CUL LILI
Fig. 452, — Le Nototrème à bourse (grand. nat.).
LES DENDROBATIDÉES — DENDROBATIDÆ
Caractères, — Les animaux qui composent cette famille ont l'apparence extérieure des Crapauds avec lesquels ils ont été confondus; ils manquent, en effet, de dents à la mâchoire supérieure; chez eux cependant les diapophyses des vertèbres sacrées ne sont pas dilatées, et les os coracoïdiens ne sont réunis que par un simple cartilage.
Distribution géographique. = Deux genres seulement rentrent dans cette famille, les Mantella, avec trois espèces, sont de Madagascar ; les sept espèces de Dendrobates sont spéciales aux parlies les plus chaudes du nouveau monde; on les trouve dans l'Amérique centrale, aux Guyanes, le long du cours de l’'Amazone, à Saint-Domingue.
LES DENDROBATES — DENDROBATES
Caractères. — Les Dendrobales ont la lan- |
Buëum. — V
gue entière, oblongue; le palais est dépourvu de dents; il n'existe pas de parotides; les doigts et les orteils sont déprimés, complètement libres et légèrement dilatés à leur extrémité. Il existe un sac gulaire sous-vocal chez le mâle.
LA RAINETTE À TAPIRER. — DENDROBATES TINCTORIUS.
Caractères, — La Rainette à tapirer a le corps de couleur généralement noire; la face supérieure de la tête porte une tache blanche de laquelle part une raie de même couleur qui passe sur l'œilet va rejoindre, vers les lombes, la raie qui se trouve de l’autre côté ; le ventre est semé de taches d’un noir beaucoup plus sombre que celui du fond. Certains individus sont entièrement noirs; d’autres ontle dos verdâtre, les flancs et le ventre étant noirâtres ;
LE KALOULA BEAU.
d’autres encore portent de larges taches noires sur un fond grisàtre.
Usages. — On a attribué au sang de ce Batracien une action toute particulière dont nous devons parler.
On rencontre fréquemment chez les tribus sauvages des bords de l’Amazone et du Marani des Perroquets verts dont une partie du
| corps offre une couleur jaune ou rouge; ces
oiseaux sont dits Perroquels tapirés; on prétend, à tort ou à raison, que l’on obtient cette coloration en frottant les petites plaies qui se forment à la surface du corps de ces Perroquets, lorsque, pris tout jeunes, on leur arrache les plumes, en les frottant, disons-nous, avec le sang de la Raine à tapirer.
LES ENGYSTOMATIDÉES — ENGYSTOMATIDÆ
Caractères. — Les Batraciens qui font partie de cette famille se distinguent essentiellement des Dendrobatidées par l'élargissement en palettes des apophyses des vertèbres sacrées; ce sont des Crapauds, en ce sens que leur mâchoire supérieure ne porte pas de denis.
Distribution géographique. — D’après Boulenger, la famille des Engystomatidées comprend dix-huit genres et quarante-six espèces. Ces espèces sont aussi abondantes dans le sud del’Asie, le sud de la Chine, Inde, Suma-
tra, Bornéo (16 espèces) que dans les parties |
chaudes du nouveau monde, sud du Mexique, Nouvelle-Orléans, Guatémala, Guyanes, Brésil (21 espèces) ; une espèce est signalée en Afrique, une à la Nouvelle-Guinée.
LES KALOULAS — CALLULA
Caractères. — Les Kaloulas, Callula ou Plectropus ont la langue oblongue et libre en arrière ; ils manquent de dents palatines et de parotides ; le tympan est caché. Leur tête est petite et confondue avec le tronc, qui est ovale, court et bombé.
Distribution géographique. — Les sept espèces que comprend ce genre sont de la partie sud de l'Asie ; elles se trouvent aux Philippines, à Ceylan, dans l'Inde, dans le sud de la Chine, aux Célèbes, à Java. 3
LE RALOULA BEAU. — KALOULA PULCHR1.
Caractères, — Le corps est trapu, court et bombé, et l'animal, par son aspect général, rappelle assez bien le Pélobate ; la tête, courte ei petite, paraît comme rentrée entre les épaules. Les yeux sont gros et saillants; la pu- Pille, d’un noir profond, est entourée d’un cer-
cle pailleté d'or. Quelques pustules existent |
seules sur le dos; la peau est douce, un peu savonneuse, Les membres de derrière sont
longs et les doigts réunis à leur base par une membrane peu développée. La longueur de l’animal est de près de 7 centimètres; la palle de derrière étendue, elle atteint 0",13.
Chez l’animal vivant que nous ayons pu étudier à la ménagerie des reptiles du Muséum de Paris, la couleur est brunâtre, nuancée de rougeûtre et de noirâtre; une mince ligne noire, plus ou moins marquée, s'étend le long du dos. Entre les yeux se voit une bande d’un vert brunâtre, bordée de rougeûtre, bande qui se continue le long des flancs jusqu’à la naissance des membres de derrière; une ligne noire, irrégulière, limite cette bande, qui est onduleuse; une autre bande, d’un jaune grisàtre, s’étend de l’angle de la bouche à la patte de devant. La gorge est noire, toute piquetée de petits points blancs; le dessous du corps est rosé, vergeté de marbrures d’un brun clair; une tache blanchâtre se voit à l’aisselle; les pattes de devant, d’un vert brunâtre, sont ornées de bandes noires de formes irrégulières ; les doigts portent des anneaux alternativement noirs et grisâtres.
Distribution géographique. — Cette espèce se trouve dans le sud de l'Inde et de la Chine, dans l’Indo-Chine, à Ceylan et dans le nord de Sumatra.
Nœurs,
habitudes, régime. — D'après
| l'examen d'individus rapportés de cette der-
nière localité par Brau de Saint-Pol Lias et vivant au Muséum de Paris, nous avons vu que le Kalouia est un animal dont les mœurs sont celles de notre Pélobate de France. Très craintif, il se terre de suite, en creusant le sol au moyen de ses pattes et de son museau; il court assez rapidement à la manière des Crapauds; pressé par la peur, il peut sauter à lalongueur d'environ 0,10.
F. Bocourt, qui a eu l’occasion d'observer le Kaloula à Siam, rapporte que le « coassement de ce Crapaud, que l’on peut comparer au
LES BUFONIDÉES.
mugissement du bœuf, n’a lieu que pendant la nuit où la pluie est tombée. Il fait entendre très distinctement les deux syllabes ung-ang, la première sur un ton assez élevé et vibrant qui semble sortir d'une caisse ou d’un vase mé-
tallique, la seconde sur un ton de basse; ces sons étourdissants et monotones sont très propres à plonger dans un sommeil profond ceux qui se trouvent dans le voisinage de ces étourdissants Batraciens. »
LES BUFONIDÉES — BUFONIDÆ
Die Krôten.
Caractères. — Telle que Duméril et Bibron comprenaient la famille des Bufoniformes, elle renfermait tous les Batraciens anoures pourvus d’une langue et manquant de dents à la mâchoire supérieure, caractère négatif qui les séparait des Raniformes et des Hylæiformes.
Telle qu’elle est établie aujourd’hui, cette famille se compose d'Anoures à langue distincte, privés de dents à la mâchoire supérieure, chez lesquels les apophyses transverses des vertèbres sacrées sont dilatées et le coracoïde uni au précoracoïde par un cartilage spécial, le précoracoïde. Ajoutons que les vertèbres ont la face articulaire antérieure concave, qu'il n'existe pas de côtes et que le coccyx s’altache par deux condyles.
Les doigts peuvent être absolument libres, ainsi qu’on le voit chez les Pseudophrynes, ou être plus ou moins membraneux, ainsi qu’on le remarque chez les Crapauds proprement dits; l'extrémité de ces doigts est dilatée, comme chez les Raïnettes, chez les Nectophrynes de l'Afrique et des Indes. Le tympan est visible ou caché et cela dans un même genre. Les dents vomériennes n'existent que chez le Notadeus de Bennett, espèce d'Australie. La pupille est horizontale, excepté chez le Myobatrachus de Gould, d'Australie, et le Rhinophryne dorsal, du Mexique; la pupille est verticale chez ces deux espèces.
Distribution géographique, — D'après le catalogue de A.-G. Boulanger, la famille des Bufonidées comprend huit genres et cent cinq espèces. Sur ce nombre, quarante-quatre se trouvent dans l'Amérique tropicale, au Mexique, dans l'Amérique centrale, aux Antilles, aux Guyanes, au Brésil, au Pérou, au Chili; vingt-deux espèces sont des parties sud de l'Asie, du sud de la Chine, de l'Inde, des Célèbes, de Ceylan, de Sumatra, de Java, de Pinang ; dix espèces vivent dans l'Afrique tropicale et trois espèces dans le nord du même
continent ; on trouve trois espèces en Europe, quatre espèces en Australie et aux îles Sandwich.
En résumé, les Bufonidées se trouvent dans toutes les régions, à l'exception de Madagascar, de la Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle- Zélande.
Moœurs, habitudes, régime. — Les Bufonidées sont des animaux essentiellement terrestres ; les Nectes sont cependant aquatiques et la conformation des pattes des Rhinophrynes et des Nectophrynes semble indiquer des habitudes arboricoles.
Ainsi que l’écrivent Duméril et Bibron, « les Bufoniformes, ou du moins la plupart d’entre eux, ont une manière de vivre, des habitudes qui les éloignent un peu de celles des Phanéglones des deux premières familles, les Raniformes et les Hylæiformes. Il en est peu qui, comme les Grenouilles et les Raïnettes, ne redoutent point la lumière du jour, qui osent s’exposer aux rayons du soleil; presque tous, au contraire, ne quittent leur retraite, ne se mettent à la recherche de leur nourriture, soit à terre, soit dans l’eau, qu’à l'approche de la nuit, et cette nourriture elle-mème ne paraît pas être aussi variée, ne semble pas s'étendre pour les Raniformes à un aussi grand nombre d'animaux que pour les Raniformes et les Hylæiformes. Les Anoures de ces deux groupes s’attaquent indistinctement, et suivant leur force et leur grosseur, aux vers, aux mollusques, aux insectes, aux crustacés, aux poissons, aux oiseaux aquatiques, à de petits mammilères ; la voracité des Grenouilles, des Cératophrys et des grandes espèces de Raineltes est telle, que ces Anoures n’épargnent même pas leur propre race; au lieu que les Bufoniformes ne font guère leur proie que des dernières classes du règne animal. C’est au moins Ce que nous sommes portés à penser d'après le résultat des observations qui