LE BRONTOSAURE
Parmi les Sauropodes trouvés dans les montagnes Rocheuses, la bête la plus étrange est sans doute le Brontosaure dont nous donnons la restauration du squeletle d’après le professeur Marsch (fig. 154).
Le Brontosaure atteignait une taille de près de 16 mètres; vivant il devait peser au moins 30 tonnes, soit 30,000 kilogrammes ! La tête est remarquablement petite pour un animal de celte taille; le cerveau, extrêmement réduit, indique une bête lente et stupide. Le cou est long, flexible, fort mobile, les membres massifs, les os solides. L'animal marchait à la facon des Ours actuels, et chaque empreinte de ses pas avait environ 90 centimètres carrés! Le corps était entièrement nu. Les mœurs étaient plus ou moins aquatiques; l'animal devait se tenir dans les marais bourbeux, un peu comme le font les Hippopotames actuels; la nourriture
L'IGUANODON
se composait de plantes poussant dans l'eau ou près de la rive.
LE MOROSAURE
Ün autre Herbivore vivait en compagnie du Brontosaure ; c'est le Morosaure, qui avait 40 pieds de long et dont la tête était également très petite comparée à la masse du corps.
C'était sans doute un animal très lourd et très lent, au long cou, à la queue allongée, aux dents nombreuses, d'environ 46 centimètres de longueur. Chez cet animal un os du bassin, l'ilium, est dirigé comme chez les Mammifères marins.
L'APATOSAURE
L'Apatosaure, au cou court et massif, le Laosaure qui n'avait que 10 pieds de long, étaient aussi des Herbivores particuliers à l'Amérique du nord.
LE CÉTIOSAURE
Parmi les Sauropodes européens, Marsch cite le Cétiosaure trouvé d’abord à Oxford, en Angleterre, et depuis sur divers points du continent.
Le Cétiosaure ne le cédait guère en puissance à ses congénères américains; on en jugera facilement quand on pense que l’os de la cuisse atteint jusqu’à 42,70 de haut, et que ce que l'on connaît de la tête et de la colonne vertébrale a 12 mètres, ce qui donne un animal d'environ 16 à 17 mètres de long! Les affinités du Cétiosaure sont multiples et si, par certains
points, il est Dinosaurien, par d’autres il se | rapproche franchement des Crocodiles, ainsi |
que l’a démontré Phillips qui a si bien étudié cet animal. Les Cétiosaures pouvaient vivre sur la terre ferme et se réfugier dans les marais ou à l'embouchure des grands fleuves; il est probable qu'ils habitaient, d’après Phillips, «au milieu des marécages, parmi les fougères, les cycadées, les arbustes de conifères, les arbres grouillant d'insectes et de petils mammifères ; leur régime était herbivore, et ils ne se voyaient pas forcés de disputer leur nourriture au Mégalosaure qui vivait dans les mêmes conliées qu'eux. »
LES STÉGOSAURES — STEGOSAURIA
Caractères généraux. — À l'inverse des Sauropodes, les Stégosaures ont les membres an-
térieurs très courts et progressaient surtout à l’aide de leurs pattes de derrière ; ils étaient plantigrades et ongulés; il existait cinq doigts à chacune des pattes, le pouce était toutefois parfois si réduit qu'il entrait à peine dans la composition du membre.
Les Stégosaures américains, qui font partie de cet ordre, avaient 30 pieds de long; c'étaient des animaux aquatiques, au corps revêtu de plaques osseuses et d’épines aiguës qui leur formaient une puissante armure. Leur tête, très petite, protégeait un encéphale étroit et allongé, relativement fort réduit. Les dents étaient nombreuses, de forme cylindrique, supportées par un long pédicule, transversalement comprimées et recouvertes d’un émail épais. Tous les os sont pleins; le fémur n’a pas de troisième trochanter; l'os de la cuisse est très long, remarquablement robuste. Les vertèbres (fig. 144 et 145, p. 160) sont biconcaves. Les nerfs qui se rendaient au membre postérieur devaient être très développés, si on en juge par la largeur des trous qui, au sacrum, leur donnaient passage.
Les Acanthopholis, des couches crétacées de Cambridge, les Scélidosaures, du Lias d’Angleterre, les Hylæosaures, de la partie inférieure des terrains crétacés, sont des représentants européens du groupe des Stégosaures. Chez les Scélidosaures les dents sont dentelées sur les bords et ressemblent beaucoup à celles de certains Lézards herbivores de l’époque actuelle, tels que les Iguanes.
LES ORNITHOPODES — PODA
ORNITHO-
Caractères géméraux et distribution géologique. — L'ordre des Ornithopodes est caractérisé par la petitesse des membres antérieurs comparés aux postérieurs, et la dentition indiquant un régime herbivore; ce sont les Dinosauriens qui sont le plus manifestement le passage entre les Oiseaux et les Reptiles.
Les Ornithopodes paraissent avoir apparu vers la fin des temps jurassiques ; on les retrouve pendant l’époque crétacée ; l’'Orthomère, des couches de Maestricht, qui vivait avec le Mosasaure, est le plus récent des Dinosauriens connus.
L'IGUANODON
Non loin de la frontière française, entre
L'IGUANODON
Mons et Tournay, se trouve, en Belgique, le charbonnage de Bernissart.
Pour atteindre les couches de houille il faut, dans ce pays plat, creuser le sol à une certaine
| bas, ce qui est un caractère tout à fait excep-
profondeur et traverser des terrains qui sesont |
déposés postérieurement à la formation du précieux combustible. En faisant à Bernissart des recherches pour l'extraction de la houille,
sur une vallée datant du commencement de |
l’époque crétacée et remplie après coup par suite des mouvements du sol. Des poissons par centaines, des Crocodiles de types inconnus, de gigantesques Reptiles étaient restés enfouis,
à près de 350 mètres de profondeur, presque à | l'endroit où ils avaient autrefois vécu; ils |
tionnel chez les Reptiles actuels. L’extrémité des mâchoires devait être vraisemblablement pourvue d’un bec destiné à couper les grandes fougères et les cycadées qui poussaient sur les bords des lagunes et des marécages dont le sol était entrecoupé; les dents, qui sont cré-
| nelées aux bords, indiquent un régime essenon était tombé sur des couches wealdiennes, |
étaient ensevelis dans la boue, gisant pêle- |
mêle avec les plantes qui croissaient sur le sol qu'ils avaient foulé à une époque si reculée qu'elle dépasse toute imagination.
Les animaux géants, rendus ainsi à la lu- |
mière, grâce aux admirables et persévérantes recherches de de Paux et de Sohier, étaient des Dinosauriens appartenant au genre Iguanodon, dont Gédéon Mantell avait, dès 1822, trouvé les premiers ossements dans l'ile de Whigt, en Angleterre.
C’est aux travaux de Boulenger, de Van Be- |
neden et surtout à ceux de Dollo que nous de-
vons la connaissance de l’un des êtres les plus |
étranges qui aient vécu dans les anciens temps. | La découverte de l'Iguanodon de Bernissart, |
animal dont on connaît aujourd’hui le squelette complet, a jeté un jour absolument nou-
veau sur la constitution de tout un groupe de |
Dinosauriens herbivores.
Tout est étrange, en effet, chez l'Iguanodon; sa taille, de même que ses allures, sont bien faites pour étonner le naturaliste qui ne connaîtrait que les Reptiles actuels. êtres bien
chélifs si on les compare aux animaux qui ont |
vécu autrefois et qui semblent avoir joué le rôle qui est dévolu aux plus grands des Mammifères terrestres actuels.
L'Iguanodon de Bernissart mesurait près de 10 mètres du bout du museau à l'extrémité de la queue et debout sur ses membres de derrière, altitude qu'il avait en marchant, il s'élevait à plus de 4 mètres au-dessus du niveau du sol.
La tête est relalivement petite, très comprimée; les narines sont spacieuses et comme cloisonnées. La fosse temporale est limitée par une arcade osseuse, aussi bien en haut qu'en
tiellement herbivore et se remplaçaient aussitôt qu’elles venaient à être usées. Le cou devait être très mobile. Les côtes, qui sont fortes, indiquent de vastes poumons. Les membres antérieurs, bien plus courts que les postérieurs, se terminent par une main garnie de cinq doigts ; le pouce est terminé par un énorme éperon qui, revêtu de sa griffe, devait être une arme extrêmement redoutable. Le membre postérieur, qui est digitigrade, est muni de trois doigts seulement, probablement réunis par une palmure ; le bassin ressemble plus à celui des Oiseaux qu’à celui des Reptiles actuels. La queue, un peu plus longue que le reste du corps, a jusqu’à 5 mètres et se compose de près de 50 vertèbres : elle est très comprimée latéralement, comme celle des Crocodiles et devait servir de rapide et puissant moyen de propulsion (fig. 156).
« Les circonstances dans lesquelles les Iguanodons de Bernissart ont été trouvés montrent, ainsi que M. Dupont l’a fait voir, que ces animaux devaient vivre au milieu de marécages et sur les bords d’une rivière ; rien de surprenant, par conséquent, qu'ils aient eu des mœurs aquatiques.
« Étant donné que les Iguanodons passaient une partie de leur existence dans l’eau, nous pouvons nous figurer, à l’aide d'observations faites sur le Crocodile et sur l'Amblyrrhynque (grand Lézard marin des îles Galapagos), deux modes de progression très différents de notre Dinosaurien au sein de l'élément liquide.
« Quand il nageait lentement, il se servait des quatre membres et de la queue. Voulait-il, au contraire, avancer rapidement pour échapper à ses ennemis, il ramenait les membres antérieurs, les plus courts, le long du corps et se servait exclusivement des membres postérieurs et de son appendice caudal. Dans ce dernier mode de progression, il est clair que plus les pattes de devant sont petites, plus elles se dissimulent, et moins, par conséquent, elles causent de résistance au déplacement de l’animal dans l’eau. Comme confirmation de ceci, on observe que, parmi les formes ayant la ma-
168 L'IGUANODON
Fig. 155. — Les Dinosauriens des Montagnes Rocheuses à l’époque jurassique.
nière de nager sus-indiquée, les membres antérieurs sont d'autant plus réduits que la bête est plus aquatique.
« À terre, les Iguanodons marchaient à l’aide des membres postérieurs seuls ; en d’autres termes, ils étaient Dipédes à la manière de l’homme et d’un grand nombre d'oiseaux, et non sauteurs comme les kangourous; de plus, ils ne s’appuyaient point sur la queue, mais la laissaient simplement traîner,
« Mais, dira-t-on, vous avez comparé tout à l'heure, en parlant de la vie aquatique, les Iguanodons aux Crocodiles; ceux-ci pourtant ne sont pas adaptés à la station droite. Qu'’avaient donc besoin les Iguanodons d’une marche bipède, s'ils possédaient des mœurs ana-
logues? Il me paraît, au contraire, que se tenir debout a dû être un grand progrès, et voici pourquoi :
« Les Iguanodons étant herbivores devaient servir de proie aux grands carnassiers de leur époque; d'autre part ils séjournaient au milieu des marécages. Parmi les fougères qui les entouraient, ils auraient vu difficilement, ou pas du. tout, arriver leurs ennemis; debout, leur regard pouvait planer sur une étendue considérable. Debout encore, ils étaient à même de saisir leur agresseur entre leurs bras courts, mais puissants, et de lui enfoncer dans le corps les deux énormes éperons, vraisemblablement garnis d’une corne tranchante, éperons dont leurs mains étaient armées.
LES COMPSOGNATHES.
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Fig. 156. — L'Iguanodon.
« La progression difficile du Crocodile sur
terre a été décrite par tous les voyageurs, et il |
ne peut y avoir de doute que la longue queue de cet animal ne contribue pas peu à sa démarche gauche; transformer cet organe encombrant hors de l’eau en un balancier était, ce me semble, une modification heureuse.
« Enfin, la marche bipède devait certainement permettre aux Iguanodons de regagner plus rapidement le fleuve ou le lac dans lequel ils prenaient leurs ébats, qu'une marche quadrupède continuellement contrariée par les nombreuses plantes aquatiques jouant, en
| quelque sorte, le rôle de broussailles (1). »
LES COMPSOGNATHES — COMPSOGNATHA
Caracteres généraux. — Bien que l’ordre des Compsognalhes ne comprenne, jusqu’à présent, qu'une seule espèce, il présente cependant des caractères si particuliers que nous devons tout au moins le signaler.
Le Compsognathe a été trouvé dans les schistes lithographiques de Solenhofen, en Bavière, qui se déposaient un peu avant la fin des temps jurassiques ; ce sont ces schistes à grains fins, formés sous des eaux peu profondes et fort tranquilles, qui nous ont laissé des animaux d’une admirable conservation, des poissons, des insectes et jusqu’à des êtres complètement mous, tels que des Méduses.
L'animal de Solenhofen est de petite taille et se fait remarquer par la disproportion entre les membres de devant et ceux de derrière, ces derniers fort longs, les autres très
BREUM. — Ÿ.
courts ; les vertèbres antérieures sont convexes en avant, concaves en arrière; le cou, très long, est surmonté par une tête fort semblable à celle des Oiseaux; les dents sont nombreuses ; les paltes de devant et celles de derrière ne portent que trois doigts; un os du pied, l’astragale, est soudé avec le tibia, ainsi qu'on le voit chez les Oiseaux. Le Compsognathe, en un mot, bien qu'il soit reptile, est certainement un des Dinosauriens ayant le plus d’affinités avec les Oiseaux ; c'est un de ces êtres comme nous commençons à en connaitre, qui, pendantles temps anciens, sem-
blent avoir relié les divers groupes les uns
aux autres, Comme si ces derniers avaient eu une origine commune.
(1) L. Dollo, Les Iquanodons de Bernissart (Bulletin scientifique el pédagogique de Bruxelles, 1°° avril 1880). REPTILES. — 22
170 LE MÉGALOSAURE..
LES THÉROPODES — 7EROPODA | droit à l’aide de ces robustes membres de LE MÉGALOSAURE. derrière, nageant à l’aide des mouvements de sa longue queue, ou progressant le long des Caractères. — Ayec les Théropodes nous | rivages à la manière des mammifères mar-
voyons apparaîtreles Dinosauriens carnassiers ; leurs doigts sont armés d'ongles puissants; la marche était digitigrade.
Le mieux connu de ces carnassiers est le Mégalosaure dont les mâchoires étaient armées de dents grandes et robustes, un peu recourbées en lame de sabre vers le sommet, au bord antérieur caréné et muni, ainsi que le bord postérieur, de grosses dentelures (fig. 460, p.147). La iêle est courte et massive ; la màchoire inférieure devait être mue par des muscles extrèmement puissants. Le membre antérieur est armé de cinq doigts, le postérieur
de quatre doigts seulement. Les vertèbres sont |
biconcaves et creusées de profondes cavités dans leur intérieur.
D'après Phillips, le Mégalosaure habitait la
terre ferme; il avait sans doute une marche |
droite et bipède, comme son contemporain, l'Iguanodon, ce que démontre le développement des os du bassin, et principalement de l’ilinm. Les débris du Mégalosaure ont été trouvés dans des dépôts d’estuaire ou de lagunes peu profondes ; il est probable que les
poissons qui abondaient dans les eaux de cette |
époque devaient entrer pour une large part dans l'alimentation du Reptile carnassier.
On peut se le figurer progressant à peu près
supiaux.
Distribution géologique. — On trouve, dans les couches triasiques, des ossements qui indiquent un carnassier, le Tératosaure, allié au Mégalosaure. Celui-ci apparaît dès les premiers temps de l’ère jurassique ; on le trouve pendant toute celte époque ; il vivait en-
| core au moment où se déposaient les couches
de Maestricht, c’est-à-dire vers la fin des temps crétacés. Le Mégalosaure de Bréda, trouvé à ce niveau, est, Avec l’Orthomère de Dollo, un herbivore étroitement apparenté à l'Iguanodon, le plus récent des Dinosauriens
connus ; il coexistait avec le Lézard gigantesque qui a été décrit sous le nom de Mo-
| sasaure de Camper.
Les Mégalosaures d'Europe étaient représentés dans l'Amérique du nord, vers la fin de la période jurassique, par les Créosaures et les Allosaures qui avaient près de vingt pieds de long et progressaient presque exclusivement à l’aide de leurs membres de derrière bien plus développés que les pattes antérieures. Les Labrosaures, autres carnassiers, avaient les vertèbres du cou creusées de larges cavités et nettement opisthocéliennes, c’est-àdire bombées antérieurement et concaves
| postérieurement.
LES DICYNODONTIENS — DICYNODONTIA
Historique. — Vers l’année 1840, furent découverts dans les terrains triasiques du sud de l'Afrique, c’est-à-dire à la base des formations mésozoïques, des ossements d’étranges reptiles indiquant des animaux de grande taille, dont certains caractères rappelaient ceux des Tortues, des Crocodiles et des Lézards. Ce n’était cependant à aucun de ces ordres que les ani-
maux dont nous parlons devaient être rap- |
portés. Bien que le crâne rappelât, par plus
d'un caractère, celui des Lacertiens, bien que |
les mâchoires fussent, jusqu’à un certain point, celles des Chéloniens, bien que la colonne vertébrale indiquât des analogies avec celle des Crocodiliens des anciens âges, les animaux en question appartenaient à un groupe n'ayant plus de représentant dans la nature actuelle et formant, pour ainsi dire, passage entre les derniers des Mammifères etles plus élevés des Reptiles.
C'est en 1844 que M. Bain, géologue attaché à la construction des routes militaires de la colonie du Cap, indiqua les principaux résultats des observations qu'il avait pu faire dans le sud de l'Afrique et qu'il désigna sous le nom de Bidentals les singuliers Reptiles qui venaient d'être découverts par lui.
Ce qui avait tout d’abord frappé l'attention des paléontologistes qui étudiaient les étranges bêtes exhumées des formations triasiques du Cap, c'était l'absence de dents aux mâchoires, coïncidant avec la présence de deux longues défenses aiguës el recourbées, analogues à celles des Chevrotains et des Morses; de ce caractère a été tiré le nom de Dicynodontiens, donné aux Reptiles dont nous allons ici rapidement tracer l'histoire.
Caractères. — Par certains points de leur colonne vertébrale, les Dicynodonliens, de
même que les Dinosauriens ou Ornithoscé- |
liens, s'écartent absolument des Reptiles actuels; leur bassin se compose de quatre à six
vertèbres soudées entre elles formant un sacrum très résistant, et de trois os bien développés ; los pubis rappelle à la fois celui des Tortues et des Lézards ; l’iliumest placé comme chez les Mammifères; les os iliaques sont réunis à l’ischion et aux pubis, comme chez les Mammifères et les Oiseaux ; le bassin, en un mot, rappelle beaucoup plus celui des Mammifères que des Reptiles; chez les Platydosaures, par exemple, il ressemble à celui des Phoques.
Les vertèbres sont biconcaves ou amphicéliennes; les côtes antérieures s’articulent avec la colonne vertébrale par deux extrémités distinctes.
Par sa composition, le crâne rappelle, par certains points, celui des Sauriens et des Crocodiliens. Tous les os qui composent l’occiput sont bien ossifiés ct l'os du tympan est soudé au crâne, ainsi que nous le voyons chez les Crocodiles et chez certains Sauriens qui font passage aux Serpents, tels que les Amphibéniens. Il existe un foramen ou trou pariélal, comme chez cerlains Lacertliens, tels que les Varans.
Les Crocodiles et les Tortues ont un orifice nasal antérieur, simple, placé sur la ligne médiane, vers l'extrémité du rostre; jamais chez ces animaux les narines ne sont séparées en cavités distinctes par l’intermaxillaire ou par les os du nez; or ce caractère existe chez les Dicynodontiens, ce qui les rapproche des Sauriens. Chez les Dicynodons, en effet, les orifices antérieurs des fosses nasales sont distincts, écartés, latéraux; l'extrémité antérieure du rostre est formée par un intermaxillaire unique, massif, s’unissant directement en arrière avec les os du nez.
L'arcade temporale est toujourstrès-robuste; la fosse temporale rappelle plutôt ce que l’on voit chezles Mammifères que chezles Reptiles; celle fosse donnait attache à des muscles très
LE DICYNODON PARDICEPS.
Fig. 157. — Crâne de Dicynodon pardiceps (1/5 de grandeur).
puissants. La cloison qui séparait les deux orbites est bien ossifiée. Le crâne proprement dit est peu développé, de telle sorte que le cerveau devait être fort petit, ce qui est un caractère essentiellement replilien.
Le bord des mäâchoires, qui est tranchant, était probablement recouvert d’une substance cornée, ainsi que cela existe chez les Tortues. La mandibule rappelle à la fois celle des Tortues par l'absence complète de dents et celle des Crocodiles par le trou qui existe à la réunion des os dentaire, angulaire et surangulaire.
Les animaux, décrits par Owen sous le nom
de Bidentalia, avaient la mâchoire supérieure armée d'une paire de longues canines qui rappellent celles des Morses, qui sont des Mammifères marins; ces canines, logées dans de profonds alvéoles, devaient croître d’une manière pour ainsi dire indéfinie, en se renouvelant de la base à la pointe. Ces défenses sont formées par une dentine compacte recouverte d’une
LES
Caractères. — Les Dicynodons, les mieux connus des Dicynodontiens, ont les os frontopariétaux aplatis et se continuant avec les fronto-nasaux.
Distribution géoloszique. On en a trouvé dix espèces dans les formations triasiques de l'Afrique australe.
LE DICYNODON PARDICEPS.
Parmi ces espèces, la plus remarquable est le Dicynodon pardiceps.
lame très mince d’émail ; la cavité de la pulpe est conique; la structure de la dent rappelle celle des canines des Mammifères. Il n'existe pas de germe dans le fond des alvéoles. L’extrémité des dents n’est pas usée comme les défenses du Dugong ou les incisives des Ron-
| geurs, d’où l’on peut inférer que ces dents
étaient employées par l'animal pour tuer sa proie ou pour se défendre contre ses ennemis.
Les Cryptodontia n'avaient qu'un renflement du maxillaire supérieur simulant des canines; c’est dans ce groupe que rentrent les genres Oudenodon, Kistécéphale, Endothkiodon. Ces derniers ont de petites dents au palais.
Les membres sont presque égaux, massifs; les pieds sont courts et robustes.
Distribution géologique. — Tous les Dicynodontiens sont, jusqu'à présent, spéciaux aux formations triasiques; ils caractérisent, ainsi que nous l'avons vu, ces formations dans le sud de l'Afrique; ils ont également été trouvés dans l’Inde et dans les monts Ourals.
DICYNODONS
Le crâne que nous figurons d’après R. Owen (fig. 157) a 0,360 de long sur 0,160 de hauteur maximum, ce qui indique un animal de grande taille; le crâne est fort surbaissé, la crête temporale est très saïllante; les orbites sont grandes.
Avec ce crâne a été trouvé un humérus de 0%,240 de long, large, trapu et épais, indiquant un animal aux membres lourds et trapus, très fortement musclés.
LES KISTÉCÉPHALES.
LE DICYNODON TIGRICEPS.
Le Dicynodon tigriceps a le crâne, de 0",430 de long, aussi remarquable par ses grandes dimensions que par le développement des arcades zygomatiques et des fosses temporales.
LE DICYNODON RECURVIDENS.
Le Dicynodon recurvidens a les canines re-
courbées en arrière, au lieu d'être dirigées directement en bas.
Citons encore :
LE DICYNODON TESTUDICEPS.
Le Dicynodon testudiceps était une espèce de plus petite taille, au crâne très large et très court, aux orbites petites, aux narines grandes, à la région nasale peu développée, ce qui donne à la partie antérieure de la tête une grande ressemblance avec la face d’une Tortue de mer.
Le crâne du Dicynodon leoniceps a jusqu’à 0®,450 de long.
Le Dicynodon Bari a le crâne très surbaissé.
LES PTYCHOGNATHES
Caractères. — Les Ptychognathes devaient | être des animaux de moindre taille que les |
Dicynodons, si l’on en juge par leur crâne; certaines espèces avaient toutefois une tête longue de 02,470; chez d’autres, au contraire, la tête n'a que 0®,100. Le crâne est presque toujours très élevé, très dilaté en arrière; les narines sont petites, éloignées du rostre; la sclérotique renfermait des pièces osseuses, ainsi qu'on
le voit chez les Oiseaux et les Tortues de mer.
Le menton est convexe, épais en avant, redressé obliquement en haut, tandis que la mâchoire supérieure est obliquement tronquée; la bouche s’ouvrait donc obliquement en haut, ce qui donne à ces animaux une physionomie fort bizarre.
Distribution géologique. — Les formations triasiques du Cap ont fourni huit espèces.
LES OUDENODONS
On s’est demandé s1 les Oudenodons, qui manquent de canines, ne seraient pas les femelles des Dicynodons; on sait, en effet, que chez beaucoup d’animaux les mâles seuls por-
tent des défenses; la grande différence que l'on constate entre les crânes rapportés aux deux genres cités n'autorise pas, jusqu'à présent, leur rapprochement.
LES KISTÉCÉPHALES
Nous avons dans les Âislécéphales les plus petits des Dicynodontiens connus : leur
crâne n'a, en effet, que 5 à 8 centimètres de
long.
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