CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES ANIMAUX VERTÉBRÉS
mitive, et à laquelle on donne le nom de vésicule blastodermique, ou, par abréviation, de blastoderme.
A peine le blastoderme s’est-il constitué, qu'il s’épaissit en un point pour former la fache embryonnuire où aire germinative ; ce point d’épaississement est le premier vestige de l'embryon. Les changements qui s’opèrent dans l'œuf s’accomplissent avec une grande rapidité, aussi le blastoderme se dédouble-t-il bientôt en deux feuillets, de telle sorte que cet œuf est composé de trois membranes emboîtées exactement l’une sur l’autre : une membrane externe, qui est la membrane vilelline; une membrane moyenne, ou feuillet externe du blastoderme ; une membrane interne qui forme le feuillet interne du blastoderme. Le feuillet externe porte aussi le nom de feuillet séreux, le feuillet interne celui de feuillet mugueux ; ce dernier correspondra à l'intcstin, l’autre à la peau; entre ces deux feuillets se développeront tous les organes de l'embryon.
Chezles animaux verlébrés c’est le caractère vertébré qui commencera à apparaître, de telle sorte que les linéaments du système nerveux se forment les premiers.
Chez deux Poissons placés aux confins de l’embranchement des Vertébrés, chez l’Amphioxus el chez la Lamproie, le développement du tube digestif précède celui du système nerveux; certains z00logistes, se basant sur la similitude apparente, nous disons similitude apparente, et non similitude réelle, sur la similitude apparente que présente le développement de l’'Amphioxus avec celui de certains Vers, ont cherché dans les Ascidies
les ancêtres des Vertébrés. Sans discuter ici cette
opinion, ce qui nous entrainerait beaucoup trop en dehors des notions élémentaires d'embryogénie que nous nous contentons de rappeler, nous dirons que rien ne vient confirmer celte opinion. Dès les premières phases de son développement, l’embryon du Vertébré est bien un Vertébré, et rien qu'un Vertébré.
Quoi qu’il en soit, l'embryon se développant et s’incurvant, une portion du feuillet interne de la vésicule blastodermique est entraînée et forme la vésicule ombilicule, qui, chez les Vertébrés supérieurs, n’est qu'un organe transiloire et disparaissant rapidement.
Les phénomènes que nous venons de décrire sont communs à tous les Vertébrés, à quelque classe qu'ils appartiennent ; mais bientôt vont se manifesier des différences essentielles qui déjà permettront de les séparer en deux grands groupes.
Chez les Mammifères, chez les Oiseaux, chez les Reptiles proprement dits, les replis du feuillet externe du blastoderme, qui se soulèvent tout autour du corps de l'embryon, marchent à la rencontre l’un de l’autre et se rejoignent ; il en résulte un repli formant un sac rempli d’un liquide aqneux, l’amnios, dans lequel baigne l’em-
bryon, et qui l'entoure complètement, à l’exception toutefois de la vésicule ombilicale qui reste en dehors. Une troisième vésicule propre au fœlus, l’allantoïle, va apparaître ; c'est un renflement vésiculaire qui se développe dans la région caudale de l'embryon, vers un point qui correspond à la terminaison de l'intestin et aux dépens de la paroi interne de ce même intestin; cette poche prend un développement rapide, fait saillie par l’ombilic, c'est-à-dire par l'ouverture qui subsiste lors du rapprochement et de la soudure des lames qui forment les parois du ventre, et vient s’étaler à la surface de l’'amnios ; les parois de ce sac sont très riches en vaisseaux ; l’allantoïde représente un organe embryonnaire de respiralion des plus importants. Ainsi que le dit Clauss, « la présence de cette vésicule est corrélative, non seulement de la disposition de la respiration branchiale, mais encore de l’absence de métamorphose chez le jeune animal, dont l’organisation est complète au sortir de l’œuf, » Le développement de l’allantoïde varie, du reste, beaucoup suivant les classes auxquelles appartient l'embryon ; elle peut devenir si grande qu'elle revêt l'embryon comme d'un manteau et lui apporte tous les matériaux dont il a besoin pour son accroissement.
Les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles proprement dits ont les trois vésicules dont nous venons de parler. Chez les Poissons et chez d’autres animaux, tels que la Grenouille, le Triton, le Protée, la Cécilie, il n'existe pas d’amnios et lorsque, ce qui est l'exception, l’allantoïde apparaît, elle reste toujours très rudimentaire et ne joue plus le rôle qu’elle remplit chez les Vertébrés supérieurs.
Ces différences sont primordiales, et l’on doit leur accorder la plus grande valeur dans la classification, Tous les Vertébrés qui, comme les trois groupes mentionnés plus haut, ont un amnios et une vésicule allantoïde, sont dits Allantoïdiens (Mammifères, Oiseaux, Reptiles) ; les autres sont des Anallantoïdiens (Poissons, Batraciens ou Amphibiens).
Il était nécessaire, croyons-nous, d'entrer dans quelques détails préliminaires, tout arides qu'ils puissent paraître, pour bien faire saisir à nos lecteurs que si, dans ce volume, nous écrivons l’histoire des Reptiles proprement dits et des animaux plus inférieurs auxquels on donne le nom de Batraciens ou d’Amphibiens, ce n’est pas que les Reptiles et les Batraciens aient des rapports entre eux, bien loin de là, mais pour nous conformer à l'usage général, les personnes étrangères à l’hisloire naturelle confondant, nous dirions volontiers dans un même sentiment de répulsion, les êtres faisant partie des deux classes. Il n’en reste pas moins bien entendu que les Batraciens n’ont point de rapports avec les Reptiles, et que toutes leurs affinités sont avec les Poissons, auxquels ils font
passage, de telle sorle que certains animaux faisant parlie de cette dernière classe ont été pendant longtemps placés parmi les Batraciens.
En ayant égard à leurs véritables affinités, en étudiant surtout avec soin les animaux qui ont autrefois vécu à la surface du globe pendant les temps géologiques, on peut, avec plusieurs z0ologistes, avec M. Huxley en particulier, diviser les animaux verlébrés en trois grands groupes ou
groupes primaires : les Mammifères, les Sawropsidés, les Ichthyopsidés.
Ces derniers renferment, ainsi que nous l'avons dit, les Poissons et les Balraciens ou Amphibiens ; les Sauropsidés comprennent les Oiseaux et les Reptiles proprement dits ; c’est de l’histoire générale et particulière de ces derniers qu’il sera question dans la première partie de ce volume; la seconde partie traitera des plus élevés des Ichthyopsidés, nous voulons parler des Balraciens.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES REPTILES. — ORGANISATION
Caractères. — La classe des RepriLEs Comprend tous les Vertébrés à sang froid, dont la respiration est, dès la naissance, aérienne, et qui ne subissent de métamorphoses à aucune période de leur
existence. Leur corps est protégé par des écailles ou des plaques osseuses. On dit que ce sont des animaux à sang froid en ce sens que la température de ce liquide se maintient toujours, dans
Fig. 5 — Matamata (Chelis fimbriata).
les circonstances normales toulefois, en harmonie avec celle du milieu ambiant et ne s'élève que peu au-dessus d’elle; il est, dès lors, plus exact de dire que les Reptiles sont des animaux à température variable.
Par leur forme générale, les Reptiles se rapprochent des Mammifères normaux, en ce sens que les plus élevés d’entre eux en organisation sont pourvus de membres presque toujours au nombre de quatre, ce qui les! a fait pendant longtemps désigner par les zoologistes sous le nom de Quadrupèdes ovipares. Bien qu’au premier abord il n’y ait rien de plus dissemblable que la Tortue aux allures si lourdes, à la marche si lente, et l’Oiseau au vol rapide, aux mouvements si gracieux, toutes les affinités sont cependant avec les Oiseaux, de telle sorte que nous trouverons des animaux fossiles qui ont été alternativement placés dans les deux classes, et cela par des anatomistes et des paléontologistes des plus compétents.
Au point de vue de l'aspect extérieur, les Reptiles offrent les plus grandes variations, ainsi qu'on peut le voir en comparant entre eux une Tortue (fig. 5), un Crocodile ou un Lézard et un Serpent (fig. 6). Chez les uns, le corps est arrondi ou aplati en forme de disque; chez d’autres, il est allongé, étiré, vermiforme; la plupart d’entre eux
reposent sur des paltes, les autres n’ont pas de membres. Lorsque les pattes existent, elles sont généralement trop courtes et trop faibles pour soulever entièrement le corps et l'empêcher de trainer
Fig. G. — Vipère commune.
sur le sol: au lieu d'être dirigés parallèlement à l'axe du tronc et de se mouvoir dans ce sens, les membres sont placés si latéralement qu'ils servent moins à soutenir le corps qu'à pousser l'animal en avant; ils se portent de côlé et se meuvent de dehors en dedans, perpendiculairement à l'axe du tronc, disposition des plus défavorables à la locomotion, aussi la plupart des Reptiles, bien que parfois fort agiles, ont-ils l'air de ramper sur le sol,
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