‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 63 sur 276 · LE CARET · texte numérisé non relu

LE CARET

T Ze KO ES Le

Prel Lp

Fig. 121. — Le Caret (1/20° de grand, nat.).

Zanzibar, les îles de la Sonde, la Nouvelle- Guinée, le détroit de Torrès, les Fidji, les Carolines, le sud de la Californie, les Galapagos, le Pérou, le Chili, la république Argentine, le Brésil, la mer des Antilles.

Mœurs. — Cette espèce se nourrit principalement de matières végétales et particulièrement de fucus. Les endroits où les Tortues franches se tiennent habituellement sont remplis de débris de ces végétaux flottant à la surface de la mer. Audubon et Holbrock, qui ont pu observer l’espèce dans la partie sud des

États-Unis, rapportent qu’elle préfère surtout :

le Zostera marina que l’on nomme communément l'herbe aux Tortues.

LE CARET, — CHELONIA IMBRICATA.

Karetischildkrôte

Caractères. — Le Caret (Chelonia imbricata, caretta,rostrata, Eretmochelys squamata)n'arrive jamais à une aussi grande taille que la Tortue franche. Le principal caractère de l'espèce est

| carapace est relevée en une carène plus ou

moins saillante en son milieu; le bord postérieur du limbe est fortement dentelé (fig. 121). La partie supérieure du corps est généralement jaune, jaspée de brun; les plaques de la tête sont de même couleur. Les individus jeunes ont le bord postérieur des plaques du sternum

| noirâtre. On peut voir dans les collections

du muséum d'histoire naturelle de Paris une Tortue caret dont les écailles sont jaunes, avec des raies de couleur marron clair, disposées enlong sur les vertébrales et en rayons sur les costales. .

Distribution géographique. — Cette espèc

| est aussi largement répandue que la Tortue

franche dont nous avons précédemment écrit l'histoire ; elle est toutefois particulièrement abondante dans la mer des Antilles, à Cuba, à la Jamaïque, à la Martinique, à la Trinidad ;

| elle a été capturée dans le golfe du Mexique,

dans la partie méridionale des États-Unis, aux Bahamas, au Brésil, à la république Argentine, au Pérou, au Chili, au Cap, à Mahé, à

tiré de l'imbrication des plaques du disque; la | Madagascar, à Zanzibar, au Japon, sur les

Brenm. — V.

LE LUTH

côtes de Chine, aux Philippines, aux Nicobar ‘et Andaman, aux îles de la Sonde, à Timor, à la Nouvelle-Hollande, dans le détroit de Torrès, à la Nouvelle-Guinée, à Waigiou, à Oualan, à Taïti, à la Nouvelle-Calédonie, aux Carolines, et en de nombreux points encore.

Moœurs. — La Tortue franche est essentiellement herbivore; le Caret passe pour presque exclusivement carnassier. Catesby rapporte, d’après les pêcheurs américains, qu’on trouve de grands coquillages à moitié dévorés par cette Tortue qui se nourrit certainement de Céphalopodes, tels que Poulpes et Calmars, qui paraissent communiquer à sa chair une odeur de muse toute particulière.

De même que les Tortues franches, les Carets reviennent pondre chaque année aux mêmes points. En 1826, rapporte Tennent, on captura aux environs de Hambangtotte un Caret qui portait à l’une des nageoires un anneau qui lui avait été attaché trente ans auparavant au moment de la ponte etau même endroit.

LA COUANE. — CHELONA CAOUANA.

Caractères. — La carapace de cette espèce est un peu allongée, unie chez l'adulte, tricarénée et à bord marginal dentelé chez le jeune ; les mâchoires sont légèrement recourbées l’une vers l’autre à leur extrémité. Les pattes sont pourvues de deux ongles. Le dessus du corps est d'un brun marron foncé; les membres, qui ont même couleur, sont bordés de jaunâtre ; la tête est d'un brun marron parfois très clair; le plastron est d’un jaune plus ou moins foncé suivant les individus. Chez les jeunes, la carapace est ordinairement rayée de brun. La taille arrive à près d’un mètre et demi.

Distribution géographique. — Cette espèce qui se trouve dans la Méditerranée est surtout commune dans l'océan Atlantique; elle a été également capturée à Ceylan, sur les côtes de l'Inde et de l'Australie.

LES TORTUES LUTH — DERMATO- CHELYS

Lederschildkrôte.

Caractères. — Parmi les Thalassites, les Dermatochelys se reconnaissent facilement à leur corps enveloppé d'une peau coriace et fort épaisse qui recouvre complètement les os

de la carapace et ceux du sternum. Les doigts sont privés d'ongles.

Au lieu de se réunir en pièces distinctes, soudées ausplanchno-squelette, le dermo-squelette est complètement indépendant ; les vertèbres, les côtes restent absolument distinctes, ce qui est uneexception unique dans le groupe de Tortues. La carapace n’est plus représentée que par de petites pièces en forme de mosaïque, noyées dans la peau; chez les individus jeunes la peau est revêtue d’écailles tuberculeuses, dont les unes sont convexes et circulaires, les autres aplaties et polygonales. .

LE LUTH. — DERMATOCHELYS CORIACEA.

Lüth,

Caractères. — La carapace de la Tortue Luth est en forme de cœur; l'extrémité postérieure est fort pointue et l’antérieure présente trois bords très infléchis en dedans. On voit sur cette carapace sept carènes longitudinales un peu dentelées en scie, surtout chez les individus adultes, arrondies au contraire chez les jeunes. La face inférieure du corps est molle et flexible, mais chez les jeunes, elle présente cinq carènes longitudinales cartilagineuses, au-dessous desquelles se voit la trace d'un écusson osseux. Chez les jeunes, la tête, le cou et les membres sont recouverts d'écussons qui disparaissent peu à peu avec l’âge. La coloration est d’un brun sombre, tacheté de brun clair ou de jaunätre ; la tête est brune; lesmembressont noirâtres, bordés de jaune, ce qui est aussi la couleur de la gorge et des mâchoires (fig. 122).

Le Luth est une des Tortues pouvant arriver à la plus grande taille; elle dépasse souvent 2 mètres de longueur et peut peser jusqu'à 600 kilogrammes.

Distribution géographique. — Bien que cette espèce ait été observée en divers points de la mer Rouge et de l’océan Indien, elle paraît être plus particulièrement spéciale à l’océan Atlantique ; c’est, en tous cas, une espèce de haute mer que l’on ne capture que rarement. Il est curieux de noter qu'on ne la connaît guère dans les collections que par des individus très jeunes ou de très grande taille. Elle a été prise plusieurs fois sur les côtes d'Europe. Rondelet, quiécrivaiten l’année 1558, parle d’une Tortue Luth, longue de 5 coudées, qui avait été capturée à Frontignan sur les côtes du Languedoc. Amoreux mentionne

LE LUTH

TE

Page 1