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= \2 TX N 2 \N 22,
Fig. 158. — Squelette de Ptérodactyle, d'après Pictet,
Une découverte des plus intéressantes faite dansles grès verts de:Cambridge en Angleterre, grès verts qui appartiennent à la partie supérieure des terrains crétacés inférieurs, a été celle du moulage naturel de la cavité crâänienne d'un Ptérodactyle. Gette pièce si intéressante a été étudiée par Seeley, et lui a montré que le cerveau ressemblait beaucoup à celui des Oiseaux, du Hibou en particulier; les hémisphères cérébraux ont même développement; le cervelet et les nerfs optiques sont ceux de l’Oïseau, plutôt que ceux du Reptile.
Comme chez les Oiseaux, les vertèbres du
cou sont les plus fortes de toutes; ces vertèbres |
sont tantôt courtes et massives, tantôt allon-
gées ; leur nombre est généralement de 7 à 8. | | chez les grands Ptérodactyliens d'Amérique,
Les deux premières vertèbres sont soudées ensemble, au moins chez les espèces de la craie. Les vertèbres sont procéliennes, c’est-àdire que leur face articulaire antérieure est excavée pour recevoir la convexilé que forme la face postérieure; l'existence des côtes cervicales est douteuse. Entre la région cervicale et la région sacrée se trouvent de 14 à 16 verièbres, sur lesquelles une ou deux seulement sont lombaires, ou dépourvues de côtes. Les
côtes s’articulent avec les vertèbres par deux |
têtes ou extrémités distinctes. Tantôt les côtes ne s’attachent pas au sternum, ainsi qu'on le voit chez les Ptérodactyliens de l’époque jurassique, tantôt, comme chez les Ptérodactyliens des terrains crétacés de l'Amérique du Nord, le sternum est massif et porte des traces d’articulations costales. Le sternum est toujours complètement ossifié et pourvu d’une crête médiane qui rappelle le bréchet des Oiseaux et qui indique l’attache de muscles puissants (fig. 158).
Les Ptérodactyliens étaient des animaux au .
| vol puissant et rapide ; aussi chez eux le
membre antérieur est complètement modifié et disposé en vue de cette fonction.
Nous venons d'indiquer la force du sternum;
tels que le Ptéranodon, pour aider à la puissance du vol, l’arc pectoral était fortifié par la soudure de plusieurs vertèbres, et par l’articulation robuste du scapulum avec ia colonne vertébrale ; c’est virtuellement la répétition pour l’arc scapulaire de ce qui existe normalement pour l'arc pelvien ; dans ce cas l'épaule est absolument comparable au bassin. Le mode de renforcement de l'arc scapulaire est tout à fait particulier à ces animaux et n’a pas
LES PTÉROSAURIENS.
Fig. 159. — Squelette d'une Chauve-Souris (P£eropus).
encore été signalé chez d’autres vertébrés.
Chez les Ptérodactyliens jurassiques l'arc scapulaire ressemble beaucoup à celui des Oiseaux; la clavicule fait défaut; le scapulum et le coracoïde ne sont pas soudés ensemble, au moins chez les espèces américaines.
Chez les Oiseaux, qui sont les animaux aériens par excellence, les ailes sont formées de plumes raides qui sont fixées par leur base à une sorte de moignon aplati et presque immobile; les deux os de l’avant-bras ne peuvent tourner l’un sur l’autre et le poignet ou carpe ne se compose que de deux petits os placés sur un même rang; la main n’est constituée que par un pouce rudimentaire, un petit stylet représentant le doigt externe et un doigt médian composé de deux phalanges.
L’organe du vol est tout autre chez les Mammifères aériens, tels que les Chauves-Souris. Chez ces dernières c’est un repli de la peau qui sert à (frapper l'air, et pour le soutenir les doigts prennent une longueur extrême (fig. 159).
Chez les Ptérodactyliens la disposition de l'aile ne ressemble en rien à ce que nous voyons chez les Oiseaux, mais rappelle jusqu’à un certain point ce qui existe chez les Chauves-Souris, mais bien que tous les doigts prennent part à la formation de l’aile, le petit doigt seul s’allonge démesurément pour soutenir une large membrane qui va s'insérer tout le long du bras, dans toute l'étendue du tronc et se continue jusqu’à la queue.
Les Ptérodactyles proprement dits ont quatre doigts; le pouce porte deux phalanges, le
Breum. — V,
doigt suivant est composé de trois phalanges; on compte quatre phalanges au troisième doigt, tandis que le doigt qui supporte l’aile a quatre phalanges très allongées. Ge grand doigt correspond au petit doigt de la main de l’homme chez les Rhamphorynques qui ont cinq doigts aux membres antérieurs.
On avait émis l’idée que la membrane du Plérodactyle était un organe de natation, non de vol; nous savons positivement aujourd’hui que le Ptérodactyle volait et ne pouvait nullement nager.
Dans ces schistes lithographiques de la Bavière qui nous ont fourni tant d'animaux intéressants, tant de spécimens remarquables par leur admirable état de conservation, il a été trouvé, en 1873, un Rhamphorhynque sur lequel l'aile est intacte. Get échantillon, qui a été étudié par le professeur Marsch, montre que l'aile était une membrane semblable à celle des Chauves-Souris, lisse et finement réticulée. La membrane s’attachait, en dedans, dans toute l'étendue du bras; le cinquième doigt, très allongé, soutenait une fort longue membrane qui se prolongeait jusqu’à la base de la queue. Celle-ci était très longue et les vertèbres en étaient retenues par des tendons ossifiés; elle se terminait par une membrane de forme ovalaire soutenue par des tiges membraneuses s'appuyant sur les vertèbres; bien que flexibles, ces tiges étaient cependant assez rigides pour ne pas être fléchies; le singulier
| appareil que l’on voit à l'extrémité de la queue
du Rhamphorhynque remplissait évidemment REPTILES. — 23
LES PTÉROSAURIENS.
Fig. 160. — Restauration du Rhamphorhynque (d’après Marsch).
le rôle de gouvernail à l’animal et servait à prendre le vent (fig. 160).
Chez les Ptérodactyles proprement dits le gouvernail faisait défaut; la queue était très courte et toutes les vertèbres étaient mobiles les unes sur les autres (fig. 161).
On a fait cette remarque que les os de la main sont plus allongés chezles Ptérodactyliens qui ont la queue courte que chez ceux chez lesquels cet organe est très long.
La disposition des os du poignet ressemble beaucoup plus à ce que l’on voit chez certains Oiseaux, chez l’Autruche par exemple, que chez les Reptiles.
Le nombre des vertèbres soudées pour former le bassin varie de 3 à 6; ce bassin est remarquablement peu développé; l'os iliaque est prolongé en avant et en arrière, comme celui des Oiseaux, mais les autres parties rappellent plutôt ce que l’on voit chez les Reptiles. Chez certains Ptérodactyliens le fémur a des affinités avec l'os de la cuisse de certains Mammifères carnassiers, tandis que chez d’autres il rappelle le fémur des Oiseaux. Il existe au pied, tantôt quatre, tantôt cinq doigts.
Les caractères que nous venons d'indiquer sont tellement particuliers qu'il n’est pas surprenant que les Ptérodactyliens, qui ont aussi été désignés sous le nom de Ptérosauriens et d'Ornithoscélidiens, aient été considérés tantôt comme des Oiseaux, tantôt comme des Reptiles, tantôt comme des animaux intermédiaires entre ces deux dernières classes. Cuvier, Oken,
faisaient du Ptérodactyle un Reptile; Sæmmering voyait dans cet animal un Mammifère volant; Hunter et Blumenbach le regardaient comme un Oiseau; pour Goldfuss et de Blainville, le Ptérodactyle doit prendre place dans une classe intermédiaire entre celle des Oiseaux et des Reptiles.
La découverte des animaux fossiles a singulièrement modifié aujourd'hui la notion que nous nous faisions des divers groupes d’animaux; nous connaissons des Oiseaux ayant des dents comme les Mammifères, des Mammifères ayant un bec comme les Oiseaux; certains êtres sont si étranges qu'ils ont pu être alternativement regardés par les anatomistes les plus compétents comme des Reptiles ayant des plumes, ou comme des Oiseaux ressemblant à des Reptiles par une grande partie de leur squelette. C’est que les groupements en classes, en ordres, en familles telles que nous les admettons dans nos classifications n'existent en réalité pas dans la nature; il y a un enchaînement continu, sinon réel, du moins virtuel des êtres, les uns par rapport aux autres ; chaînons d'une même chaîne, ils se relient entre eux.
Pour le professeur Huxley, doivent être considérés comme Oiseaux, les vertébrés à sang chaud, ayant une valvule musculaire dans le ventricule de droite, un seul arc aortique, et présentant des modifications particulières des organes de la respiration.
Le professeur Seeley admet qu’il est grandement probable que les Plérodactyliens
LES PTÉROSAURIENS.
Fig. 161. — Restauration d'un Ptérodactyle.
étaient fort voisins des Oiseaux. Ils avaient, comme ces derniers, ce fait est certain, de larges cavités dans les os longs et ces cavités communiquaient avec des trous pneumatiques.
Pour voler et se soutenir longtemps dans l'air, ainsi que le faisait le Ptérodactyle, cet animal devait faire de violents efforts musculaires et dès lors produire de la chaleur; les Ptérodactyles devaient, de même que les Dinosauriens, être des animaux à sang chaud, à température constante; leur circulation pouvait donc être celle des Oiseaux. Si cependant, fait remarquer Huxley, on note que chez la Chauve- Souris, qui est cependant un animal qui vole, les organes de la circulation et ceux de la respiration ne sont pas ceux de l'Oiseau, mais bien d’un Mammifère, on accordera que le cœur et les gros vaisseaux ont pu ne pas être chez le Ptérodactyle ce qu'ils sont chez l'Oiseau, bien que le sang ait été chaud. On répond à cette objection que les Ptérodactyles ne sont pas des Reptiles modifiés au point de vue de la locomotion aérienne, puisqu'ils présentent un système pneumatique analogue à celui des Oiseaux, tandis que les Chauves- Souris, qui volent cependant, n’ont pas de système pneumatique, car ce ne sont pas des Oiseaux, mais bien des Mammifères organisés pour voler.
Pour Seeley les Ptérodactyliens sont des
Oiseaux, ce mot étant pris dans sa plus large acception, mais des Oiseaux qui ont des caractères plus reptiliens qu'aucun des Oiseaux actuellement vivants. Les ressemblances entre les Ptérodactyliens et les Reptiles existent ce-
| pendant, et elles sont assez nombreuses. Her-
mann de Meyer plaçait les Ptérodactyliens et
| les Dinosauriens dans une classe particulière,
celle des Palæosaures, classe qui prenait rang entre celle des Oiseaux et celle des Reptiles. Si les Dinosauriens font, en quelque sorte, passage entre les Reptiles et les Oiseaux et les Mammifères, les Ptérodactyliens relient intimement les Reptiles aux Oiseaux et se placent plus près de ceux-ci que des Reptiles proprement dits.
De même que les Dinosauriens, les Ptérosauriens n’ont encore été trouvés que dans les formations secondaires, aussi bien en Europe que dans l'Amérique du Nord. De même que les Dinosauriens ils comprennent des types très divers; ainsi que nous l’avons vu, chez les uns, la queue élait très courte, chez les autres cet organe était fort allongé et terminé par une membrane servant de gouvernail. Les Ptérodactyles proprement dits avaient les mâchoires courtes et garnies de dents dans toute leur longueur; chez d’autres, les mâchoires, très prolongées, se terminaient vraisemblablement par un bec corné; chez certains il n'existait
LES PTÉROSAURIENS.
de dents que dans une partie de l'étendue des | mâchoires: les dents étaient parfois toutes | semblables et d'égale force; parfois, au con-
traire, les dents antérieures étaient beaucoup plus longues et plus acérées que les dents postérieures; certains Ptérodactyliens trouvés aux États-Unis dans la craie du Kansas ne paraissent pas avoir eu de dents.
Certains Ptérodactyles jurassiques n'étaient guère plus gros qu’un Moineau; Marsch a trouvé par contre dans les terrains crétacés du
Kansas des ossements qu'il rapporte au genre
Ptéranodon et qui indiquent des animaux dotn . les ailes devaient avoir près de 20 pieds d’envergurel Ces bêtes monstrueuses devaient être bien communes aux États-Unis pendant l'époque crétacée, car le professeur Marsch indique qu’il existe dans les collections de Yale- Collège, à New-Haven, dans le Connecticut, des ossements qui indiquent près de 600 Ptéranodons gigantesques |
LES SAURIENS — SAURIA
Die Schüppenechsen.
Caractères généraux. — Le gracieux Lézard que connaissent tous nos lecteurs représente assez bien le type moyen des Sauriens, bien que cette forme fondamentale, si on peut s'exprimer ainsi, subisse de nombreuses et importantes modifications; les membres peuvent s’atrophier et même disparaître complètement, l’animal revêtant alors l'aspect extérieur d’un Serpent; on peut cependant dire, qu’en général les Sauriens ont une forme assez semblable à celle des Crocodiles. Ils ressemblent, anatomiquement; plus aux Ophidiens qu'aux Crocodiles: ces derniers, ainsi que les Chéloniens ou Tortues, ont l’ouverture extérieure du cloaque sous forme d’une fente longitudinale; chez les Sauriens, de même que chez les Serpents, cette ouverture se présente sous forme d’une fente transversale.
Les transitions entre les plus parfaits des Sauriens, ceux qui, comme le Lézard, l’Iguane,
le Varan, le Caméléon, ont quatre pattes bien | conformées, et ceux qui, comme l’'Amphisbène, |
l’Orvet, le Pseudope, n’ont pas de membres, |
est tout à fait insensible ; la transition est telle entre ces animaux et les Serpents qu'on est, au premier abord, très embarrassé pour dire si certains animaux doivent être placés dans tel
groupe ou dans tel autre. Il n'y a guère qu'un |
seul caractère distinctif entre les Sauriens et les Serpents; chez ces derniers les deux branches de la mâchoire inférieure sont unies 14-
chement au moyen d'un ligament; les deux | branches de la mandibule sont soudées chez |
les Sauriens ; on voit combien ce caractère distinctif est faible. Tous les autres caractères qu'on invoquerait peuvent tous, et tour à tour, venir à manquer.
Squelette. — Le crâne des Sauriens, à quelques exceplions près, se compose d'une série
de pièces séparées par de larges espaces vides, semblant placées en échafaudage les unes sur les autres; aussi pour éviter l’écrasement de toutes ces parties, existe-t-il un os particulier, la columelle de Cuvier qui, comme un arc-bouant, comme un pilier étendu entre ces parties, leur donne de la solidité et les maintient dans leurs rapports réciproques. Cette columelle s'étend, de chaque côté, du pariétal au ptérygoïdien ; elle semble être un os à part dont le but est de soutenir la voûte du crâne qui n’est plus appuyée en avant, parce que l’aile orbitaire, l'aile temporale et l’ethmoïde sont en partie membraneux (voy. fig. 162, Co). Ce fait est si vrai que les animaux qui, comme le Caméléon et l’Amphisbène, ont le crâne solide, ne possèdent pas de columelle.
Le crâne des Sauriens rappelle celui des Tortues par le développement d’une cloison interorbitaire, cartilagineuse, cloison qui est osseuse chez les Amphisbéniens. Les arcades temporales supérieure et inférieure ne sont pas ossifiées chez les Geckotiens, le préfrontal étant uni avec le squamosal et le maxillaire avec l’os carré au moyen d’un ligament. Chez les Sauriens, placés bas dans la série, tels que les Scincoïdiens et les Chalcidiens, ces arcades ont de la tendance à devenir ligamenteuses.
Dans la grande majorité des Sauriens, de même que chez les Tortues, les côtés du crâne dans la région auriculaire se prolongent en deux longs et larges processus. Chez l'Hattérie, l'os carré est fixe, immobile, non seulement par ankylose, aveclesquammosal, le quadratojugal et le ptérygoïdien, mais surtout par l’ossification d'une épaisse membrane, qui, chez les Lézards en général, s'étend entre ces os; chez tous les autres Sauriens, l'os carré est libre; cet os peut ètre très peu développé, ainsi qu'on
182 LES SAURIENS
\D Fig. 162. — Cräne d'un Cyclode (*).
le voit chez les Amphisbènes. Les intermaxillaires et les maxillaires sont intimement unis au crâne; les intermaxillaires ne sont pas soudés l’un à l’autre chez l'Hattérie, tandis que ces os n’en forment qu’un seul chez les autres Sauriens, tels que le Varan, le Sauvegarde, le Lézard.
Il existe généralement une large cavité ou foramen pariélal à la voûte du crâne, entre le pariétal et le frontal. Le pariétal est simple chez le Varan, le Sauvegarde, double chez les Geckotiens.La pièce pariétalen’est pas unie par suture avec le segment occipital du crâne, mais réunie à elle par un tissu fibreux. Le postfrontal manque chez les Amphisbéniens. L'arc quadrato-jugal est presque toujours représenté par un ligament, chez l’Hattérie seulement le jugal étant réuni à l’os carré par un os distinct.
De cette disposition, ilrésulte que la partie |
postérieure du crâne des Lacertiens typiques présente un certain nombre de vides ou de fosses. Une fosse supratemporale se voit entrele pariétal, le post-frontalet le squamosal, sur la face supérieure du crâne; une fosse post-temporale est limitée entre le pariétal, l’occipital et l’apophyse parotique, à la postérieure; c’est entre le squamosal et le postfrontal en haut, le jugal et le carré en avant et en arrière, et le ligament quadratojugal en bas, que se trouve la fosse temporale latérale (fig. 162 et 163).
Malgré sa forme bizarre, la tête du Camé- |
léon se laisse assez facilement ramener à la composition des autres Lacertiens. Nous dirons
(*) Dans les figures 162 et 163, les mêmes lettres indiquent les mêmes os : Pmx, prémaxillaire; Mx, maxillaire; Na, nasal; Prf, préfrontal; Fr, frontal; P/, potsfrontal ; Ju, jugal; Co, columelle de Cuvier; Pr, rocher; Pa, pariétal; Sq, temporal; Qu, tympanique; 4r, articulaire ; D, dentaire ; Vo, vomer; PL, palatin; V{1, trou auditif (d'après Huxley).
Fig. 163. — Crâne d’un Cyclode en coupe longitudinale.
seulement que le casque qui surmonte la têle chez la plupart des espèces est soutenu par trois arêtes, dont l’une appartient aupariétal, les deux autres aux temporaux; il n’y a qu’un frontal principal; le museau est formé par les maxillaires supérieurs, entrelesquelsse trouve un intermaxillaire extrèmementpetit. Par une disposition singulière, c'est dans le maxillaire
Fig. 164. — Crâne de Cyclode, vu par la face inférieure (*).
que sont percées les narines externes, une de chaque côté. Les narines postérieures sont situées très en avant. Nous avons déjà dit qu'il | n'existe pas de columelle.
Chez tous les Sauriens, les os palatins et ptérygoïdiens sont solidement unis avec les os de la face et avec la base du cràne. La partie postérieure des ptérygoïdiens est habituelle-
(*) Pmæ, prémaxillaire; Mx, maxillaire ; Vo, vomer; N1, ouverture postérieure des narines; P/, palatin ; PÉ, ptérygoïdien ; Jw, jugal; Tr, transverse; Pr, préfrontal; Sg, Bs, Bo, occipital (d'après Huxley).
LES SAURIENS
ment réunie aux os carrés; leur extrémité an-
térieure s’unit fermement avec les os pala- |
tins et pour cette réunion un os transverse, bifurqué en avant, rattache le palatin, le ptérygoïdien avec le maxillaire (voyez fig. 163, Tr).
La colonne vertébrale se compose toujours d’un grand nombre de vertèbres; la queue est longue, excepté chez les Amphisbéniens et chez quelques Lacertiliens. Chez les animaux dépourvus de membres, il est difficile de nettement distinguer les diverses régions en lesquelles se partage la colonne vertébrale; on reconnaît chez les autres une portion cervicale, une dorsale, une sacrée, une caudale; les deux ou trois dernières vertèbres manquent assez souvent de côtes et sont alors dites lombaires.
La première vertèbre ou atlas se compose de trois pièces, une inférieure et de uxsupérieures unies l'une à l’autre. L'apophyse odontoïde est intimement soudée à l’axis.
Les vertèbres sont généralement procédiennes, c’est-à-dire que leur face articulaire antérieure est concave pour recevoir la convexité que présente la face postérieure de la vertèbre précédente. Les Geckotiens et l’Hattérie ponctuée ont les faces articulaires concaves, aussi bien en avant qu’en arrière; excepté au centre de la vertèbre, qui est ossifiée, la notocorde persiste tout le long de la colonne vertébrale.
Les Iguanes présentent une disposition qui nesetrouve que chezles serpents ; indépendamment des apophyses articulaires que l’on trouve chez les vertébrés, il existe une sorte de tenon recu dans une mortaise que présente la face postérieure de la vertèbre précédente; le tenon a recu le nom de zygosphène, la cavité celui dezygantrum ; cette dispesilion donne une grande solidité à la colonne vertébrale. Chez tous les autres Sauriens, les vertèbres s’articulent par les processus obliques ou zygapopluyses.
Les apophyses transverses des vertèbres sont très courtes, parfois rudimentaires, divisées en deux facettes distinctes correspondant à des facettes de l'extrémité de la côte. Certains Sauriens fossiles connus sous le nom de Protérosaures n’ont pas l'extrémité de la côte divisée pour donner deux articulations à l’'apophyse transverse de la vertèbre. Les côtes peuvent se trouver sur toutes les vertèbres cervicales, à l'exception de l’atlas; les côtes dorsales sont très développées chez l'Hattérie,
les côtes sternales et ventrales étant réunies par une articulation et formant un système tout particulier de côtes abdominales. La partie postérieure de certaines côtes dorsales présente un processus récurrent souvent fort développé; l’Hattérie a des processus récurrents comme les Oiseaux et les Crocodiles. Chez les Dragons, les côtes postérieures sont remarquablement longues et supportent une membrane qui sert de parachute à l’animal pour s’élancer de branche en branche.
Dans la partie antérieure de la queue se voient généralement des os en chevron bien
développés qui sont attachés au corps des ver-
tèbres. Chez beaucoup de Sauriens, tels que les Lacertiens, les Geckotiens, certaines vertèbres caudales présentent une singulière structure ; le milieu de chaque vertèbre est traversé par une cloison épaisse, transversale, non ossifiée; il en résulte que la queue se brise avec la plus grande facilité à ce niveau (fig. 165).
Organes du mouvement. La plupart des Sauriens sont pourvus de quatre membres, et ces membres sont souvent très développés; dans certains groupes les membres se dégradent peu à peu et finissent par disparaître.
C'est ainsi que chez les Scincoïdiens saurophthalmes on a tantôt quatre pattes bien distinctes, comme chez les Cyclodes, les Scinques, les Gongyles, tantôt deux pattes seulement, ainsi qu’on le constate chez les Scélotes et les Ophiodes; tandis que chez les Orvets, les Acantias, les Ophiomores les membres font complètement défaut. Il en est de même chez les Scincoïdiens typhlophthalmes, chez lesquels les pattes sont tantôt nulles, Typhlines, tandis que l’on voit des pattes courtes et aplaties à l'arrière du corps chez les Dibames. Chez les Chalcidiens, toutes les transitions existent entre les animaux chez lesquels les quatre pattes sont bien développées (Zonure, Gerrhonote, Gerrhosaure) et ceux qui, comme les Ophisaures, sont totalement privés de membres ; tantôt, en effet, les pattes sont fort courtes, ainsi qu'on le voit chez les Chalcides, les Chaméosaures, tantôt un petit tubercule représente seul le membre postérieur, comme chez le Pseudope de Pallas.
Chez les plus dégradés de ces animaux, chez ceux qui ont les yeux cachés sous la peau,
| les Typhlines, les patles font complètement
défaut; les membres n'existent plus qu’en arrière chezles Dibames etsont courts, rémifor-
LES SAURIENS
FSSESERS Ÿ
Fig. 165. — Squelette de Lézard.
mes, non divisés en doigts; il en est de même chez les Hystéropes; les Lialis n’ont également que deux membres postérieurs, ces pattes étant en forme de pointes.
Chez les plus élevés de la famille, il existe quatre membres, chaque patte portant cinq doigts, comme chez les Trachysaures, les Cyclodes, les Scinques, les Gongyles, les Abléphares; on peut avoir quatre doigts aux pattes de devant et cinq aux pattes de derrière (Hétérope, Gymnophthalme) ou, au contraire, cinq doigts aux membres antérieurs et quatre aux pattes postérieures (Campsodactyle); les doigts sont au nombre de trois seulement à chaque membre (Seps, Hémiergis), ou de deux aux membres de devant et de trois à ceux de derrière (Hétéromèle). Toutes les combinaisons sont possibles; c’est ainsi que nous
avons deux doigts à chaque membre chez les |
Chélomèles, deux doigts en avant et un en arrière chez les Brachymèles, un doigt aux membres de devant et deux à ceux de derrière chez les Brachystopes, un doigt seulement à chaque membre chez les Evésies.
Certains Scincoïdiens n’ont que deux pattes postérieures, portant tantôt des doigts (Scélote), tantôt n'étant pas divisées en segments distincts (Prépédite, Ophiode). |
Les Chalcidiens présentent des faits de même ordre. Chez les Ophisaures les membres manquent totalement et le corps est ser pentiforme, tandis que les membres, qui sont bien développés, portent chacun cinq doigts chez les Tribolonotes, les Zonures, les Gerrhosaures, les Gerrhonotes.On voit quatre doigtsen | avant, cinq en arrière chez les Hétérodactyles, quatre doigts àchaque membre chez les Saurophides. Les membres sont terminés par trois |
doigts peu distincts chez les Chalcides, tandis que les doigts sont très courts et en forme de stylets chez les Chamésaures.
Chez les Sauriens normaux, c’est-à-dire chez ceux qui ont cinq doigts à chaque membre, ces doigts peuvent être dentelés ou épineux, ainsi qu'on le voit chez les Erémias, les Psammodromes, des Acanthodactyles; ces doigts sont comme frangés sur les bords chez les Basilics.
Certains Iguaniens, tels que les Anolis, ont l’avant-dernière phalange dilatée en une sorte de palette. Les Geckotiens ont l'extrémité des doigts dilatée en une ventouse qui leur permet d’adhérer aux surfaces les plus polies. Chez les Caméléons les doigts sont réunis en deux paquets qui, à la manière d’une paire de tenailles, permettent à l'animal de tenir solidement les branches sur lesquelles il se trouve.
Que l’on vienne à disséquer les animaux qui paraissent totalement privés de membres, et l’on trouvera chez eux un rudiment de membre caché dans les parties molles. L’Acantias,
| l'Orvet, le Pseudope de Pallas, par exemple, | bien que totalement privés de membres, ont
une épaule et un sternum rudimentaire dans lesquels se trouvent des parties osseuses et des parties membraneuses. Lorsque chez les serpents, tels sont le Python, le Boa, l'Eryx, le membre externe subsiste, il est toujours représenté par sa portion périphérique ; c'est le contraire chez les Sauriens :! lorsque le membre disparaît, aussi bien le membre antérieur que le membre postérieur, il ne subsiste jamais que la portion centrale, la portion basilaire, épaule, sternum, bassin.
Lorsque l'arc pectoral est complet, ce qui est le plus fréquent, il se compose d'un sca-
LES SAURIENS
Fig. 166. — Sternum d’'Iguane.
pulum, d’un sur-scapulum, d’un coracoïde, d’un précoracoïde, d'un mésocoracoïde, d’un
Fig.