LES TORTUES DES GALAPAGOS
aux Galapagos : la Tortue à pieds d'éléphant (Testudo elephantopus), la Tortue noire (7. nigrita), la Tortue voisine (7. vicina), la Tortue microphyes, la Tortue d'Abinglon; la Tortue selle (Zestudo ephippium), qui habitait l'ile Indéfatigable, est éteinte.
Sans entrer ici dans la description détaillée de ces espèces, nous ne ferons qu’en indiquer les caractères principaux.
La Tortue à pieds d’éléphant rappelle l'Eléphantine d’Alhabra. La carapace, qui est d’un noir foncé, est bombée, bossuée, épaisse, plus large en arrière qu’en avant. Cette espèce provient probablement de l’île James.
La Tortue noire (Zes{udo nigrila) arrive à la taille de 42,35 ; la carapace, d’un noir uniforme, est ovalaire, relevée latéralement dans sa partie antérieure et dans sa partie postérieure, rabattue sur la queue dans sa portion moyenne.
Chaque écaille, qui se relève fortement en bosse, est marquée de forts et profonds sillons concentriques; il n'existe pas de nuchale ; la sus-caudale, qui est large, n’est pas divisée ; chez le mâle le plastron est légèrement excayé dans sa partie médiane ; la queue est courte, dépourvue d’ongle à son extrémité.
C'est d'Albemarle que vient la 'es{udo vicina, décrite par Günther; chez cette espèce, la carapace est un peu déprimée; les écailles, qui se relèvent en bosse, sont fortement sillonnées; la carapace, de couleur noire, est à peine plus large en arrière qu’en avant.
La Testudo microphyes à également été trouvée à Albemarle; cette espèce arrive à une taille de 34 pouces anglais et à un poids de 240 livres. Chez le mâle, la carapace, de couleur foncée, presque noire, est bombée dans son ensemble, modérément déprimée cependant, la partie supérieure étant légèrement aplatie; elle est plus large en arrière qu’en avant, dentelée à ses extrémités; la têle est assez grosse. Chez la femelle, au contraire, la carapace est tout à fait lisse, plus déprimée que chez le mâle, de forme oblongue, sensiblement de même largeur en avant et en arrière.
La Tortue d’Abington (fig. 104), qui vit dans l’île de ce nom, rappelle la Tortue de Vosmaer, espèce éteinte de l'ile Rodriguez. La carapace est très mince et a la consistance du carton; elle est irrégulièrement bossuée et largement ouverte en avant, de telle sorte qu’elle ne proiège que peu l'animal; le cou, très long, est surmonté par une tête relativement fort petite.
La carapace de la Tortue à selle (7estudo ephipptum), espèce disparue, est mince et bossuée comme celle de l'espèce précédemment indiquée; elle est toutefois moins étroite en avant, plus recourbée à la partie postérieure; le cou de l'animal était plus gros, la têle moins pelite.
Mlæurs, habitudes. — Les documents fournis par Porter nous serviront pour combler quelques lacunes dans les descriptions qui nous ont été laissées sur les Tortues des Galapagos par l'illustre naturaliste du Beagle.
« J'ai rencontré sur ma roule, écrit Darwin, deux grandes Tortues qui devaient peser chacune au moins 100 kilogrammes. L'une d'elles, qui dévorait un morceau de cactus, meregarda lorsque j'approchai et s’éloigna tranquillement; l’autre fit entendre un sifflement profond et rentra sa tête. Ces énormes reptiles, entourés de laves noires, de buissons dépourvus de feuilles et de cactus gigantesques, me firent l'effet de créatures antédiluviennes.
« Ces animaux, qu’on trouve probablement dans toutes les îles du groupe, se rencontrent certainement dans le plus grand nombre d'entre elles. Ils vivent de préférence dans les endroits humides et élevés, maisils visitent aussi les lieux bas et secs. Quelques-uns atteignent des dimensions énormes: l'Anglais Lawson, qui à l’époque de notre séjour avait des projets de colonisation, nous parla de quelques spécimens tellement grands qu'il fallait six ou huit hommes pour les soulever, et qu'on pouvait en retirer jusqu'à 100 kilogrammes de viande. Les mâles, qui diffèrent principalement des femelles par la plus grande largeur de leur queue, arrivent à une taille supérieure à celle qu'atteignent ces dernières.
« Les Tortues qui vivent sur les îles dépourvues d’eau ou qui habitent les pays bas et secs se nourrissent principalement du suc des cactus; celles qui résident dans les lieux élevés et humides mangent les feuilles de différents arbres, des baies acides et âcres appelées guagarita et des lichens d’un vert pâle qui pendent en festons aux branches des arbres.
Toutes ces Tortues aiment l’eau, dont elles boivent de grandes quantités ; beaucoup d’entre elles se plaisent dans la vase. Les îles les plus grandes ont seules des sources, qui se trouvent toujours vers leur partie centrale et à une assez grande altitude; il en résulte que, pour boire, les Tortues qui habitent les endroits bas doivent parcourir d'assez longs