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LA TORTUE DE DAUDIN

Cette dernière espèce était encore assez abondante il y a quelques années, dans le groupe des petites îles Aldabra. Les frères Rodatz ont trouvé ces Tortues dans les fourrés les plus épais ; des chasseurs qui venaient régulièrement dans l'île avaient entouré de murs des sortes d’entrepôts dans lesquels ils déposaient les animaux jusqu’au moment de leur embarquement pour Madagascar ou pour le continent africain ; dans ces enclos, les frères Rodatz ont vu jusqu’à 200 et même 300 Tortues de grande taille se nourrissant d'herbes et de feuillages. En 1847, une centaine d'hommes composant l’équipage de deux navires allemands purent capturer en peu de temps 200 Tortues géantes dont plusieurs ne pesaient pas moins de 400 livres. Aujourd'hui quelques Tortues éléphantines soutiennent seules la lutte pour l'existence, à Aldabra, dansles conditionsles plus défavorables. Par suite de l'initiative de la Société royale et de la Sociélé de géographie de Londres, des mesures ont élé prises par le gouverneur de Maurice, dans le ressort duquel se trouve l’archipel d’Aldabra, pour protéger les derniers survivants de toute une faune qui va chaque jour en disparaissant.

LA TORTUE ÉLÉPHANTINE. — TESTUD® LLEPHANTINA.

Caractères. — La Tortue éléphantine dont nous venons de parler a été dans ces dernières années apportée en Europe. En 1875 on a pu en voir deux beaux individus dans le jardin zo0logique de Londres. La carapace du mâle avait 5 pieds à pouces anglais de longueur, sur 5 pieds et 7 pouces de large; la longueur de la tête et du cou atteignait un pied et 3 pouces; aux Seychelles l'animal pesait 870 livres anglaises; la femelle avait 3 pieds et 4 pouces de longueur, sur 3 pieds 40 pouces de large, les mesures étant prises le long de la courbure de la carapace. Depuis lors, le Muséum d'histoire naturelle de Paris a reçu de MM. Nageon de Létang et Humblot, cinq Tortues éléphantines adultes et deux individus très jeunes; un des exemplaires actuellement vivants pèse 175 kilogramnmes; c'est un mâle ayant 4,36 de longueur, sur 2,05 de circonférence à la carapace; le plastron est long de 0,80, large de 0",85; la palle antérieure a jusqu'à 0,54 de circonfé-

rence, Le jardin d’acclimatalion de Parisa pos- | J |

sédé, ily a peu d'années, une Éléphantine du poids de 205 kilogrammes,

L'Éléphantine (PI. D est facile à reconnaître à sa grande taille et à sa carapace ovale, entière, convexe, de couleur brune uniforme; la plaque nuchale existe.

Le mâle diffère beaucoup de la femelle, non seulement par la taille, qui est toujours plus forte, mais aussi par la forme et l’ornementation de la carapace; chez lui, chaque écaille est fortement relevée en bosse; chez la femelle, la carapace est lisse, polie, non bossuée.

Dans le jeune âge, l’ornementation de la carapace est différente ; elle est couverte de sillons concentriques assez profonds : ces sillons disparaissent de bonne heure, chez les femelles surtout. Chez l'adulte, les membres sont extrêmement forls, en forme de pied d’éléphant, et les ongles qui les terminent sont courts, épais et obtus à leur extrémité ; la peau des avant-bras est revêtue d’écailles arrondies et plates; la queue est d'ordinaire fort peu allongée.

Mœurs. — Cette espèce est exclusivement herbivore et frugivore; on la nourrit dans les ménageries avec du pain, de la salade, du potiron, des courges ; lorsque pendant les beaux jours on la laisse errer à l’air libre, elle broute avec plaisir l’herbe des parcs, dans laquelle on la garde; au moment où les rayons desoleilsont les plus brûlants, l'Éléphantine se cache volontiers et retire complètement sa tête sous son épaisse carapace. Nous avons remarqué que dans les ménageries, les animaux vont fréquemment à l’eau, dans laquelle ils passent des heures entières. L'animal s’apprivoise rapidement jusqu’au point de prendre la nourriture qu'on lui présente. Le seul moyen de défense qu’ait l'animal, malgré sa grande taille, est de rentrer sa tête sous la carapace en la protégeant avec ses bras ramenés au-devant; l’animal fait entendre alors un soufflement assez fort et assez prolongé.

Outre l'Éléphantine, il existait encore dans l'archipel Aldabra la Tortue de Daudin, la Tortue lourde et la Tortue hololissa.

LA TORTUE DE DAUDIN. — TESTUDO DAUDINI.

La Tortue de Daudin paraît être complètement éteinte, car on ne la connaît que par l'exemplaire qui se trouve au Muséum de Paris et par deux exemplaires étudiés par le docteur Albert Günther.

Caractères. — On distingue facilement cette

espèce à la forme allongée, oblongue, ovalaire

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