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O0 GC

Fig. 391 à 400. — Segmentation de l'œuf de la Grenouille (emprunté à Ecker). Les numéros placés au-dessus des figures indiquent le nombre des segments au stade figuré (d'après Balfour, Traité d'embryologie et d'organogénie

comparées. Paris, 1885).

musculaires, ainsi qu'on l'observe chez les Poissons. On voit bourgeonner les branchies sous forme d’arbrisseaux verruqueux (fig. 407 et 408). Ces branchies externes disparaissent bientôt chez les Anoures, mais persistent pendant assez longtemps chez les Urodèles. L'animal a encore une forme de Poisson et tout son corps, à part la tête, est enveloppé d’une membrane à l’aide de laquelle se fait la natation (fig. 409, 410). La forme allongée se modifie peu à peu et progressivement le corps devient plus globuleux. Les membres postérieurs apparaissent les premiers (fig. 411), puis les antérieurs (fig. 12, 413); la queue s’atrophie peu à peu (fig. 414), et l’animal revêt sa forme définitive (fig. A5).

Ce n’est pas seulement cette série de transformations qui s'opère; il se fait, à l’intérieur, d'importants changements à chaque

phase de développement. C’est ainsi que les |

Tétards sont conformés pour se nourrir de végétaux, tandis que les animaux adultes sont essentiellement carnassiers, d’où il résulte de profondes modifications dans le tube digestif: d’aquatique et de branchiale, la respiration devient aérienne et pulmonaire ; la circulation est elle-même entièrement modifiée (fig. 416).

Ces modifications peuvent mettre trois, quatre, cinq et même six mois à s’accomplir, après quoi les pelits ressemblent entièrement à leurs parents, abandonnent l’eau et mènent une vie aérienne.

Les Anoures se conduisent d'une manière très variée sous le rapport du choix des eaux dans lesquelles doit avoir lieu la ponte. Beaucoup d’entre eux ne déposent leurs œufs que dans des mares ou des étangs qui n’assécheront pas pendant toute la période de développement ; d’autres, au contraire, se contentent

de la faible quantité d’eau amassée entre les feuilles ou dans les cavités des arbres ; quelques-uns, comme nous le dirons plus loin, se développent complètement en dehors de l'eau.

D’après l’observation du prince de Neuwied, on entend, pendant toute la journée et toute la nuit, dans les épaisses broussailles qui hordent les rivages sablonneux, au Brésil, le cri

Fig. 401 et 402. — Embryon de la Grenouille commune, d’après Remak (*).

bruyant et extrêmement retentissant, rauque et interrompu d’une Grenouille appelée Sapo.

Ce Batracien se tient entre les feuilles des Broméliacées, dans lesquelles l'eau s’accumule, même pendant les plus grandes sécheresses, sous forme d’un liquide impur et noirdtre.

« C'est dans cette eau, dit notre voyageur, que la Sapo dépose ses œufs, ainsi que nous avons pu nous en assurer à notre profond étonnement, alors qu’en janvier, pendant la chaleur et la sécheresse, nous cherchions de l’eau à boire. Les petits Balraciens, déjà éclos, ne

(*) À, jeune stade représenté enfermé dans la membrane ovulaire. La plaque médullaire est distinctement formée, mais aucune partie du canal médullaire n’est close ; bl, blastopore.

B, embryon plus âgé après la fermeture du canal médullaire; oc, vésicule optique. En arrière de la vésicule optique, on voit deux arcs viscéraux.

LES ANOURES.

nous empêchèrent pas de boire de cette eau, après qu'elle eut été passée sur une toile serrée et additionnée de sucre et de jus de citron, car nous étions complètement épuisés par la chaleur. On peut retourner une Broméliacée auprès de laquelle on a entendu coasser la Sapo, de manière à chasser les insectes et les crabes qui y trouvent un refuge. La Sapo se retire, dans ce cas, toujours si profondément entre les feuilles, qu’on est obligé de les arracher les unes après les autres pour pouvoir trouver l'animal. Le creux d’un arbre dans lequel l’eau s’accumule suffit à certains Batraciens du Brésil pour servir d’abri à ces animaux et à toute leur progéniture. »

« Des beuglements analogues à ceux de la vache, raconte Schomburgk, qui se renouve-

laient à des intervalles courts et réguliers, m'’a- |

vaient, aux Guyanes, plusieurs fois réveillé ; je cherchai quel pouvait être l’auteur de bruits aussiétranges.Lorsquej'interrogeaisur l’auteur de ces beuglements, les gens du pays me ré pondirent : « C’est une Grenouille. » Je crus d’abord qu'ils voulaient se moquer de moi. Témoins de mes doutes, les Caraïbes insistèrent et m'affirmèrent que c'était le Xanobo-arou, qui habile une espèce d’arbre dont les branches sont creuses etremplies d’eau, ce dont ils voulaient me convaincre. Nous nous dirigeâmes de suite et rapidement vers une forêt voisine de la vallée, et bientôt nous nous trouvâämes en présence d’une haute Tiliacée pourvue de larges feuilles. Cet arbre ne s'était encore nulle part présenté à moi, et un examen plus approfondi me le fit reconnaître comme appartenant à un genre nouveau, le genre Bodelschwingia ; le caractère particulier de cet arbre est d’avoir son tronc creusé de cavités sitôt qu'il a atteint une certaine force. Un des Indiens de ma suite monta sur l’arbre pour boucher le trou d’une branche qui se trouvait à près de 12 mètres de haut; les autres Indiens renversèrent l'arbre, en appuyant de toutes leurs forces contre le tronc. La branche excavée était remplie d’eau en quantité considérable, dans laquelle nous trouvâmes des Têtards. Nous recherchâmes, mais sans succès, le père et la mère, et nous dûmes attendre jusqu’à la nuit, moment auquel, d’après l'assurance qui me fut donnée par mes compagnons, je trouverais les ani- Maux que j'avais entendu mugir. Je dois avouer que, depuis longtemps, je n'avais attendu la nuit avec autant de curiosité. Il était environ neuf heures lorsque le profond

silence de la forêt fut tout à coup troublé par le bruit que j'avais déjà entendu. Muni de lumière et accompagné de quelques Caraïbes, je me dirigeai vers l'arbre. Je vis alors l'animal, qui, sans doute ébloui, put être facilement saisi. C'était une grande et belle Rainette veinée. »

Les circonstances dans lesquelles se produisent les métamorphoses d’une Rainette de l’ouest de l'Afrique sont encore plus étonnantes. Dans les derniers jours du mois de juin, Buchholz vit, dans les forêts de Caméron, sur les feuilles d’un arbre rabougri à moitié plongé dans l’eau, quelques amas assez gros d'une matière blanche, comme spongieuse, qui paraissait se coaguler à l'air. Le voyageur s'attendait à y trouver un insecte, mais quel ne fut pas son étonnement d'y découvrir de toutes jeunes larves de Grenouilles qui venaient de sortir de l’œuf et étaient au milieu de cette masse ressemblant à du blanc d'œuf; une grande quantité d'œufs était également disséminée dans la masse encore pâteuse. Pour observer la marche ultérieure du développement, Buchholz emporta chez lui cette masse écumeuse et vit qu'au bout de deux ou trois jours les œufs vinrent à éclore,comme si cette masse avait pondu. Les petits subirent toutes les transformations que l’on observe en général chez les Batraciens anoures. La masse écumeuse correspondait évidemment à l'enveloppe glaireuse dont est enveloppé, dans l’eau, le frai des Grenouilles ; elle n'aurait certainement pas pu suffire pour nourrir les animaux au delà de quelques jours. Buchholz admet que les jeunes larves doivent recevoir l’eau qui se concentre sur les feuilles. Pendant tout le mois de juillet, cet observateur remarqua plusieurs amas de matière spongieuse semblables sur différents arbres du bord de l'étang; certains se trouvaient à plus de 3 mètres de hauteur ; parfois les feuilles étaient agglutinées par ces masses. Un Batracien de couleurbrune, le Chiromantis Guineensis, qui vivait sur les mêmes arbres, semblait être l’auteur de ces amas de frai. Comme la ponte avait toujours lieu la nuit, il était difficile à Buchholz de s’assurer du fait, lorsqu'il eut le bonheur, un matin, de trouver la Grenouille auprès du frai; la masse avait approximativement la grosseur de la mère ; elle était demi-fluide, d’un aspect visqueux, et se coagula dans le courant de la journée.

Le plus ordinairement, les parents abandon.

LES ANOURES.

Fig.

Fig. 408.

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