol ou le saut sont des plus incertains; la paralysie s’accentue et l'oiseau s’affaisse sur lui-même, les pattes à demi repliées, le ventre traînant à terre, le corps penché tantôt du côté droit, tantôt du côté gauche ; des cris plaintifs se font entendre de temps en temps. Puis la période de convulsions arrive; l'animal tombe et se met à tourner sur lui-même, en poussant de fréquents et douloureux piaulements ; toutes les plumes se hérissent, la respiration est des plus difficiles, l'anxiété est extrême, le bec s’entr'ouvre comme si l’animal voulait réagir contre l'asphyxie qui le tue, les deux branches du bec claquent l’une contre l’autre. Le coma arrive, l'œil devient hagard et l'animal meurt dans une dernière convulsion. La mort peut arriver parfois bien lentement et nous avons vu des moïneaux ne périr que plus de six heures après l’inoculation du venin,; les phénomènes d’empoisonnement ne revenaient que par intervalle, l'animal se remettant presque complètement pendant un certain temps, puis étant brusquement repris des phénomènes toxiques ; nous avons également observé que des oiseaux chez lesquels ces phénomènes s'étaient manifestés avec une extrême violence se remeltaient complètement, tandis que d’autres, légèrement atteints, mouraient brusquement quelques heures après la disparition des effets du venin (1). »
Si l’on introduit du venin de Salamandre ou de Crapaud sous la peau d’une Grenouille, l’on constate au bout de quelques instants que la respiration devient anxieuse; il se produit des spasmes, surtout lorsque l’on touche la tête ou le dos de l’animal; les muscles se contractent convulsivement ; la bête est prise souvent d’une sorte de danse folle; puis les membres se raidissent et elle meurt dans un véritable accès de tétanos.
(1) H. E. Sauvage, Zes Batraciens de France; le venin (La: Nature, 4 octobre 1879),
VENIN DES BATRACIENS
Tous ceux qui ont récolté des Batraciens savent ,
combien est active l’action du venin du Crapaud sur les Grenouilles; si l’on place, en effet, dans un même sac des Crapauds et des Grenouilles, on constate qu’au bout de peu de temps toutes ces dernières sont mortes, empoisonnées par l'absorption du venin des Crapauds.
Ce venin agit, avons-nous déjà dit, sur les voies digestives. Latasle rapporte qu'ayant fait mordre une seule fois la parotide d’un Crapaud à un Lézard vert fort vivace, l'animal fut pris à la septième minute après la blessure de mouvements épileptiformes et qu’à la neuvième il expira. Suivant Vulpian, si l’on fait mordre un Crapaud par un Chien, il le lâche aussitôt avec dégoût, se met à tousser en secouant la tête, et la gueule se remplit de salive écumeuse qu'il essaye de rejeter ; quelques instants après commencent des efforts de vomissements. Vulpian est parvenu à tuer les Grenouilles en leur faisant absorber par l’estomac du venin de Crapaud ou de Salamandre.
Le venin des Tritons est laiteux, assez épais ;'au contact de l'air, il devient rapidement visqueux; il exhale une odeur forte, pénétrante, vireuse, désagréable. Ce venin agit avec énergie, ainsi que le prouve l'expérience suivante que nous choisissons, parmi celles que Vulpian a relatées dans un second mémoire communiqué en 1856 à la Société de biologie.
« A neuf heures du matin, dit-il, on fait une incision à la région supérieure du cou chez un Chien de forte aille. ; dans cette plaie on verse le venin retiré de quatre Tritons, après l'avoir délayé dans l’eau...; au moment de l'introduction du venin, douleur manifeste qui s’apaise bientôt ; mais au bout de quelques minutes, le Chien pousse des cris tout particuliers, hurlements modulés qui parais-
sent accuser une vive souffrance. Les hurlements |
durent pendant plus d’un quart d'heure. A neuf heures un quart, le Chien est couché sur le ventre, il est fort agité, fait à chaque moment des efforts pour se relever, puis retombe dans la même position; il n’a plus la force de se tenir sur ses quatre membres. 11 pousse encore de temps en temps des cris. La respiralion est très lente. A onze heures moins le quart, il est couché sur le flanc ; sa respiration est très lente; il ne crie plus depuis longtemps ; il est presque insensible ; je lui marche sur une patte, la patte se retire comme par action réflexe sans que le reste du corps se meuve. Résolulion complète. IL n’y a d'ailleurs eu aucun mouvement convulsif, à moins cependant que l'on ne comprenne sous ce nom quelques tiraillements dans les membres au début de l'empoisonnement. À midi moins le quart, il meurt dans le même endroit et dans la même position où je l'avais laissé une heure auparavant. »
Chez les Cochons d'Inde, d’après Vulpian, l'effet
du venin se manifeste par quelques convulsions, un pressant besoin de changer de place, quelques grincements de dents; la respiration est pénible. L'animal se refroidit et les battements du cœur s’affaiblissent peu à peu.
L'on constate chez les Grenouilles que la respiration est moins fréquente, la faiblesse grande ; on trouve à l’autopsie que l'irritabilité musculaire est complètement anéantie sur le cœur et qu’elle se détruit très rapidement dansles muscles des membres.
Vulpian conclut de ses expériences que le venin de Triton, moins énergique que celui du Crapaud, a, Comme celui-ci, une action très puissante sur le cœur dont il arrête les mouvements ; « l'arrêt du cœur a pour cause l’affaissement de l’irritabilité musculaire de ses parois. Le venin de Triton a même une influence plus prononcée que celui du Crapaud sur l'irritabilité des parois cardiaques ; il l'abolit complètement ou presque complètement.
« D’autres différencestrès tranchées distinguent le venin du Triton de celui du Crapaud. Celui-ci produit exactement une période d’excilation, souvent des convulsions, et dans tous les cas, des efforts de vomissement ou de véritables vomissements. Le venin de Triton semble plutôt stupéfiant qu’excitant; il ne détermine ni nausées, ni vomissements. » Le venin de la Salamandre terrestre est un poison convulsif très énergique et les phénomenes qu'il détermine indiquent qu'il a une action spéciale sur la moelle épinière, tandis que dans l'empoisonnement par le venin de Crapaud et de Triton les troubles du côté du cœur sont surtout les phénomènes prédominants.
Les diverses espèces dont nous avons parlé peuvent s’empoisonner l’une l’autre ; le venin de Crapaud empoisonne les Tritons, tandis que le venin de Triton tue les Crapauds; le venin de la Salamandre terrestre, les Crapauds et les Tritons. Contrairement à l'opinion préalablement admise, Claude Bernard a prouvé que ces animaux pouvaient être empoisonnés par leur propre venin; il en faut toutefois une quantité beaucoup plus considérable pour les tuer que pour faire périr une autre espèce.
Nous connaissons à peine l’action du venin chez les Batraciens exotiques, mais à en juger parlagrandeur de certains de ces animaux, par les dimensions qu’atteignentles parolides chez le Crapaud à oreilles noires ou le Crapaud agna, par exemple, cette action doit être des plus aclives, si on en juge par les Batraciens de faible taille de nos pays. On a cru pendant longtemps que le venin de Crapauds entrait pour une large part dans la composition du terrible poison amazonien, le curare. Il n’en est rien ; l'on sait, par les récentes observations faites par le docteur Jobert, lors de son voyage au Brésil, que le curare est composé du suc de certaines plantes, de pipéracées et de strychnées.
LES BATRACIENS
Le nombre des Batraciens actuellement connus s'élève à environ 900 espèces, soit 760 Anoures, 107 Urodèles, 33 Apodes.
Lorsque l'on étudie la répartition géographique de ces animaux, on peut admettre deux zones, une zone nord, caractérisée par l’abondance des Anoures et l'absence des Apodes, une zone sud-équatoriale, caractérisée par la présence des Apodes et l'absence des Urodèles.
Ces deux zones peuvent être subdivisées en un certain nombre de régions, ainsi qu'il ressort des recherches de Boulenger que nous allons rapidement analyser (1).
La région européo-asiatique ou paléarctique est limitée au sud-ouest par le Sahara; l'Égypte présente un intéressant mélange de formes propres à cette région et à la région africaine. La Syrie, le nord-est de la Perse appartiennent à la région paléarctique. Le 30° degré de latitude nord peut êlre considéré comme la ligne de séparation entre cette région et les régions africaine et indienne.
Dans la région paléarctique, Boulenger admet deux sous-régions, la région européenne et la région asiatique, séparées par l’Oural et les steppes aralo-caspiennes.
La sous-région européenne est caractérisée par la présence des Pélobatidées, des Discoglossidées parmi les Anoures, des Protéidées parmi les Urodèles. Dans la sous-région asiatique se trouvent plusieurs espèces d'Europe, telles que le Crapaud commun, la Rainette, la Grenouille rousse ; plusieurs Urodèles appartiennent à des genres particuliers ; 94 espèces sont spéciales à l’Europe, 20 à Asie ; 7 sont communes aux deux continents.
Il est difficile de tracer une ligne de démarcation entre la région nord-américaine et la région tropicale-américaine; une large bande, s'étendant du Rio Grande del Norte à l’isthme de Téhuantépec, possède, en effet, une faune nord-américaine sur
ses plateaux élevés, tandis que la faune esttropicale |
dans les basses-terres, de telle sorte qu'à la limite il y a mélange absolu entre les deux faunes.
La région nord-américaine peut se caractériser
par la grande abondance des Urodèles et la famille
des Sirénidées et des Amphiumidées. Parmi les
Anoures, les Rainettes sont nombreuses.
Boulenger admet deux grandes divisions dans la
zone sud-équatoriale. Dans la première division, | | toute l'Amérique du Sud, de l'Amérique centrale et
qui comprend le sud de l'Afrique, les Batraciens anoures ont presque tous les os de l’épaule ou des coracoïdiens réunis par un simple cartilage épicoracoïdien; ces Firmisternia prédominent à ce
(1) Catalogue of the Batrachia gradientia and Batrachia upoda in the collection of the British Museum, 1882.
point qu'ils comprennent 200 espèces sur 300.
La région africaine comprend tout le continent africain, à l'exception du nord qui fait partie de la zone circumméditerranéenne, le sud de l'Arabie, Madagascar, les Seychelles, le groupe des îles Mascareignes. À Madagascar on constate un singulier mélange de formes africaines, indiennes et américaines tropicales ; la faune de cette île est du reste tout à fait étrange et sa composition est absolument inexplicable aujourd'hui. Madagascar et le continent australien sont les deux seules parties du monde où manquent absolument les Urodèles,; mais tandis que les Anoures ont tous les os coracoïdiens réunis par un simple cartilage à Madagascar, en Australie tous les Batraciens sans exception ont des os soutenus par une pièce spéciale, l’épicoracoïde.
Ainsi que nous l’avons dit, le 30e degré de latitude nord limite, en Asie, la région indienne; la limite ouest est le golfe Persique, la limite est les Moluques et Banka ; en ce point la faune passe à celle de l’Australie. Par ses traits généraux, cette région ressemble à l'Afrique tropicale, mais se distingue davantage de la faune australienne. Aucune famille n'est particulière à la région, dans laquelle nous trouvons des Apodes, de même qu’en Afrique.
Nous avons signalé dans la région australienne le remplacement des Anoures appartenant à la section Firmisternia par les Arcifera. Les Apodes et
| le genre Crapaud, pour les Anoures, font défaut en
Australie.
Boulenger partage la région australienne, qui comprend, .outre l'Australie, la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Guinée, et les îles du Pacifique, en trois sous-régions, la région austromalaise, avec la Nouvelle-Guinée, les îles environnantes, le cap York et les îles du Pacifique; la sous-région australienne proprement dite renfermant le continant australien et la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande compose la troisième sousrégion.
La première sous-division présente, ainsi qu'on devait s'y attendre, des mélanges avec la région indienne. Les Batraciens sont rares dans les îles du Pacifique; on n’en a pas encore signalé à la Nouvelle-Calédonie.
La région lropicale américaine se compose de
des îles de la mer des Antilles. C’est dans cette région que les Batraciens présentent leur maximum de développement ; ces animaux y pullulent à ce point, qu'on y trouve environ les quatre neuvièmes de la totalité des Bratraciens actuellement connus. Les Batraciens anoures de la section