Epaule et sternum d'Iguane, vue latérale
Chez laplupartdes Sauriensle bassin se com-
| pose, comme à l'ordinaire, de trois os de cha-
épicoracoïde, d’une clavicule et d’une inter- | clavicule ; les deux clavicules sont réunies par |
une interclavicule qui s'enfonce dans le sternum. Ce dernier, qui reste en grande partie cartilagineux, se compose du sternum proprement dit et du xiphisternum (fig. 166 et 167).
Les vertèbres sacrées des Sauriens de l’époque actuelle ne sont pas soudées les unes aux autres et n’ont pas leurs faces articulaires modifiées, les deux faces étant réunies l’une à
l’autre par une articulation en forme de cupule |
et de sphère. Les mouvements des deux vertèbres sacrées l’une sur l’autre sont toutefois restreints par de puissants ligaments qui réunissent leurs apophyses épineuses et leurs arcs et par le fibro-cartilage qui couvre la partie libre des côtes dilatées.
Lorsque le membre postérieur fait défaut, il existe cependant un bassin, mais ce bassin est toujours rudimentaire et parfois incomplet.
C'est ainsi que chez le Pseudope de Pallas on ne trouve que deux pièces, l'ischion manquant ; les deux pubis sont, du reste, largement séparés et ne se réunissent sur la ligne médiane que par un ligament peu résistant. Il existe chez le Pseudope un membre rudimentaire sous forme d’un ergot que l’on voit à l’extrémité du sillon qui partage le tronc en deux parties, l’une ventrale, l’autre dorsale; ce membre rudimentaire est formé d'un petit stylet osseux mobile sur le bassin et représentant le fémur, et de l’ergot qui est le segment périphérique du membre.
Bream. — V,
que côté, le pubis, l’ischion et l'iléon ; la grandeur relative de ces pièces n’est nullement en rapport, du reste, avec la force et la longueur du membre qu’elles supportent. L’iléon est articulé d’une manière mobile avec le fibro-cartilage qui couvre l'extrémité des côtes sacrées. Les pubis et les ischions se réunissent par une suture médiane et la partie antérieure des pubis donne généralement un fort prolongement recourbé, ainsi qu’on le voit chez les Tortues. Chez beaucoup de Sauriens, une tige cartilagineuse ou en partie ossifiée se continue jusqu’à la symphyse des ischions et supporte la paroi antérieure du cloaque. Le Caméléon se distingue des autres Sauriens par un os des îles étroit, allant perpendiculairement s’attacher à l’épine dorsale.
Presque tous les Sauriens ont cinq doigts à la main; il existe le plus ordinairement huit os au carpe. En règle générale, le pouce a deux
|! phalanges, le second doigt trois, le troisième
quatre, le quatrième cinq etle petit doigt trois, de telle sorte que le nombre des phalanges peut être représenté respectivement par les chiffres 2, 3, 4, 5, 3. On compte généralement aussi cinq doigts au pied, leur grandeur augmentant du premier au quatrième et le cinquième étant le plus souvent le plus court de
(*) se, scapulum,; s.sc, surscapulaire ; «», coracoïdien ; gl, cavité glénoïide; Sé, sternum; æst, xiphisternum ; msc, mésoscapulaire; per, précoracoïde ; mc", mésocoracoide ; ecr, épicoracoïide; c/, clavicule ; ic/, interclavicuie (d'après Huxley).
R£PTILES. — 21
LES SAURIENS
tous. Deux larges os, très étroitement unis, ou tout à fait soudés l’un à l’autre, représentent le calcanéum et l’astragale et s’articulent avec le tibia et le péroné, comme d'habitude. Le nombre des phalanges est généralement le mème qu’à la main, à celte exception qu'il y a une phalange en plus pour le doigt externe, sayoir 2, 3, 4, à, 4.
Motilité, — La plupart des Sauriens peuvent passer pour lès mieux doués de tous les Reptiles, tellement leurs mouvements sont rapides et gracieux ; ils semblent, en effet, voler à la surface du sol. Lorsqu'ils progressent à terre, leur ventre traîne en partie, mais ils n’en courent pas moins avec une très grande vitesse. Les rares espèces qui vivent dans l’eau uagent et plongent très habilement, bien que leurs pattes ne soient pas garnies de membranes natatoires. Ceux qui errent le long des parois de rocher, des murailles ou qui vivent sur les arbres grimpent d’une manière vraiment surprenante. La plupart des Sauriens qui vivent sur les arbres sont munis d’une longue queue dont ils se servent avec succès pour maintenir leur équilibre ; ils peuvent courir le long des branches ou sauter de l’une à l’autre avec la plus grande agilité. Quelques Sauriens, habitant les arbres, se servent de leur queue comme d'un organe de préhension et ils se meuvent lentement ; tels sont les Caméléons.
Quelques-uns, comme les Geckotiens, ont le dessous des doigts garni de ventouses qui leur permettent d’adhérer aux corps les plus lisses et les plus polis et de courir dans toutes les positions. D’autres, grâce au parachute que forment leurs côtes allongées, peuvent se soutenir quelque temps dans l’air et se lancer d’un arbre à un autre. Chez les Sauriens absolument privés de membres, la progression se fait par une série de mouvements d’ondulation très rapides, les côtes, et surtout les écailles du ventre, ne prenant pas à ce mouvement une part aussi active que chez les Serpents.
Système nerveux. — De même que chez tous les Reptiles, le système nerveux central est peu développé chez les Sauriens ; par plus d'un point il rappelle celui des Oiseaux, ainsi qu'on peut s’en assurer en comparant, d’après Huxley, le cerveau d’un Saurien, le Varan du Bengale, et d’un Oiseau, le Dindon (fig. 167 à 170).
Le cervelet est bien développé ; le mésencéphale est divisé en deux lobes optiques; les
hémisphères prosencéphaliques sont relativement grands. Les lobes optiques sont creusés de ventricules ; chaque lobe prosencéphalique contient un ventricule latéral se continuant avec le troisième ventricule par le trou de Monro. Les lobes olfactifs sont généralement allongés et creusés de ventricules en communication avec les cavités des hémisphères prosencéphaliques (fig. 174).
Le système du grand sympathique est bien développé; il consiste en une chaîne de ganglions étendue tout le long de la colonne vertébrale, chaque ganglion recevant une racine de la moelle ; le sympathique, qui présente deux ganglions au cou, forme un plexus avec plusieurs des nerfs crâniens, tels que le trijumeau, le pneumo-gastrique, le glosso-pharyngien, le spinal. Dans la cavité abdominale, ce système ne se fusionne pas, ainsi qu’on le voit chez les vertébrés supérieurs, mais reste à l’état de ganglions distincts et disséminés, réunis entre eux par de nombreux filets, de manière à former des plexus se jetant sur les principaux viscères.
Organes des sens. — Les yeux existent chez les Sauriens et sont visibles à l'extérieur, à. part chez deux Scincoïdiens, les Dibames et les Typhlins, chez lesquels ces organes sont cachés sous la peau. Parfois il n’existe qu’une seule paupière ainsi que nous le voyons chez les Abléphares et les Gymnophthalmes ; chez tous les autres Sauriens les paupières sont doubles ; ces paupières sont tantôt transparentes, tantôt la partie centrale de la paupière inférieure est opaque, recouverte d’écailles. Les Ophiops manquent de paupières. Chez les Geckotiens la peau passe au devant des yeux en s’amincissant, de telle sorte qn’il n'existe pas de paupières proprement dites; il en résulte une chambre limitée par la conjonctive et communiquant avec les narines par le canal lacrymal. Les Caméléons présentent cette particularité que la paupière unique peut se fermer circulairement, absolument comme une bourse dont on froncerait les cordons.
Quelques Lacertiens, de même que les Tortues, les Crocodiles et les Oiseaux, ont une troisième paupière ou membrane nictitante mue par des muscles spéciaux ; chez ceux-là on trouve une glande spéciale, dite de Harder
Il n'existe plus de rudiment d'oreille externe. De même que les Serpents, les Amphisbéniens n'ont pas de cavité du tympan. Chez l’Hattérie, chez les Caméléons, de même que
LES SAURIENS
Fig. 165. Fig. 169.
Fig. 168 à 171. — Cerveau d’un Reptile {Varan du Bengale) et d'un Oiseau (Dindon) (*).
chez les Tortues, la membrane tympanique est recouverte par les téguments, mais la cavité du tympan existe ; chez presque tous les Sauriens la membrane du tympan, tendue à fleur de tête, est largement visible ; chez quelquesuns cependant elle est absolument cachée.
Chez les Sauriens la cavité du tympan com-
munique par une large ouverture avec le pharynx ; il existe une fenêtre ronde et une fenêtre ovale, ainsi qu'un limaçon.
Le sens de l’olfaction est peu développé chez les Sauriens ; les fosses nasales sont, en effet, petites et n’ont ni sinus ni cornets ; les orifices externes des narines sont, en général, distincts
X'ig. 112. — Coupe longitudinale du cerveau d'un Reptile (le Varan du Bengale) (**),
et séparés; dans les Stellions, les Varans, les Caméléons, les orifices sont plus latéraux, et par conséquent plus écartés.
La langue diffère beaucoup suivant les types
examinés. C’est ainsi que chez les Caméléons |
elle est très longue et projectile pour ainsi dire ; chez les Varans elle est très allongée, profondément bifurquée et engainante dans un four-
(*) Fig. 168,169, 172, Cerveau d’un Reptile (le Varan du Bengale) et 110 et 171, d'un Oiseau (le Dindon). — 0/f, lobes olfactifs; Pn, glande pinéale; Hmp, hémisphères cérébraux ; Mb, lobes optiques; Ch, cervelet : Mo, moelle allongée ; ii, iv, vi, 20, 30 et GC paires de nerfs cérébraux ; Py, corps pituitaire.
reau; elle est également engainante, divisée en deux longs filets chez certains Lacertiens, tels que les Ameiva ; elle peut être libre à sa pointe, épaisse, fongueuse ou revêtue d’écailles et à peine mobile. Chez les Geckos la langue est courte, large, à peine échancrée ; il en est de mème chez les Chalcidiens et chez les Scincoïdiens; les Lacertiens ont la langue ïi-
(**) Cb, cervelet; Mo, moelle allongée; /M, trou de Monro; {mp, hémisphères cérébraux; ?, première paire nerveuse; Of, lobe olfactif; &, commissure antérieure; Lt, lame antérieure du troisième ventricule; Py, corps pituitaire; à, dit, tv, 2, 3°, 40 paires nerveuses (d'après Huxley).
LES SAURIENS
bre, charnue, plate, couverte de papillescomme | forment, par leur réunion, le bouclier susécailleuses, échar=rée à la pointe ou divisée en |
deux parties.
Comme chez tous les Vertébrés, l’'épiderme des Sauriens se compose de deux couches, l’une externe, cornée ; l’autre interne, muqueuse, dite couche de Malpighi. Le derme est
formé de plusieurs parties absolument distinc- | tes les unes des autres, sur la structure des- |
quelles nous aurons l’occasion de revenir lorsque nous parlerons de la peau du Caméléon.
Un phénomène commun à tous les Sauriens, c’est la mue; l’épiderme de ces reptiles se renouvelle plusieurs fois dans l’année, principalement au printemps. L’épiderme se détache souvent par lambeaux ou par lames, mais s’en va souvent tout d’une pièce, absolument comme un gant qu'onretournerail ; il conserve dans ce cas complètement la forme de l’animal dont provient la dépouille.
Téguments. — L'étude des téguments est très importante chez les Sauriens, car elle fournit non seulement des caractères spécifiques et
génériques, mais encore des caractères d’un |
ordre plus élevé, tels que des caractères de fa- | | ou la naso-frénale. Les plaques qui bordent la
mille.
Les écailles sont disposées, en effet, d’une manière très différente suivant les types examinés.
C'est ainsi que les écailles se présentent sous forme de tubercules granuleux comme enchàssés dans la peau chez les Varans; la peau est recouverte de petits granules, tantôt tous égaux, tantôt mélangés de granules plus gros et parfois striés, ainsi qu’on le voit chez les Caméléons et chez les Geckotiens; tous les tubercules sont sensiblement égaux et ne formentpas de grandes plaques, ainsi qu'on le voit
chez les Agamiens et chez les Iguaniens, ou, |
au contraire, s’élargissent sous le ventre, de
manière à donner de larges lamelles ainsi qu’on | | de diverses saillies diversement distribuées et
le remarque chez les Lacertiens ; les écailles,
toutes de même grandeur, peuvent être dispo- |
sées en quinconce, ainsi que cela existe chez les Scincoïdiens, ou en verticille, comme chez les Chalcidiens.
Chez certains Sauriens, tels que les Lacertiens, les Chalcidiens, les Scincoïdiens, les Trachydermiens, le dessus de la tête est recou-
crânien; elles ont reçu différents noms tirés des os du crâne, bien qu’en réalité elles soient loin de correspondre à ces os. Ces plaques affectent des formes, des dispositions, des connexions particulières qui sont d'un grand usage pour la distinction des genres et des espèces.
En examinant ces plaques d’arrière en avant on a d’abord la plaque occipitale ; celle qui la précède, et qui est située entre les deux pièces latérales, a recu le nom d’interpariétale: on voit ensuite et successivement la frontale, l'enternasale et enfin la rostrale, qui termine le museau en avant.
Les plaques latérales, examinées d’arrière en avant, prennent successivement les noms de pariétales, de fronto-pariétales, de frontonasales et de naso-rostrales ; les plaques qui sont au-dessus de l’œil sont dites palpébrales ou sus-oculaires. Les plaques qui se trouvent immédiatement au-devant de l’œil sont dites précculaires ; la narine est percée dans une ou entre deux plaques nasales ; entre ces plaques et la préoculaire se trouve la frénale
mâchoire supérieure portent le nom de suslabiales, celles de la mâchoire inférieure de sous-labiales; les plaques du dessous de la gorge sont dites mentonnieres et qulaires. Les plaques qu’on nomme rostrale et mentale font partie des rangées labiales et en occupent la portion moyenne, l’une pour le museau, l’autre pour le menton (fig. 173, 174).
Les écailles du collier ou collaires caractérisent certains genres, chez les Lacertiens, par leur présence ou leur absence; dans le premier cas, il existe un collier très distinct formé d’écailles arrondies ou acuminées sur le bord libre, tantôt lisses, tantôt carénées.
Le plus ordinairement le corps est recouvert
de forme différente. Tantôt ce sont des épines aiguës, au cou chez les Agames et chez les Phrynocéphales, à la queue chez les Cordyles, chez les Stellions, chez les Zonures, aux jambes chez les Fouette-Queue ; le dessus des
| cuisses est hérissé d’épines chez les Tra-
vert d’écailles bien distinctes dont l'étude joue |
un grand rôle dans la séparation des genres et des espèces, et dont nous devons dès lors donner au moins la nomenclature.
Les plaques qui protègent le dessus du crâne
chycycles ; la queue est garnie d’écailles armées d’une épine aiguë chez les Doryphores. Chez d’autres ce sont des lames cornées ayant l'apparence de crêtes, de carènes.
Chez quelques Sauriens, la peau offre des replis auxquels on a donné des noms particu-
LES SAURIENS
Fig. 113 et 114. — Tête de Lézard ocellé vue en dessus et latéralement pour montrer les plaques (*).
liers. Ainsi il en est qui ont sous la gorge une sorte de fanon dentelé, comme les Iguanes et les Polychrons, ou un sac dilatable soutenu par les branches osseuses de l'os hyoïde, formant une poche simple, ainsi qu'on le voit chez les Agames et les Sitanes mâles, ou double comme chez les Dragons; la gorge est parfois dilatable, sans qu’il y ait de fanon, ainsi
qu'on le voit chez les Métapocéros. D'autres, |
tels que les Iguanes, les Lophyres, les Basilics, ont des crêtes verticales sur la nuque, sur le dos, sur la queue, parfois soutenues par des sortes d’épines osseuses. Il en est d’autres qui ont des replis particuliers au cou ou à la nuque, comme chez le Basilic à capuchon, chez plusieurs espèces de Caméléons et surtout chez le Chlamydosaure de King, ce reptile de
la Nouvelle-Hollande, qui a une énorme colle- |
rette plissée, dentelée, étalée de chaque côté du cou et soutenue par des stylets osseux. D’autres fois, comme chez les Lézards, il n’existe qu'un simple pli en rapport avec le collier ou la série d’écailles particulières du cou.
Nous devons parler ici, bien que nous n’en connaissions nullement l'usage, des pores cutanés qui sont la terminaison de cryptes ou de glandes devant sécréter une humeur particulière. Ces pores se trouvent parfois sur l’écaille
(*) Fig. 178 et 174. Plaques de la tête de Lézard ocellé. — r, rostrale; if, internasale ; /n, fronto-nasale; /, frontale ; /p, fronto-pariétale ; ip, interpariétale ; p, pariétale 0, occipitale ; n, nasale; fr, frénale; pa, palpébrales ; b, labiales supérieures ; 4, labiales inférieures ; s0, sus-oculaires ; qu, galaire; m, temporales; {y, membrane du tympan,
qui recouvre le cloaque, ainsi qu'on le voit chez le Chirote, soit sur les parties latérales de cet orifice. Ce sont principalement les pores fémoraux, s’ouvrant sur les rangées longitudinales d’écailles, qu’on voit sur le bord interne des cuisses; c’est ce qu’on observe chez la plupart des Geckos et dans beaucoup d'Iguaniens et de Lacertiens. Ces pores ne se voient généralement que chez les mâles: ils peuvent être disposés suivant une rangée (Iguane, Cyclure, Phrynosome) ou plusieurs rangées (Aloponote, Métapocéros).
Appareil digestif. — Au fur et à mesure que nous descendons dans la série des Vertébrés, nous voyons que les dents peuvent se trouver sur toutes les parties de la bouche; chez les Crocodiliens, reptiles d’un ordre supérieur, les mâchoires seules sont garnies de dents ; les Sauriens, moins élevés en organisa-
| tion, peuvent avoir des dents non seulement
aux deux mâchoires, mais encore au palais.
Ces dents palatines ne sont pas toujours solidement fixées sur les branches des os ptérygoïdiens, elles sont assez souvent simplement implantées dans la membrane et se détachent avec celle-ci lors de la macération. Elles ne servent jamais, en tous cas, à la masticalion, mais semblent plutôt destinées à remplir l'office d’une herse qui retiendrait la proie, et qui l'empêcherait de rétrograder.
Chez beaucoup de Sauriens, les dents n’ont pas de véritable racine ; elles semblent se coller, se souder sur le sommet du bord supérieur d’une rainure creusée dans les os maxil- | laires, absolument comme des pieux fichés le
LES SAURIENS
long d'une palissade; c'est ce que l'on voit | chez les Iguaniens etchez les Lacertiens. D'au- | tres fois, les dents se lient à la portion osseuse | de la mâchoire, de sorte qu'elles paraissent être une portion denticulée du tranchant de l'os, ainsi qu’on le remarque chez les Caméléons et chez les Agamiens.
Les dents sont tantôt pleines; elles sont dites alors pléodontes, ainsi qu’on le voit chezles Sauvegardes, les Améiva, les Cnémidophores, les Acrantes ; d’autres fois elles sont creuses, ou cælodontes, comme chez les Lézards, les Tachydromes, les Acanthodactyles, les Psammodromes. Les dents sont tanlôt pointues, tantôt déprimées en forme decônesurbaissés; d’autres fois tranchantes ou denticulées surleurs bords.
Les glandes labiales et buccales sont très développées chez beaucoup de Sauriens ; parmi ces animaux un seul, l'Héloderme, est pourvu d'une glande à venin.
La bouche est constamment privée de lèvres; chez l'Hattérie cependant, ces parties existent à l’état rudimentaire.
Il n’y à ni épiglotte, ni voile du palais, pas même de véritable pharynx. L'œsophage se continue presque toujours directement avec l'estomac ; chez les Iguanes cependant, il existe une sorte de cardia, mais le plus généralement l'estomac est une simple dilatation du tube intestinal.
Dans les Dragons l'estomac consiste en une sorte de poire dont la partie conique estopposée à l’œsophage ; cette partie est, chez les Caméléons, petite et recourbée sur elle-même. Dans le point de jonction ‘de l'intestin grêle avec le gros intestin, il existe parfois une sorte de valvule, ainsi qu’on le voit chez les Iguanes. Le tube digestif débouche dans un cloaque qui recoit également les conduits des organes destinés à la perpétuité de l'espèce etles conduits des organes urinaires. La vessie urinaire existe chez tous les Sauriens. Le foie n'offre qu’une seule masse allongée chez la plupart des Sauriens; il se compose cependant de deux lobes chez les Caméléons.
Circulation et respiration. — Le cœur est franchement dutypereptilien, c’est-à-dire qu’il ne se compose que de trois cavités. Chez beaucoup de Sauriens il subsiste quatre arcs aortiques, répondant aux troisième et quatrième paires de l'embryon; deux arcs antérieurs, qui fournissent les carotides, émergent par un
tronc commun de l'arc aortique droit normal. |
Le système des vaisseaux veineux et lympha-
tiques est très développé chez les Sauriens ; c'est ainsi que les veines des membres postérieurs et de la queue, excessivement nombreuses, se dirigent vers le foie et s’y terminent à la manière de la veine porte.
Les Sauriens ont un larynx : aussi la plupart d’entre eux peuvent-ils faire entendre des sifflements plus ou moins prolongés et plus ou moins forts; d’autres, comme les Geckotiens ou Tarentes, produisent des bruits souvent retentissants qui rappellent de loin le croassement des grenouilles. Les sons sont souvent renforcés par les sacs aériens que possèdent les Dragons, les Anolis, les Iguanes et quelques autres genres. Chez les Amphisbènes, de même que chez les Serpents, le squelette du larynx consiste en deux bandes longitudinales et latérales de cartilages, réunies par des bandelettes transversales.
Les poumons sont toujours au nombre de deux et par leur structure ressemblent beaucoup à ceux des Ophidiens, principalement chez les Sauriens serpentiformes. Chez les Sauriens normaux la trachée et les bronches sont courtes; chez les Caméléons et chez certains Geckotiens une partie des poumons présente des digitations qui se logent entre les viscères abdominaux et rappellent les sacs aériens des Oiseaux.
Ponte. — De même que la plupart des Reptiles, les Sauriens pondent des œufs ; quelquesuns cependant sont ovo-vivipares, c’est-à-dire que les œufs éclosent dans l’intérieur de la femelle et que les petits arrivent au monde vivants. Le plus souvent la femelle prépare un endroit convenable pour déposer ses œufs, dont l’éclosion est toujours laissée au hasard. Ces œufs ne sont plus entourés d'une coque calcaire, dure et résistante comme ceux des Tortues et des Crocodiles ; de même que ceux des Serpents, ils sont protégés par une coque plus molle etcomme parcheminée.
Mœurs, habitudes, Quelques Sauriens sont exclusivement herbivores ou frugivores, mais la plupart sont carnassiers; plusieurs ont un régime mixte et se nourrissent indifféremment de matière animale ou de substances végétales. Les animaux auxquels s’attaquentles espèces carnassières varient évidemment beaucoup suivant la force et la grandeur de ces espèces; c’est ainsi que les grands Varans chassent les oiseaux et les petits mammifères, tandis que les Amphisbènes recherchent presque exclusivement les vers de terre,
régime.
LES SAURIENS
et que ies Sauriens de faible taille se contentent d'insectes.
La digestion est active chez tous ces ani-
maux, surtout pendant les temps chauds; aussi |
peuvent-ils engloutir beaucoup d'aliments,
absolument comme ils peuvent supporter de | même dansles pays équatoriaux, etque certains
longs jeûnes.
L'habitat des Sauriens est extrêmement varié. Certains d’entre eux vivent exclusivementsurles
arbres et ne descendent presque jamais à terre;
tels sont les Iguanes, les Dragons, les Sitanes ; d’autres vivent surtout le long des troncs d’arbres, sur lesquels ils se meuvent avec agilité grâce à leurs ongles aigus et acérés, à la recherche des insectes: certains d’entre eux, tels que les Varans à queue comprimée, sont aquatiques ;quelques-uns, comme l’Amblyrrhynque, se tiennent au bord de la mer; il en est qui, comme les Stellions, les Fouette-Queue, le Varan du désert, habitent les endroïts les plus arides, les plus dénudés et se cachent dans le sable brülant avec lequel la couleur de leur peau s’harmonise à merveille ; d’autres, tels que beaucoup de Lézards, se tiennent à la lisière des bois, ou, de même que les Zonures, se tiennentau milieu des pierres et des rochers ; il en est qui, comme les Amphisbènes, vivent souterrainement et se creusent de longues et profondes galeries, à la manière des vers de terre. L'habitat de ces animaux est pour ainsi dire infini.
On peut remarquer que chaque Saurien se choisit une résidence déterminée et une cachette dans laquelle il se retire toujours en cas de danger. Les espèces qui vivent dans l’eau ou sur les arbres ne font pas exception à cette règle, qui est générale. Quiconque a
cachent en masse pendant l'automne dans des trous profonds sous terre et y attendent le retour du printemps. Les observations encore assez isolées, mais néanmoins concordantes, fournies par des voyageurs dignes de foi, établissent qu’il existe quelque chose d’analogue
Sauriens passent une partie de l’année dans un état d’engourdissement plus ou moins complet.
Entelligence. — Au point de vue des facultés psychiques, les Sauriens restent en arrière des Tortues et des Crocodiles, si mal doués que soient ceux-ci; ils ne sont pas ce-
| pendant absolument dépourvus d'intelligence.
Beaucoup d’entre eux supportent facilement la captivité et semblent reconnaître les personnes qui les soignent. Ils peuvent, à la suite de l’expérience acquise, modifier leur manière d’être primitive, ils sont, en général, vifs, alertes, fort gracieux de mouvements, prudents et doués d’un très grand courage eu égard à leur taille. On peut à propos d'eux, plus encore qu’à propos des autres reptiles, parler de sociabilité, car on les trouve fort souvent réunis en grand nombre et vivant dans la plus parfaite intelligence.
Ennemis. — Plus que tous les autres Reptiles, les Sauriens ont à redouter les attaques de nombreux et puissants ennemis. Beaucoup d'espèces deviennent la proie des mammifères et des oiseaux carnassiers ; beaucoup servent de nourriture aux Serpents ou à d’autres Sau-
| riens plus puissamment armés.
observé avec soin des Varans aquatiques a pu |
remarquer qu'ils se rendent toujours à peu près à la même place pour se chauffer au soleil; tous ceux qui ont étudié les grandes espèces arboricoles ont pu s'assurer qu’elles ne quittent pas volontiers l'arbre sur lequel elles ont établi leur résidence habituelle. Il semble que chaque Saurien choisisse une demeure en harmonie avec sa propre coloration. C’est ainsi qu'au Texas le Phrynosome s’enterre dans un sable gris et noir qui a absolument sa couleur; il en est de même pour les espèces qui habitent les déserts.
Tous les Sauriens qui vivent dans les climats tempérés passent la mauvaise saison
Utilité, nocivité. — On peut dire, en général, que les Sauriens ne sont d'aucune utilité pour l’homme ; dans l’Amérique centrale cependant les grands Iguanes sont régulièrement apportés sur les marchés, et leur chair passe pour être très délicate ; quelques autres
| espèces herbivores sont également mangées,
dans un état d'engourdissement plus ou moins | | faisant, à tort, rentrer les Grocodiliens parmi
complet. Les Lézards de l'Europe centrale se
mais c’est tout à fait l'exception. Quelques espèces, telles que les Geckos ou Tarentes, peuvent être regardées comme des animaux d'utilité accessoire, en ce qu'ils détruisent en abondance les insectes qui pullulent dans les habitations.
Aucun Saurien n'arrive à une assez grande taille pour être redoutable pour l'homme, bien que les grands Varans aquatiques puissent occasionner de cuisantes blessures.
Classification, — Bien qu’au premier abord fort homogènes, les Sauriens peuvent être divisés en un certain nombre de familles bien distinctes. C’est ainsi que Duméril et Bibron,
LES SAURIENS
les Sauriens, admirent d’abord huit, puis neuf ,
familles, une de celles-ci étant nettement séparée en deux sous-familles distinctes. Des découvertes récentes, la connaissance plus
exacte de l’organisation des animaux, permet- | | celui des Varaniens ou Platynotes. Chez ces
tent de reconnaître actuellement onze familles dans l’ordre des Sauriens ; ces familles ont été groupées, un peu artificiellement, il faut l’avouer, en un certain nombre de sous-ordres et de tribus.
Nous mettrons tout d’abord en tête de la série, et faute de savoir où :les placer, car ils constituent un groupe tout à fait aberrant, les Caméléoniens, qui se caractérisent essentiellement par leur langue projectile, cylindrique, vermiforme, terminée par un tubercule mousse et
patte, par leur corps couvert d’une peau cha-
grinée, et par leur queue conique et prenante. |
Il faut également mettre hors série les Geckotiens ou Ascalabotes qui ont la langue courte, charnue, peu mobile, la peau granuleuse, les dents comprimées, tranchantes, implantées au bord interne des mâchoires, les doigts le plus souvent aplatis en dessous, les vertèbres biconcaves ; ces animaux manquent de paupière.
Trois familles, celles des Hattériades, des Agamidées, des Iguanidées commencent la série de ce qu’on pourrait appeler les Sauriens typiques.
Bien qu’elle ne renferme qu’une seule espèce, la famille des Hattériadées n’en est pas moins nettement séparée des deux autres par des particularités anatomiques fort impor-
tantes, parmi lesquelles nous nous conten- |
terons de mentionner les vertèbres biconcaves, l’ossification complète de l’arcade temporale inférieure, la soudure intime de l'os
quadrato-jugal avec les pièces environnantes. |
Les Agamidées et les Iguanidées que Duméril et Bibron confondaient sous le nom d’Æunotes sont des reptiles qui ont le corps couvert de lames ou écailles cornées, sans écussons osseux, ni tubercules enchâssés, sans grandes plaques carrées sous le ventre, dont le dessus de la tête n’est pas recouvert de grandes écailles polygones ; les yeux sont garnis de paupières mobiles, et les doigts sont libres, distincts, {ous onguiculés. Les Agamidées sont acrodontes, c’est-à-dire que les dents sont soudées au bord de la mâchoire, qu’elles semblent continuer, tandis que chez les Igua-
charnu, par leurs doigts | réunis en deux paquets inégaux à chaque |
niens les dents sont pleurodontes ou disposées latéralement au bord de la mâchoire, absolument comme des pieux fichés le long d'une palissade. j
Les Varans forment un groupe bien distinct,
animaux la peau est couverte d’écailles enchâssées, tuberculeuses, saillantes, arrondies, tant sur la tête que sur le dos etsur les flancs. La langue est protractile, charnue, profondément bifurquée ; elle rentre dans un fourreau, de telle sorte qu’elle est dite engainante.
Chez les Lacertiens, ou Lézards proprement dits, ou Autosaures, la peau est écailleuse et le dessous du ventre est toujours protégé par des plaques constamment plus grandes que celles du dos ; le dessus de la tête est couvert de plaques cornées, polygones, symétriques, formant un bouclier régulier.
Chez les Chalcidiens, Chalcididées ou Cyclosauriens, qui, par certains points, ressemblent aux Lacertidées, les écailles du corps sont toujours verticillées ; il existe souvent, suivant la largeur du tronc, un sillon ou une plicature de la peau entre le ventre et les flancs ; la tête est couverte d’écussons ou de plaques polygonales ; les dents sont implantées contre le bord interne des os maxillaires.
On a formé la famille des Trachydermidées pour quelques reptiles de l'Amérique centrale et de la partie sud du Mexique chez lesquels le corps est couvert de tubercules coniques plus ou moins saillants, disposés par séries transversales, séparés les uns des autres par des scutelles granuleuses ; le ventre est protégé par des plaques quadrilatérales un peu plus grandes ; il existe des ossifications dermiques. Les dents sont appliquées sur le bord interne des mâchoires.
Les Scincoïdiens, Scincidées ou Lépisaures se distinguent facilement des autres Sauriens pleurodontes, en ce que le corps est couvert d'écailles entuilées, à plusieurs pans, disposées en quinconce.
Les Amphisbénidées, enfin, ont de tels caractères d’infériorité qu'ils doivent certainement être placés à la fin de la série. Seuls parmi les Sauriens actuels ils ont une cloison interorbitaire osseuse ; il n’y a pas de columelle pour soutenir les os du crâne, qui sont solidement et fermement unis entre eux. Le corps est allongé, serpentiforme ; il n'existe pas d’écailles proprement dites, mais la sur-
| face de la peau est divisée en une série de
LES SAURIENS
Fig. 175. — Telerpeton elginense.
compartiments quadrangulaires, d'où le nom de Glyptodermes qui avait été donné à ces animaux par Duméril et Bibron.
Sauriens fossiles. — Les Sauriens paraissent être les plus anciens de tous les Reptiles ; le Telerpeton que l’on a trouvé dansles terrains primaires appartient à cet ordre (fig. 175).
Nous avons parlé plus haut de l’Hattérie ponctué, cet étrange reptile de la Nouvelle- Zélande qui semble être un animal absolument isolé dans la nature actuelle. A l’époque triasique, c’est-à-dire la base des terrains secondaires, nous trouvons les Rhynchosaures et les Hyperodapedon qui paraissent être très étroitement apparentés à l’Hattérie.
On a trouvé dans les terrains tertiaires des reptiles appartenant aux groupes actuels, tels que des Iguaniens, des Agamiens, des Lacerliens, des Varaniens.Il existait dans les anciens âges des Sauriens qui ne peuvent rentrer dans aucun des groupes vivant aujourd'hui et qui appartiennent à des familles nettement définies.
Les Protérosaures forment une famille dont les représentants ont été trouvés dans des couches extrêmement anciennes, les couches permiennes de la Thuringe. Le Saurien de la Thuringe, ou Protérosaure, était un animal arrivant à la taille de 6 à 7 pieds, au cou remwarquablement long, la région cervicale étant
BREuM. — V.
Fig. 116. — Tere de Mosasaure de Camper.
aussi longue que le tronc ; malgrésalongueur, ce cou n'était composé que de huit à neuf vertèbres qui, dès lors, sont remarquablement allongées. La queue est longue, robuste ; les membres sont bien développés, comme chez les Monitors actuels ; les membres antérieurs sont plus courts que les postérieurs et, comme ces derniers, ont cinq doigts. Il existe des côtes abdominales, de même que chez les Crocodiles et que chez les Plésiosaures. Les dents sont coniques et pointues ; elles paraissent avoir été implantées dans des alvéoles distincts.
Un très singulier reptile trouvé dans la craie d'Angleterre a été décrit par Richard Owen sous le nom de Dolichosaure. Ce reptile a le corps fort grêle et très allongé; les membres sont au nombre de quatre ; la tête est petite ; le cou est extrèmement long et ne se compose pas de moins de dix-sept vertèbres.
Les Sauriens les mieux connus, parmi les types disparus, sont ceux qui ont été trouvés dans les terrains crétacés de l'Europe et de l'Amérique du nord ; ils sont désignés sous le nom de Mosasauridés ou de Pythonomorphiens.
Le plus célèbre de ces animaux est le Saurien trouvé dans les terrains crétacés supérieurs de la montagne Saint-Pierre, à Maes-
| tricht; les pièces les plus importantes se
R£PriLes. — 25
LES CAMÉLÉONIENS.
trouvent au Muséum d'histoire naturelle de Paris etont été étudiées par Guvier.
Le Mosasaure, tel est le nom de ce reptile, était un animal de taille vraiment gigantesque, voisin des Monitors. Les mâchoires et le palais étaient armés de fortes dents un peu arquées; la face externe de ces dents est plane, séparée par deux arêtes aiguës de la face interne qui est ronde ou plutôt en demi-cône ; ces dents sont chacune implantées dans une alvéole distincte et se soudent à la mâchoire d’une manière très intime; la dent de remplacement naît dans un alvéole particulier qui se forme en même temps qu’elle ; elle perce tantôt à côté, tantôl au travers du corps osseux qui porte la dent en place ; en se développant, la dent de remplacement fait tomber la dent ancienne et occupe sa place (fig. 176).
Les vertèbres, qui sont nombreuses, ont leur face antérieure concayve en avant, fortement convexe en arrière, surtout pour les vertèbres de la partie postérieure du tronc.
Les côtes sont très robustes. L’œil était entouré d’un anneau osseux, assez semblable à ce que nous voyons chez les Tortues de mer et chez certains Oiseaux, tels que l’Aigle.
Les Mosasauriens étaient abondants à l’époque crétacée dans l'Amérique du nord. Les découvertes faites dans cette région montrent que ces animaux étaient des reptiles marins de grande taille, présentant les caractères généraux des Sauriens, mais dont les membres
LES CAMÉLÉONIENS
Caractères généraux. — La famille des Caméléonidées est si tranchée qu’elle a été acceptée sans modifications par tous les naturalistes. Le groupe des Caméléons est tellement distinct, il comprend des animaux dont l’organisation estsi différente de celle de tous les autres Reptiles qu’on est vraiment fort embarrassé pour lui assigner une plaie dans l’ordre des Sauriens ; si on le décrit généralement en tête de la série, c’est qu'on ne sait réellement où le placer ; il présente, du reste, des caractères de supériorité évidents; on ne peut nier toutefois que les liens de parenté qui relient les Caméléons aux autres Sauriens sont peu manifestes.
Chez les Caméléons le corps est comprimé
étaient transformés en rames pour la natation. Les travaux de Cope et de Marsch nous ont montré que l'os carré s’attachait au crâne par une articulation permettant des mouvements libres, que les côtes s’articulaient par une seule tête avec la colonne vertébrale, qu'il n'y avait pas de sternum ; bien que faisant incontestablement partie de l’ordre des Sauriens, les Mosasauriens présentaient des caractères que nous ne voyons plus aujourd'hui que chez les Tortues, les Crocodiles, les Serpents : c'étaient des êtres ambigus, comme d’ailleurs tous les animaux des anciens âges.
Les Mosasauriens américains étaient des animaux de grande taille, au corps très allongé, à la queue longue et aplatie, à la tête généralement robuste, parfois aplatie en dessus, les yeux étant, dans ce cas, dirigés presque verticalement; les membres étaient petits pour la taille de l'animal ; le corps était recouvert de grandes écailles osseuses.
Dans le genre Clidaste la colonne vertébrale ‘était très longue etles vertèbres se réunissaient | par des surfaces articulaires supplémentaires, comme chez les Iguanes et chez les Serpents.
Les animaux appartenant à ce genre étaient les plus allongés de tous les Mosasauriens; le corps était également fort allongé chez les Platécarpus.
Citons encore le genre Liodon, qui a été
également trouvé dans les terrains crétacés d'Europe.
CHAMCELEONIDÆ
saillante du côté du dos; les régions du ventre et de la poitrine semblent se confondre; à certains moments toutefois l'animal, en faisant entrer de l’air dans ses vastes poumons, peut se gonfler et devenir alors comme ballonné. La têle, très grosse, semble reposer directement sur les épaules, tant le cou est court et confondu avec le tronc. Les quatre pattes sont grêles, longues et maigres, proportionnellement beaucoup plus élancées que celles des autres Reptiles; les pattes, conformées comme celles des oiseaux grimpeurs, font l'office de véritables pinces, d’où le nom de Chélopodes imposé aux Caméléons par Duméril et Bibron; les doigts sont réunis entre eux en deux pa- | quets inégaux, l’un de deux, l’autre de trois
latéralement, de manière à produire une crête | doigts (fig. 177). J1 n’y a point d’écailles pro-
LES CAMÉLÉONIENS. 195
prement dites; la peau est rugueuse, finement chagrinée pardes grains saillants, tantôt sensiblement égaux, tantôt parsemés de tubercules plus gros. La queue est longue, arrondie, prenante et fait l'office d’un cinquième membre. La langue est projectile, d’où le nom de
Fig. 177. — Patte de Caméléon.
Rhiptoglosses qui a été parfois donné aux Caméléons.
Après avoir exposé les caractères généraux que présentent les Caméléons, caractères qui servent à les séparer de tous les autresSauriens, nous avons à faire rapidement connaître les traits principaux de leur organisation si particulière.
Suuelette. — En décrivantl'organisation générale des Sauriens nous avons déjà indiqué les points principaux qui distinguent le crâne desCaméléoniens; nous n’y reviendronspasici; nous dirons seulement que l'os frontal antérieur paraît unique, que les deux frontaux laléraux viennent constituer la partie supérieure du cadre de l'orbite, qu'il n’y a pas de dents au palais et que les dents sont.implantées sur le bord libre et tranchant des os dela mâchoire. Les vertèbres sontconcaves enavant, convexes en arrière. Il n'existe que deux vertèbres au sacrum. Les côtes sont fort nombreuses, réunies entre elles sur la ligne médiane par une substance cartilagineuse qui continue le sternum. Les pattes sont, pour ainsi dire, dans un état forcé de torsion.
Organes des sens. — Les yeux sont enfermés dans des paupières résistantes en forme de capsule qui ne laissent ouvert qu’un orifice arrondi pour la pupille. Les deux yeux sont absolument indépendants l’un de l’autre dans leurs mouvements, de telle sorte que l’œil droit, par exemple, peut regarder en avant et en haut tandis que l'œil gauche se dirige en arrière et en bas ou inversement. Cette mobilité qui ne s’observe chez aucun autre Reptile permet aux Caméléons d'examiner tout l’espace qui les environne et d'y découvrir leur proie, sans faire aucun mouvement,
Les narines et leurs cavilés n'offrent rien de
bien particulier, si ce n’est qu'elles ont peu d’étendue.
Le sens de l’ouïe est peu développé.
La langue est un véritable instrument de préhension des aliments, bien plus qu’un organe du tact. À l’état de repos elle est ramenée dans la bouche; projetée, elle peut être lancée à une distance de 15 et même de 20 centimètres. Lorsqu'elle est contenue dans la bouche, cette langue forme une masse de chair blanchâtre, de consistance dure; elle est soutenue par un stylet osseux, qui est une dépendance de l’appareiïl hyoïdien et se termine, à son extrémité libre, en une sorte de tubercule évasé en entonnoir, recouvert d'une muqueuse plissée et constamment lubréfiée par une masse
Fig. 118 et 119. — Langue de Caméléon.
visqueuse qui résulte de l’excrélion de plusieurs glandes (fig. 178, 179).
Il existe deux ordres de muscles : les uns sont disposés longitudinalement, les autres circulairement,; c’est par la contraction brusque, rapide, énergique de ces muscles que la langue glisse surle stylet osseux entouré d'une membrane sans cesse humide et qu’elle est projetée en avant, absolument par le même mécanisme qui fat partir un noyau de cerise que l’on presse entre les doigts, à cette réserve près qu'ici ce seraient les doigts qui seraient projetés; le jeu des muscles puissants qui s'attachent sur l'appareil hyoïdien ramène la langue dans la bouche. La langue reçoit du reste une grande quantité de sang.
« lmmobile toute la journée à la même
LES CAMÉLÉONIENS.
place, écrit Wagler, le Caméléon attend avec patience la nourriture que le hasard viendra mettre à sa portée.
« La capture d’une proie n’impose pas ellemême un terme au repos tranquille du Reptile. Avec larapidité de l'éclair, la langue se déroule au delà de la bouche et saisit au loin l’insecte sur lequel elle est projetée. Cette puissante projection n’est pas en état d’ébranler le corps de l'animal ou de le faire tomber, quelque frêle que soit la branche qui lui sert de support; la queue prenante, qui est douée d’une grande puissance musculaire et qui sert à l'animal à le fixer solidement à l’objet sur lequel il repose, cette queue empêche le corps de tomber en avant. »
Changements de coloration. — L'attention des auteurs grecs avait déjà été attirée par la conformation singulière, l'apparence étrange, la démarche lenteet pénible, l'extension brusque de la langue que l’on observe chez le Caméléon. Mais ce qui a le plus excité l'intérêt des naturalistes et du vulgaire, depuis l'antiquité la plus reculée, c’est le changement de coloration que présente le Caméléon.
Aristote etun grandnombre d'auteurs avaient avancé que ce changement de couleur n'avait lieu que lorsque le Caméléon se gonflait. D'autres auteurs de l'antiquité, Pline entre autres, supposaient que l'animal empruntait ses couleurs à celles des corps environnants, et cela pour se dérober à ses nombreux ennemis; de là est venu qu’on a donné le nom de Caméléons aux hommes qui modifient leurs opinions suivant les circonstances ettoujours suivant leurs intérêts. Le Caméléon est devenu le symbole de la complaisance servile des flatteurs et des courtisans ; Tertullien a écrit à ce propos des réflexions pleines de justesse sur l'hypocrisie et l'impudence des flatteurs et des menteurs.
« Wormius est un des premiers qui ait attribué les variations de couleur aux passions ou aux émotions de l’animal. Solin donne pour cause les réflexions des rayons lumineux; Kircher, l'état volontaire ou les émotions; Descartes, la disposition de la surface de la peau qui reflète diversement les rayons lumineux. Goddard adopte la même explication, mais il croit que ces couleurs proviennent des corps placés à distance. Hasselquists et Linneus (1) attribuent les couleurs au pigment,
(1) Linné, Aménités académiques.
comme dans la jaunisse. La plupart des auteurs qui ont écrit dans ces derniers temps, Guvier, Vrolik, Houston, Spittal, Van der Hoeven, Milne Edwards, ont cherché à expliquer ces phéno-
| mènes, tantôt par les modifications de la res-
piration, tantôt par cette cause réunie avec l’état de la circulation pulmonaire, tantôt enfin par le transport véritable des différentes couches que l’on a cru reconnaître dans le pigmentum (1). »
On sait positivement aujourd’hui que le changement de coloration de la peau du Caméléon est dû à des couches de matières colorantes diverses. L’une de ces couches de pigment s'étend au-dessous de la partie superficielle de la peau proprement diteetse prolonge, en outre, dans le tissu conjonctif, entre les mailles duquel elle pénètre ; l’autre, répandue dans toute l'épaisseur de la peau, se trouve dans des cellules ramifiées placées plus profondément. La première couche a reçu le nom de couche d'iridocytes ; elle est d’un jaune plus ou moins vif; la seconde couche est d’un noir brunâtre. Ce sont ces deux couches qui produisent les changements de coloration en passant l’une à côté ou l’une derrière l’autre, mais surtout en se pénétrant réciproquement.
Lorsque le pigment clair prédomine, ie tégument paraît blanchâtre ou jaunâtre; quand cette couche est pénétrée par le pigment noir, la peau se colore en brun ou en noir; les colorations intermédiaires se produisent alors que cette pénétration est plus ou moins complète.
On se fait généralement une idée absolument fausse des changements de coloration de la peau chez le Caméléon en se figurant que l'animal peut présenter tout à coup toutes les couleurs imaginables et qu'il peut prendre la coloration des objets qui l'entourent,
Le plus généralement, l'animal présente une coloration verdâtre, plus ou moins analogueau feuillage autour duquel il se trouve, mais il lui est impossible de se mettre toujours en harmonie avec les objets sur lesquels on le place. Parmi les teintes qu’il peut présenter, on a observé toutes les nuances comprises entre l'orange et le vert jaunâtre ou blanchâtre, toutes les nuances et toutes les transitions entre ces couleurs, en passant par le gris etle
| brun grisâtre jusqu’au noir, à la couleur chair | jusqu'au brun de rouille, au bleu violacé et au
(1) Duméril et Bibron, Erpétologie générale, t. III, p.172
LES CAMÉLÉONIENS.
gris bleuâtre; on a noté, en outre, des teintes chatoyantes qui sont dues au jeu de la lumière sur les cellules hexagonales qui revêtent l’épiderme. Les changements de coloration ont lieu avec une certaine régularité ; ils sont absolument sous l'influence du système nerveux, soit inconscient, soit volontaire; ils se produisent à la suite de causes extérieures, ou d'actes psychiques, ou de ma-
nifestations de la sensibilité générale, comme.
par exemple sous l'influence de la faim, de la soif, du besoin de repos, de la peur, de la colère; ces changements ne se font pas d'une manière égale et uniforme sur toutes les parties de l'individu; les diverses régions du corps re sont pas toutes sujettes à ces modifications dans la coloration; jamais on n’observe de changements sur une bande étendue depuislementon jusqu’à l’origine de la queue, ni sur la face interne des pieds et des mains; la face interne des bras et des cuisses n’est également sujette qu'à des modifications de couleur très faible.
Van der Hoeven a recueilli des observations fort précises sur ces changements de teinte, et il a fait peindre des Caméléons dans leurs diverses colorations. Sur les côtés du corps, on remarque deux larges bandes longitudinales claires sur lesquelles s'étendent, depuis la tête jusqu’à la queue et depuis le dos jusqu’au ventre, des mouchetures arrondies plus sujettes aux changements de coloration que tous les autres points du corps. Chez le Caméléon vulgaire, lorsque, le matin, l’animal se tient tranquille, sa coloration est généralement jaunâtre et les deux bandes dont nous venons de parler paraissent rougeàtres; les mouchetures se voient à peine ou n'apparaissent même pas. Dans la journée, la peau s’est encore peu modifiée, mais les bandes sont devenues blanchàtres et les mouchetures ont pris une coloration d’un vert foncé; en outre, apparaissent le long de l’arête du dos des parties plus foncées. Lorsque, le matin, on saisit l'animal on voit apparaître des taches verdàtres. Lorsque la bête est excitée d'une manière quelconque, sa peau est verdâtre ; le ventre prend une teinte bleuàtre ; les bandes sont blanchâtres et les mouchetures noires ou brunes. Parfois l'animal parait d’un brun rougeâtre, les mouchetures étant presque entièrement effacées ; on le voit parfois presque gris, d’autres fois d’un rouge pàäle ou d’un pourpre violacé; on peut dire qu’en général les teintes sont d'autant plus
vives que le Caméléon est plus irrité et qu'il se trouve en meilleure santé.
L'influence de la lumière et dela chaleur sur les changements de coloration a été prouvée par des expériences directes. « Si l’on veut, dit Lenz, voir la couleur du Caméléon se modifier subitement, il suffit, lorsque l'animal se trouve dans un endroit frais, de l’échauffer rapidement. » La chaleur toutefois n’est pasindispensable pour atteindre cebut; une lumière, même faible, suffit le plus souvent pour amener un changement de coloration. En s’approchant brusquement, pendant la nuit, avec une lumière d’un Caméléon endormi, dont la coloration est uniformément d’un gris jaunâtre, on voit apparaître des mouchetures d’un brun clair qui foncent graduellement et finissent par devenir presque noires; ces taches disparaissent peu à peu lorsque l'on éloigne la lumière. Lorsque l’on sort un Caméléon pour l’'amener en pleine lumière, la peau se fonce dans l’espace de quelques minutes. En éclairant ou en chauffant un seul des côtés de l’animal, on ne produit de changements dans la coloration que de ce seul côté.
Mœurs. — « La structure des pattes et de la queue des Caméléons exigeait leur genre de vie. Ils sont essentiellement grimpeurs, et obligés de s’accrocher aux branches des arbres, comme certains oiseaux, tels que les Perroquets. Leur queue leur sert, pour ainsi dire, de cinquième membre; on conçoit qu'ils ne peuvent ni courir, ninager; que lorsqu'ils sont descendus sur le sol ou posés sur une surface plane, ils éprouvent la plus grande difficulté dans leur marche. Voicila manière toute bizarre dont un Caméléon posé sur ses quatre pattes commence à se mouvoir pour changer deplace; s'il veut élever le membre antérieur du côté droit, par exemple, il opère un élargissement dans les deux paquets de doigts qui fixaient la pince ; ils s'élèvent et s’écartent en travers; en même temps l’avant-bras du coude se soulève et se porte lentement en avant.
Cette palte reste suspendue comme si l’animal éprouvait une sorte d'incertitude sur le point oùil la dirigera; en effet, il la porte en tâtonnant à droite, à gauche, derrière et devant, pour rencontrer un nouveau point d'appui. Quand il semble l'avoir reconnu ou trouvé, il paraît chercher à en explorer la solidité et
| seulement alors les deux paquets de doigts
le saisissent, l’'enveloppent et se fixent. Bien- {ôt la patte postérieure gauche exécute une
semblable manœuvre, puis la pince antérieure du côté droit, et enfin la patte de derrière gauche, C’est alors seulement que la queue, souvent roulée en spirale sur quelqu'autre partie voisine pour assurer la solidité du tronc, vient à se détortiller pour se porter à la suite, et remplit de nouveau les fonctions de sûreté contre le péril de la chute, car l’ani-
mal l’emploie quelquefois pour sesuspendre et |
chercher avec les pattes un autre point fixe.
«Nous savons que les Caméléons se nourris- |
sentessentiellement de petits animaux vivants, surtout de larves, dechenilles et d'insectes parfais ; qu’ils épient pendant des heures entières leurs mouvements, et que le moindre signe de vie paraît à peu près leur être nécessaire pour les déterminer à projeter leur langue avec une rapidité prodigieuse sur la proie, qui se trouve comme humée ou attirée dans la bouche, et avalée avec la vitesse de l'éclair, quoique tous les autres mouvements de l’animal soient comme compassés et qu’ils s’opèrent lentement, avec une sorte de négligence affectée.
« Vallisnieri et Cestoni ont suivi la ponte ainsi que le développement des œufs. Le premier de ces auteurs ayant aperçu une femelle de Caméléon extrêmement grosse, il la déposa séparément dansune petite serre faite en manière de volière, exposée au soleil dans son jardin. Il y avait là quelques plantes en végétation ; on y avait introduit des insectes vivants, destinés à la nourriture du Reptile; un petit jet d’eau fournissait l'humidité convenable, et le fond de la volière, qui reposait sur la terre, était couvert d'un lit de sable et de quelques brins de paille courte.
« Ayant observé un jour que cette femelle paraissait inquiète et qu’elle se traînaiten tournoyant sur le sable sans s’arrêter, il la suivit des yeux, et il s'aperçut qu’elle s'était arrêtée dans un coin dela cage où iln’y avait ni sable ni poussière. Arrivée là, elle commença à gratter avec sesjambes antérieures pour creuser en terre, et comme le terrain était dur, elle travailla deux jours sans relâche, de manière à donner à la fosse quatre pouces de diamètre sur six de profondeur, afin de s’y placer commodément pour y déposer ses œufs, qui furent pondus au nombre de trente. Après quoi, cette femelle les recouvrit soigneusement, d’abord avec les déblais de la terre, en se servant uniquement de la patte antérieure droite, comme pour les
chats quand ils veulent cacher et recouvrir |
LES GAMÉLÉONIENS.
leurs ordures; non satisfaite deles avoir ainsirecouverts de terre, elle y amoncela des feuilles sèches, de la paille et de menus branchages secs pour former une sorte de toit sur cette hutte.
« Vallisnieri observa qu'après la ponte la femelle paraissait exténuée par ce grand travail. Il est vrai que, pendant qu'elle s'y était livrée, elle n'avait ni bu, ni mangé; cependant
. Son corps était devenu si flasque etsi maigre,
qu'on ne pouvait guère attribuer cetétat décharné au peu de jours pendant lesquels elle n'avait pris aucune nourriture.
« Les œufs des Caméléons sont arrondis; leur écaille est blanche, d’un gris terne, sans tache; cette coque est calcaire, mais très poreuse (4). »
Distribution géographique. — Les Caméléons sont particulièrement abondants en Afrique, et surtout à Madagascar, qui peut être regardée comme leur véritable patrie ; ils sont également nombreuxen espèces dans la partie tropicale de l’ouest du continent africain. On trouve dans le sud del’Égypte le Caméléon vulgaire qui se rencontre principalement dans le nordde l’Afrique. Les Caméléons vivent égalementen Arabie et dans la péninsule de l'Inde, où ils ne sont représentés que par un petit nombre d'espèces.
Espèces. — Les espèces de Caméléons, au nombre d’une trentaine environ,se distinguent principalement entre elles par la forme de la têle, qui est très variable. Le casque est tantôt relevé, ainsi qu’on le voit chez le Caméléon vulgaire, et surtout chez le Caméléon à cape (fig. 180); tantôt, au contraire, aplati en dessus. Le museau peut être surmonté d’un rebord saillant (Caméléon panthère), prolongé en un court lambeau de peau comprimé et dentelé, comme chez le Caméléon nason, ou se terminer par un long appendice fourchu , ainsi qu’on leremarque chezle Caméléon à nez fourchu, être prolongé en une fourche tuberculeuse redressée, comme chez le Caméléon de Parson.
La peau de l’occiput présente deux lobes chez le Caméléon trilobé. Le nez se prolonge en une corne ronde, une corne se posant sur chaque orbite chez le Caméléon à trois cornes; les sourcils présentent des pointes anguleuses chez le Caméléon de Brokes (fig. 181). La saillie du dos peut être ou n’être pas dentelée; il en est de même pour le ventre; la gorge est égale-
(1) Duméril et Bibron, Erpétologie générale, t. IL.
Breux, Reptiles.
Crété, imp.
Corbe
ère et Fils, édit.
-B. Bailli
Paris, J.
LE CAMÉLEON VULGAIRE.
LE CAMÉLÉON VULGAIRE
ment plus ou moins déchiquetée. Les granules de la peau peuvent être égaux ou entremélés de tubercules disposés d'une manière plus ou moinsirrégulière.