CLASSIFICATION DES BATRACIENS
Fig. 383. — Cécilie lubricoïde (grand. nat.). Type de Batracien Apode
Arcifera sont en majorité, 24 sur 37. On doit signaler la présence des genres Pipa et Hémiphracte ; les familles des Dendrophryniscidées, des Amphignathodontidées sont spéciales à la région, dans laquelle abondent également les Bufonidées et les Engystomatidées. Les Urodèles sont en fort petit nombre et quelques Spélerpes seulement habitent les hautes régions de l'Amérique centrale. Les Apodes sont représentés par 21 espèces comprises dans 6 genres dont 5 sont spéciaux à la région.
En résumé, nous pouvons dire avec Boulenger que la région tropicale américaine renferme 375
CLASSIFICATION
Lorsque l’on voit l’ensemble des Batraciens, on distingue chez ces animaux trois formes très distinctes correspondant à des mœurs et à des habitats complètement différents. Les uns, les plus élevés de lous dans la série, sont, à l’état adulte, dépourvus de queue ; la progression se fait principalement par le saut, et ces animaux ne vont généralement à l'eau qu'au moment de la ponte; tels sont les Anoures (fig. 381), parmi lesquels nous citerons la Grenouille, la Rainette, le Crapaud. D’autres ne subissent que des métamorphoses beaucoup moins complètes ; ils sont essentiellement conformés pour une vie aquatique, aussi conservent-ils leur queue à toutes les périodes de leur existence; ce sont les Urodèles (fig. 382), comme la Salamandre terrestre,
espèces contenues dans 58 genres, dont 48 particuliers à la région. Dans la région indienne on trouve 168 espèces, avec 28 genres, dont 19 sont spéciaux. La région africaine, sur 26 genres contenant 141 espèces, en a fourni 19 de particuliers. Nous notons 108 espèces et 23 genres dans la région nord-américaine, avec 14 cantonnés dans cette zone. On connaît 75 espèces dans la région australienne, et 17 genres sur 23 sont particuliers. La région européo-asiatique est celle qui a fourni le moins de Batraciens, 60 espèces; 22 genres sur 114 sont cantonnés dans cette région.
DES BATRACIENS
le Triton ou Salamandre d’eau, l’Axolotl. Les plus inférieurs de tous, enfin, par certains traits de leur organisation interne, se rapprochent des Poissons ; les métamorphoses sont chez eux peu importantes: cesanimaux sont surtout conformés pour vivre sous la surface du sol, à la manière des vers de terre, aussi leur corps est-ilallongé, vermiforme, dépourvu de membres; ces animaux forment l'ordre des Apodes ou Péroméles (fig. 383); nous mentionnerons les Cécilies, les Siphonops, les Épicrium; les Péromèles ressemblent si peu à des Batraciens, ce mot élant pris dans le sens qu’on lui donne ordinairement, qu'il a fallu d’habiles recherches anatomiques pour les réunir aux autres animaux qui composent la classe à laquelle ils appartiennent réellement,
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LES
ANOURES — ANOURA
Frôschlurche.
Caractères. — Les Anoures, sans contredit les plus élevés des Batraciens par leurorganisation, ont tous le tronc large, court, déprimé, comme ironqué en arrière,laqueue manquant constamment chez l'animal arrivé à l’état parfait; les membres sont au nombre de deux paires, les postérieurs étant constamment plus développés que les antérieurs. La peau est nue. L'orifice du cloaque est terminal et de forme arrondie.
Nous nous étendrons peu sur les détails de l’organisation des Anoures et ne mentionnerons que les particularités qui les distinguent de tous les autres Batraciens ; nous avons, en effet, donné leurs caractères généraux dans les pages qui servent d'introduction à l’histoire de ces animaux.
Squelette. — Tout chez les Anoures, et les Grenouilles en sont un exemple, est disposé pour le saut ou pour la natation, aussi le squelette présente-t-il chez ces animaux une disposition toute spéciale (fig. 384 à 386). La colonne vertébrale, remarquablement courte, se compose seulement de 9 vertèbres, savoir, une cervicale, 7 dorsales et une sacrée (fig. 383). Chez letétard les vertèbres ont leurs deux faces concaves,comme chez les Poissons; chez l'adulte, les vertèbres sont presque toujours procéliennes, c'est-à-dire qu’elles sont concaves en avant et convexes en arrière. Les Mégalophrys, les Hémiphractes, les divers genres qui rentrent dans le groupe des Aglosses et dans la famille des Discoglossidées ont cependant les vertèbres opisthocéliennes ou à cavité articulaire tournée en arrière.
La dernière vertèbre a de larges et grandes apophysestransversesauxquellesse suspendent les os des iles, et, en arrière, deux tubercules qui s’articulent avec les deux faceltes d’un os
conique et allongé qui a été regardé comme une seconde vertèbre sacrée ou comme un coccyx; cet os, ou urostyle, qui correspond à la soudure d’un certain nombre de vertèbres, se termine en une pointe carlilagineuse; il présente le long de sa face dorsale une crête dans la base de laquelle s'engage le canal vertébral. Par exception, les Bréviceps ont cet os soudé au sacrum. C
Les côtes manquent en général, par contre les apophyses transverses des vertèbres dorsales sont très longues. Les apophyses des vertèbres sacrées sont tantôt cylindriques, comme chez les Grenouilles, tantôt dilatées, ainsi qu’on le voit chez les Rainettes, les Crapauds
La tête osseuse des Anoures est remarquable par son aplatissement, sa largeur et la dispersion au pourtour du crâne, et à une assez grande distance, des os qui composent la mâchoire supérieure et de ceux auxquels est suspendue la mâchoire inférieure. Le cartilage primitif n’est pas entièrement envahi, en effet, par l'ossification, de telle sorte qu’il reste de larges vides non comblés. Le crâne proprement dit consiste en une partie axiale, contenant le cerveau et continuant la colonne vertébrale; il est complété en avant par les capsules olfactives et en arrière par les capsules auditives; les mâchoires et l'appareil hyoïdien lui sont suspendus; cet appareil hyoïdien est réduit, si on le compare à celui des Urodèles.
L'arc mandibulaire se compose de deuxlongs os réunis par un cartilage à leur partie médiane
| et dépourvus de dents chez tous les Anoures,
à l'exception de l'Hémiphracte, des Gératohyles,
de l’'Amphodus, animaux qui habitent les par-
ties les plus chaudes de l'Amérique du Sud.
Les membres, d'abord cartilagineux, sont peu
552 LES ANOURES.
AN $ D'ENPNES Fig. 385. Squelette de Grenouille; face dorsale. | Fig. 386. — Squelette de Grenouille; face ventrale. à peu remplacés par des os cartilagineux; les os L’arc pectoral consiste en un demi-cercle
développés en dehors des cartilages sont rares. | qui s'attache en haut à la colonne vertébrale
LES ANOURES.
par des muscles et par des ligaments et qui, en bas, se réunit au sternum; cet arc présente une cavité pour l'articulation du bras; ce qui est au-dessus de cette cavité est la portion scapulaire, ce qui se trouve en dessous est la portion coracoïdienne. La partie scapulaire se compose de deux os, le suprascapulaire et le scapulaire ; la partie coracoïdienne se décompose elle-même en deux, une antérieure constituée par le précoracoïde et la clavicule, une postérieure formée par le coracoïde; entre ces deux os se trouve une large ouverture (fig. 387).
L’humérus est robuste, plus tordu chez les Crapauds que chez les Grenouilles. L’avantbras se compose d’un os unique, fusion du radius et du cubitus, élargi àsa partie inférieure où se voit la séparation entre les deux os. Le carpe consiste en six os disposés suivant deux rangées. 11 existe quatre doigts à la main, et une saillie osseuse qui représente le pouce.
Le bassin présente une forme des plus singulières : il se compose d’un disque vertical formé de la réunion du pubis et des ischions, le pubis n'étant représenté quepar un cartilage; ce disque se bifurque pour s’unir avec les os des iles qui, sous forme de deux longues lames osseuses, vont s'appuyer sur la partie dilatée que présente le sacrum.
Le fémur est un os cylindrique, plus long chez les animaux sauteurs, comme la Grenouille, que chez les animaux coureurs tels que le Crapaud, le Pélobate, le Sonneur. La jambe se compose de la soudure du tibia et du péroné; cet os unique est creusé d’un double canal médullaire.
A cet os font suite deux os grêles, allongés, soudésensemble parleur extrémité, etlaissant entre eux un large espace vide. Le tarse ne
consiste, outre ces deux os qui sont l’satragale |
et le calcanéum, qu’en deux petits os auxquels font suite cinq métatarsiens allongés.
Muscles et mobilité. — Les muscles chez les Anoures sont si nombreux (Dugès n’en compte pas moins de 221 chez la Grenouille) que nous ne pourrons même pas les énumérer etque nous nous contenterons de renvoyer à l'examen des figures 388 et 389. Nous dirons que la colonne vertébrale, ou l'axe auquel aboutissent tous les mouvements, est à peine flexible, que la tête et le petit nombre de vertèbres qui lui font suite sont tellement unis que par suite de la brièveté du tronc, tous les mouvements imprimés au corps, soit dans le saut, soit dansle nager, se reportentenentiersur cette
colonne pour ainsi dire rigide etne sont pas dé- |
Breum. — V.
composés dans leur transmission directe. Ainsi que le fait remarquer Duméril, c'est surtout par la mobilité des os des hanches et par l’adossement si particulier de leurs cavités de réception, transportées sur la ligne médiane, que sont favorisés les mouvements produits par les muscles des pattes postérieures, dont le développement est si grand.
La disposition du bassin permet de comprendre comment les muscles qui proviennent de la colonne vertébrale, et même des parois du ventre, agissent sur ce levier pour porter son action en avant. Lorsqu'une Grenouille, par exemple, veut sauter, son corps est accroupi de telle sorte que par derrière les cuisses, qui sont fort longues, dépassent à peine
Fig. 387. — Épaule et arc sternal de Grenouille (*).
le tronc et sont repliées, tandis que les membres antérieurs, bien plus courts, sont soulevés. Les diverses articulations du bassin, de la cuisse, de la jambe et du tarse, forment alors quatre leviers qui, en se débandant tous à la fois, viennent porter tous leurs efforts sur les
| doigts de la patte qui, trouvant sur le sol une
résistance suffisante, reportent presque tout l'effort imprimé sur le corps qui est projeté brusquement en avant.
Le nager de la Grenouille se produit suivant le même mécanisme; il résulte d’une série de
| sauts horizontaux, le corps étant soutenu par
l’eau.
Certains Anoures peuvent s'élancer à une distance relativement considérable; c’est ainsi
(*) Se, scapulum ; Ssc, supra-scapulum; pse, processus préscapulaire ; er, coracoïdien ; ecr, épicoracoïdien; €r/, fontanelle coracoïdienne; os{, omosternum ; s/, sternum; æst, xiphisternum. Le supra-scapulaire gauche est enlevé (d'après Huxley).
Rerrizes. — 70
554 LES ANOURES.
FAVCL-
Fig. 388. — Appareil musculaire de la Grenouille; face dorsale (*).
que Kuff affirme qu’une Hyla d'Australie, ou Litorcia, que ce naturaliste nomme à cause de ce fait le Kangourou des Batraciens, peut
(*) 1, droit supérieur; ?, temporal ; 3, releyeur du bulbe oculaire ; 4, sous-épineux ; 5, trapèze (angulaire de Cuvier); 6, dépresseur de la mâchoire inférieure; 7, deltoide ; 5, triceps; 9, extenseur de l’avant-bras; 10, extenseur commun des doigts; 11, huméro-radial ; 12, grand dorsal; 13, grand oblique; 14, long du dos; 15, petit oblique; 16, sacro-coccygien; 17, iléo-coccygien ; 18, faisceau cutané ; 19, grand fessier ; 20, triceps; 21, biceps ; 22, demimembraneux; 23, psoas etiliaque ; 24, biceps; 25, demitendineux; 26, gastro-cnémien; 27, péronier; 28, tibial antérieur; 29, court extenseur de la jambe; 30, tibial postérieur; 31, fléchisseur antérieur du tarse; 32, long extenseur du 5° doigt; 54, long fléchisseur des doigts; 35, long adducteur du 1* doigt; 37, transverse plantaire.
ANT LES up
Fig. 389. — Appareil musculaire de la Grenouille. face ventrale (*).
sauter à hauteur d'homme. On ne peutse faire une idée, si on ne l’a vu, de la distance à laquelle s’élance notre petite Rainette d’arbre.
(*) 1, mylo-hyoïdien; 2, 3, 4, deltoïde; 5, triceps; 6, huméro-radial ; 1, fléchisseur radial du carpe; 8, fléchisseur des doigts ; 9, sterno-radial ; 10, portion sternale du grand pectoral ; 11, portion abdominale du grand pectoral; 12, grand oblique; 13, coraco-huméral; 14; grand droit de l'abdomen ; 15, grand oblique ; 16, vaste interne; 17, grand adducteur ; 18, long adducteur; 19, couturier; 20, droit interne; 21, court adducteur; 22, pectiné; 23, grand adducteur; 24, demi-tendineux; 25, extenseur de la jambe; 26, tibial antérieur; 27, gastro-cnémien; 28, extenseur de la jambe; 29, tibial postérieur; 30, péronier ; 31, fléchisseur postérieur du tarse ; 32, long extenseur du 5e doigt ; 33, extenseur du tarse ; 34, long adducteur du 1er doigt.
LES ANOURES.
Grâce aux membranes extrêmement développéesqui garnissent leurs pattes, certains Rhacophores volent pour ainsi dire de branche en branche.
Système nerreuxetorganes des sens.— Nous n'avons rien à ajouter pour le système nerveux central à ce que nous avons dit plus haut.
Le système sympathique consiste en un cordon situé de chaque côté de la colonne vertébrale et recoit des branches des sept premières paires spirales; en ce point se trouve un gonflement ganglionnaire.
La peau, qui est nue et richement parcourue par des nerfs et des vaisseaux, joue un rôle des plus importants concurremment avec les poumons dans les phénomènes dela respiration, de telle sorte que les Anoures ont absolument besoin d'entretenir leur corps constamment humide, et cela sous peine de mort assezrapide. La peau absorbe l'humidité et la rejette sans cesse par la perspiration.
Townson, à la suite de nombreuses expériences, a, le premier, bien établi le fait. Une Grenouille maintenue dans un espace desséché maigrit, s’affaiblit, et périt au bout de quelques jours. La quantité d’eau qu'une Grenouille peut absorber par la peau est considérable. Si l’on pèse une Grenouille desséchée et qu'on l'enveloppe ensuite d’un linge mouillé, on ne tarde pas à constater une augmentation de poids; Townson a vu une Rainette commune gagner ainsi rapidement 67 grains, alors que sèche elle ne pesait que 95 grains. Dans une boîte close, à la température de 10 à 12 degrés, mais à atmosphère suffisamment humide, des Grenouilles peuvent vivre de 20 à 40 jours, grâce à la seule activité de leur peau, même alors qu'on a supprimé toute communication entre l'air et les poumons. L'évaporation cutanée est presque aussi grande que la faculté d’absorption que possède cet organe. Le poids d’un Batracien que l'on expose à une chaleur sèche diminue très vite et d'autant plus rapidement que la chaleur est plus grande. Dans le vide, cette évaporation est considérable. Si cependant l’évaporation est supprimée par l'application d’un vernis mis sur la peau, les Batraciens résistent pendant un certain temps, car ils trouvent dans leur vessie urinaire l'eau qui leur est nécessaire.
Le pannicule graisseux faisant presque absolument défaut chez les Batraciens anoures, il existe un isolement réciproque des muscles et
de la peau. Le vide ainsi laissé est divisé en |
poches nombreuses par de fines cloisons membraneuses; chez la Grenouille, par exemple, ces portes sont au nombre de 22.
Appareil digestif. — L'œsophage, qui est court, s'ouvre dans un large estomac, auquel fait suite un intestin grêle assez long et replié, débouchant dans un gros intestin qui est court et droit (fig. 372, p. 599).
Circulation et respiration. — Le cœur, qui repose sur la portion la plus élevée du foie, se compose, en apparence, chez la plupart des Batraciens Anoures, d'une seule oreillette et d’un ventricule unique; l'oreillette est, en réalité, divisée intérieurement par une cloison perforée (fig. 390).
Les Grenouiïlles manquant de côtes, l’air pénètre dans les voies respiratoires au moyen d’une série de mouvements de déglutition; la respiration cutanée vient singulièrement en aide à la respiration pulmonaire, le renouvellement de l’air dans les poumons n’étant que lent et fort incomplet.
Les poumons sont grands et présentent su leurs parois des saillies ou trabécules plus ou moins prononcés sur lesquels rampent les vaisseaux respiratoires. La trachée proprement dite n’existe pas, les sacs pulmonaires étant directement accolés à l'extrémité du larynx; chez les Aglosses, tels que le Pipa, on trouve des bronches.
Certains Anoures font entendre des bruits extrêmement éclatants et {rès variés, qui changent d’une espèce à l’autre ; depuis des rugissements sonores jusqu'à de pelits cris, on peut entendre tous les accents possibles. Les uns coassent d'une voix rauque, les autres poussent des cris éclatants; ceux-ci font entendre des cris stridents qui rappellent ceux de la sauterelle, les autres mugissent comme le bœuf; certains ne poussent qu’une seule note, toujours la même ; d'autres ont un véritable chant se composant de diverses notes composant toute une phrase musicale. Les cris d’un Anoure qui vit dans les steppes de l’Asie occidentale rappellent ceux de l'oiseau; les coassements d’un gros Batracien de l'intérieur de l'Afrique résonnent comme des coups frappés sur une cymbale. Dans cette même région, on trouve une Grenouille dont les accents sont graves comme ceux d’une corde de basse; les cris que pousse une autre ressemblent, à s'y méprendre, aux sourds aboiements d’un chien ; les coassements d'une troisième rappellent les sons d’une cornemuse. D'après Hensel, ül
Or © a
LES ANOURES.
Fig. 390. — Cœur de la Grenouille verte, fixé par l'injection d’un méiange d’alcool et d'acide osmique (*).
existe dans l'Amérique du Sud une Grenouille dont le chant ressemble, à s’y méprendre, à celui du grillon ; le cri d’une autre espèce rappelle les plaintes lointaines de jeunes enfants; la voix d’une troisième est un glouglou clair comme celui que produit l'écoulement de l’eau qui sort d’une bouteille par un étroit goulot; le chant d’un Crapaud ressemble à un trille de contre-basse; celui d’une Rainette résonne comme une clochette ; un autre Batracien produit le même bruit qu’un coup de marteau donné sur une plaque de tôle. Chacun, en un mot, chante à sa façon.
Développement. — Lorsqu'on ouvre le ventre d’une Grenouille femelle au moment du printemps, on voit que la presque totalité de l'abdomen est remplie par des corps jaunàtres parsemés de petits points noirs ; ces points sont des œufs arrivés à leur état de maturité. Ils vont s’engager dans un conduit dont l’ouverture supérieure est située très haut, au niveau du cœur, puis qui devient flexueuse, se pelotonne sur elle-même, de telle sorte que,
(*) Ventricule fendu latéralement et cloison des oreilleites présentée par sa face latérale droite. — Le reste de la paroi des deux oreillettes a été complètement enlevé. B, cloison des oreillettes ; v, ventricule; », nerf cardiaque antérieur; 2, nerf cardiaque postérieur; 4, entrée des deux nerfs cardiaques au niveau de la base du ventricule; c, collerette ; p, plateau; d, pointe de la collerette (Ranvier, Leçons d'anulonvie générale faites au Collège de France. Paris, 1880).
sur une Grenouille ordinaire, ils ont jusqu'à à décimètres de longueur. Dans ces conduits, les œufs s’entourent d’une humeur muqueuse très abondante ; ils sont ensuite expulsés en dehors. La ponte a presque toujours lieu dans l’eau; les œufs sont agglutinés en masses informes, souvent très volumineuses, ou en cordons.
La masse muqueuse, qui peut énormément se distendre par l'humidité, paraît surtout jouer le rôle d’enveloppe protectrice. L’œuf proprement dit présente, surune de ses moitiés, celle qui est tournée en haut, une couleur sombre due à la présence d’un pigment foncé (fig. 403 et404); c'est par ce point que débute le développement. Le vitellus se divise en deux moiüiés, puis en quatre, puis en huit et ainsi de suite (fig. 391 à 400). Toute la couche superficielle de ce vitellus prend part au développement du germe et renferme dans son intérieur la masse vitelline qui est soulevée peu à peu. Le premier développement se poursuit rapidement, de telle sorte qu’au bout de quelques jours seulement, la sphère vitelline est changée en larve (fig. 401, 402).
Celle-ci offre alors une tête plate, déprimée; l'abdomen, qui lui fait suite immédiatement, est en forme de sac, terminé par une queue aplatie, entourée par une nageoïire verticale formée par un large rebord cutané ; celte queue montre la disposition en zigzag des faisceaux