‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 53 sur 276 · LA SERPENTINE · texte numérisé non relu

LA SERPENTINE

point dentelés, mais très tranchants ; la mâchoire supérieure se recourbe en bec crochu en avant, ainsi que la mandibule. Les membres sont assez déprimés, les doigts légèrement palmés et garnis d'ongles crochus. La queue, démesurément grande, est de la longueur du corps et peut atteindre jusqu'à 20 centimètres ; elle est garnie de fortes écailles imbriquées; de grandes écailles, carénées et élargies, protègent la partie externe des avantbras, les membres postérieurs et les talons; des écailles granuleuses revêtent le cou. La partie supérieure du corps est d'un brun olivâtre, traversée par des stries rougedtres disposées en rayons; le plastron est d’une teinte jaune mélangée de brun clair; le dessous de la queue et des membres porte des taches rougeâtres de forme irrégulière ; on voit une bande noire en avant et en arrière de l’œil (fig. 112).

Habitat. — Le Platysterne est originaire

de Chine; les mœurs de cet animal sont tota- :

lement inconnues.

LES CHÉLYDRES — CHELYDRA

Caractères et distribution géographique.

— Les Chélydres ou Émysaures (4), qui sont des animaux habitant les grands cours d’eau des États-Unis, se caractérisent par leur tête large, couverte de petites plaques, pouvant rentrer sous la carapace ; les mächoires, fort robustes, sont crochues; sous le menton se voient de petits barbillons. Le plastron est composé de dix plaques; la suture qui réunit le sternum aux côtes est garnie de trois plaques. Le squelette est caractérisé par la partie moyenne du sternum très étroite et par les prolongements latéraux de ce sternum fort

larges, fort courts, articulés horizontalement

avec la carapace, ce qui donne au bouclier inférieur une forme en croix toute spéciale.

LA SERPENTINE. — CHELYDRA SERPENTINA.

Scharapp-Schildkrôte.

Caractères. — Dans cette espèce, la carapace est oblongue, assez déprimée et porte trois

carènes assez saillantes; treize plaques for- !

ment la partie centrale de la dossière; les plaques marginales sont au nombre de vingtcinq. La tête est grosse, quoique assez déprimée, large et obtuse en avant; la bouche est

(1) De épvs, tortue, cavpoc, lézard.

bien fendue, les mâchoires étant extrêmement puissantes, quoique non dentées; la mâchoire supérieure se termine en un bec crochu, de chaque côté duquel on remarque une échancrure peu profonde; la mandibule est également crochue; deux barbillons se voient au menton. Le cou, qui paraît court lorsque l’animal est au repos, peut être projeté au loin lorsqu'il veut saisir sa nourriture ou se défendre. Les pattes sont robustes, et les doigts, garnis de membranes assez élargies, sont armés d'ongles puissants et acérés. La queue est longue, pointue et a près des deux tiers de la longueur de la carapace; elle est épaisse, surtout à sa racine, comprimée latéralement et garnie en dessous de deux rangées de plaques, et en dessus d’un rang de tubercules squameux, triangulaires, à sommet tranchant, qui augmentent la surface de cette rame. Toutes les parties du corps non protégées par la carapace sont recouvertes d’une peau rugueuse, verruqueuse, ridée, recouverte de petites étailles (fig. 413).

La peau est d’une couleur difficile à définir; elle présente, dans son ensemble, une teinte qui a été comparée à celle d’une huile verdàtre. La carapace est d’un brun foncé, noirâtre, à sa partie supérieure, d’un brun jaunâtre sale à sa partie inférieure; elle est de couleur plus claire chez les animaux jeunes que chez les adultes.

La taille peut arriver à 1 mètre ou à 12,30, le poids à 20 et même 95 kilogrammes.

Distribution géographique et mœurs. — La Serpentine vit dans les fleuves et dans les grands marécages des États-Unis. Dans certains endroits, cette espèce se trouve souvent dans les bourbiers les plus infects. D’après Holbrook, elle se tient généralement dans la vase et n'apparaît que de temps en temps pour respirer, ne laissant émerger que l'extrémité du museau. Kay a trouvé des individus assez loin des cours d’eau, soient qu'ils eussent émigré dans le but de pondre, soit qu'ils fussent en quête de nourriture.

C’est à bon droit que dans les régions qu'elles habitent, on craint les Tortues serpentines; elles justifient pleinement, en effet, l’épithète de kappantes qui leur a été donnée ; elles sont, d'humeur très bataïlleuse, mordant tout ce qu’elles rencontrent et ne lâchant pas prise aisément. « À peine a-t-on posé dans le canot une Chélydre capturée, écrit Weinland, que l'animal furieux s’archoute sur ses membres

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