LE CRAPAUD
ACCGOUCHEUR.
vertèbres sacrées sont modérément dilatées.
Distribution géographique. — Ce genre comprend deux espèces: l'Alyle accoucheur habite la France, la Suisse, la Belgique, l’Espagne, le Portugal, l’ouest de l'Allemagne; l'Alytes Cisternasi est spécial à la péninsule ibérique.
LE CRAPAUD ACCOUCHEUR. — ALYTES OBSTE- TRICANS.
Geburtshelfertrüte.
Caractères. — L'Alyte, dont la taille ne dépasse guère 10 centimètres, les membres postérieurs étendus, a le corps trapu et ramassé et ressemble assez à un jeune Crapaud. Le crâne est fortement courbé d’arrière en avant et en bas; la tête est grande et paraît directement portée sur les épaules, surtout chez le mâle ; la tête de la femelle, un peu plus petite etplusallongée, est légèrement isolée du tronc; le museau est très convexe; les yeux sont gros etsaillants ; la pupille est verticale, et lorsqu'elle se dilate elle prend une forme elliptique; le tympan est très rapproché de l’œil (fig. 438). Les membres antérieurs sont un peu plus courts chez le mâle; il en est de même pour les membres postérieurs.
La peau, assez lâche, est rugueuse, semée de tubercules mousses et arrondis; derrière l'œil sont les parotides, très peu distinctes, si ce n’est latéralement, où elles font saillie audessus du tympan; elles ne sont formées que par la réunion de quelques tubercules semblables à ceux du dos et des flancs. Le dessous du ventre est chagriné par de petites granulations plus blanches que le fond, qui est d'un blanc sale, finement piqueté d'un blanc plus franc. La teinte générale du corps varie du jaune sale de teinte claire au brun assez foncé, en passant par l’olivâtre ; les jeunes ont souvent une livrée plus sombre que les adultes.
Les pustules du dos forment des mouchetures généralement brunes, quelquefois d’un vert assez vif, assez souvent marquées de rouge à leur sommet.
D’après Lataste, le têétard de cette espèce a le corps ovalaire, raccourci; il est cependant moins arrondi que celui du Sonneur, dont on le distingue aisément à ses yeux plus écartés, à son ventre gris clair et non bleuâtre. La plus grande largeur du corps est très en avant chez les Pélodytes ; elle est tout à fait en arrière chez l’Alyte. La coloration est foncée ; la face supé-
rieure du corps, d'un brun presque noir lorsque l'animal habile des eaux profondes et obscures, est roussâtre avec des points bruns quand il vit dans des maresexposées au soleil.
Bistribution géographique. — L'Alyte esl très commun en France, particulièrement aux environs de Paris; il semble préférer lenordau midi ; on le trouve en Suisse, en Belgique, et cà et là dans les provinces rhénanes, dans le Nassau, en Westphalie; ilest signalé dans la péninsule ibérique.
Mœurs, habitudes, régime. — Un médecin français, Demours, en 1741, puis après lui Roëselet Spallanzani, ébauchèrent l’histoire du singulier Batracien auquel Wagler donna le nom d’Alyte, faisant allusion à la curieuse manière dont l’animal porte les œufs que vient de pondre la femelle. Tschudi, Louis Agassiz, Thomas, de Nantes, et d’autres naturalistes, reprirent l’histoire du Crapaud accoucheur; mais il était réservé à Arthur de l'Isle de nous faire connaître dans tous leurs détails les mæurs vraiment curieuses de l’animal quenous venons de citer.
Contrairement à l'opinion anciennement émise, il n’y a pas deux saisons de frai pour l’Alyte, mais une seule, qui peut se prolonger pendant six mois. La femelle pond de trois à quatre lots d'œufs, qu'elle émet l’un après l’autre à quelques jours d'intervalle, la ponte s’échelonnnant et se succédant ainsi pendant près de la moilié d’une année. Les œufs, entourés d’une membrane assez résistante, sont gros, reliés les uns aux autres et forment deux cordons d'une longueur variant de 07,80 à 0,70.
Ces œufs, au moment de la ponte, sont pris par le mâle et entortillés autour des jambes de celui-ci; l'éclosion des jeunes le regarde seul, la mère abandonnant de suile sa progéniture.
Suivant A. del’Isle, les mâles, chargés d'œufs, vaguent librement le soir; ils se hasardent fréquemment hors de leur trou, en quête denourriture; la ligature des chevilles diminue la liberté des mouvements, sans les empêcher toutefois de sauter, de courir, de grimper et de nager. Le mâle va fréquemment humecter les œufs ; les progrès du développement varient avecla température ; danslabellesaison, la larve quitte l'œuf entre le dix-huitième et le vingtdeuxième jour ; dans les pays froids le développement est retardé et peut se prolonger jusque pendant sept semaines. Quand les œufs sont mûrs, le moindre contact avec l’eau suffit
LE