L'HESPÉRIE COMMA
LES HESPÉRIDES — HESPERWM
Die Dickkôpfe. - Die Hesperinen.
Caractères. — Les Hespérines se distinguent aisément de tous les autres Papillons diurnes par un caractère particulier, le volume de leur tête, et par les deux paires d'éperons dont sont armées les jambes postérieures chez la plupart d'entre eux.
Les ailes, courtes, ont de fortes nervures; l'aile postérieure présente une cellule médiane ouverte. La tête, épaisse, porte de grands yeux nus, une touffe de poils à la base de chacune des antennes très écartées, et une massue presque toujours courbée à son extrémité; dans les deux sexes, les jambes antérieures sont généralement aussi développées que les autres. Tels sont à peu près les caractères génériques des nombreuses espèces d'Hespérines.
Beaucoup d'entre elles se distinguent par des formes puissantes, des couleurs vives, des reflets brillants, de longues queues aux ailes postérieures, et d'autres particularités. Les espèces européennes atteignent les dimensions moyennes des Lycènes, mais elles sont plus trapues et ont des teintes plus uniformes.
Distribution géographique. — 11 en existe
une centaine d'espèces, dont la plupart résident dans l'Amérique du Sud.
Mœurs, habitudes, régime. — TOUS les mouvements des Hespéiïdes dénotent une grande souplesse, en même temps qu'une volonté hardie et déterminée. D'un vol raide et rapide, l'Hespéride s'abat sur le sol ou sur une fleur, qu'elle suce; elle étale ses ailes postérieures, tandis qu'elle tient ses ailes antérieures relevées; puis elle disparaît aussi vite qu'elle est venue.
Leurs Chenilles, à la tête fort grosse, à premier anneau aminci, se chrysalident entre des feuilles roulées, accolées par quelques fils; les Nymphes sont attachées par la queue et par un ou plusieurs liens transversaux.
LES HESPÉR1ES — HESPERIA
Caractères. — La tête plus large que le corseletportedes antennes à massue droite, ovoïde terminée en général par une petite pointe courbée en dehors; des palpes très velus à der-
nier article très grêle. Les ailes supérieures sont ordinairement marquées d'un trait noir oblique; les ailes inférieures sont un peu encavées vers l'angle anal. L'abdomen robuste dépasse les ailes inférieures.
Les Chenilles allongées, glabres, ont une tête globuleuse séparée du corps par un cou très mince.
Les Chrysalides sont effilées et conico-cylindriques avec la gaine de la trompe libre.
Distribution géographique. — Les Hespé-
ries, nombreuses en espèces, habitent les deux hémisphères.
L'HESPÉRIE COMMA. — HESPERl.t COMMA.
Strichfalterchen.
Caractères. — Le Mâle et la Femelle, dont la face supérieure est brun jaune, et la face inférieure jaune verdâtre, n'ont pas le même aspect extérieur. Le Mâle porte, sur l'aile antérieure, une lisière brun foncé, cinq taches claires, et une callosité médiane, étroite et noire, qui semble partagée par une ligne longitudinale à reflets argentés; sur l'aile postérieure, des taches claires avoisinent la lisière sombre. Chez la Femelle, les deux ailes sont parcourues par une série de taches qui paraissent d'un blanc-jaunâtre surtout sur l'aile postérieure; la callosité noire est remplacée, sur le revers, par de nombreuses écailles vertes.
Distribution géographique. — L'Hespérie
comma (fig. 1286, page 263) se rencontre partout en juillet et en août, et voltige jusqu'aux sommets les plus élevés des Alpes.
Ilœurs, habitudes, régime. — La Chenille, verte et ponctuée de noir sur les côtés, vit sur le Coronilla varia.
Nous citerons encore quelques Hespérines indigènes.
Les Besperia T/taumas et Sylvanus abondent partout.
Le Spilothyrus Malvarum aux ailes dentées d'un gris brun, teintées de rougeàtre, les supérieures avec deux bandes brunes et six pe-
LES SPHINGIDES.
tites taches vitrées dont les Chenilles s'enferment dans un cornet fait avec une feuille de Mauve. Il vole de tous côtés en mai et en juillet.
Le Syric/ttus Malvx ou alceolus, le Tanaos tages sont des espèces communes dans toute la France.
LES HÉTÉROCÈRES — HETEROCERA
LES SPHINGIDES — SPH1NG1D.E OU CREPUSCULAR1A
Die Schwurmcr. — Die Mmmerungsf aller.
Caractères. — Les Papillons crépusculaires ou S/j/tingidïs, qui constituent la seconde famille des Papillons, forment contraste avec les Papillons diurnes.
Ils en durèrent par leur corps plus épais et plus large, recouvert d'une couche épaisse de poils ou d'écaillés, et par leurs ailes dont la face inférieure présente de fortes nervures et des poils touffus; l'aile antérieure est le plus souvent étroite et allongée; la postérieure arrondie et plus petite porte en avant un crochet ou frein. L'abdomen, fusiforme, relié étroitement au thorax, achève de les distinguer, même au premier coup d'œil, des Papillons diurnes au corps plus élancé et aux ailes plus élargies.
La tête, relativement petite sans ocelle, et terminée en avant par une pointe mousse, porte des palpes larges et courts. Les deux antennes, courtes et épaisses, sont prismatiques, le plus souvent un peu rétrécies à leur base et terminées par une petite pointe velue brusquement incurvée en arrière, c'est-à-dire formant crochet. La trompe atteint ici son plus grand développement; sa longueur dépasse parfois le double delà longueur du corps. Le revêtement du thorax et de l'abdomen est lisse chez les espèces de nos climats, et ne présente que chez les espèces étrangères des houppes à peine visibles. L'aile antérieure étroite, elliptique, allongée, se distingue par une côte marginale interne bifurquée vers la base; l'aile postérieure, ornée de franges courtes, porte deux nervures marginales internes et un rameau oblique qui relie la nervure marginale à la nervure médiane antérieure; l'aile inférieure beaucoup plus courte est pourvue géné-
ralement d'un crin qui la rattache à la précédente. Les pattes antérieures sont toujours aussi développées que les autres, et les jambes des pattes postérieures sont armées de deux paires d'éperons. Comme chez un grand nombre de Papillons diurnes, les sexes présentent peu de différences extérieures chez les Sphingides.
Distribution géographique. — Celte famille,
dont nous possédons une bonne monographie due auDrBoisduval, Lépidoptérologueémérite, comprend, en chiffres ronds, quatre cents espèces, qui sont réparties sur tout le globe à l'exception des régions polaires; le plus grand nombre habile l'Amérique méridionale, et le plus petit nombre la Nouvelle-Hollande. L'Europe n'en renferme pas plus de trente-cinq d'une manière certaine.
Mœurs, habitudes, régime. — A peu d'ex-
ceptions près, ces Papillons restent tranquilles et dissimulés pendant le jour dans les lieux ombragés; ils tiennent alors leurs ailes appliquées horizontalement sur le corps, et replient leurs antennes en arrière sous la base des ailes, où elles n'attirent pasl'altention, ilsdorment, et se laissent même prendre lorsqu'on veut les saisir dans leurs coins sans faire le moindre effort pour fuir.
Mais, sitôt le crépuscule venu, leurs yeux commencent à briller. Us abandonnent leurs cachettes, pour se chercher les uns les autres et visiter les fleurs ; on les entend généralement avant de les apercevoir, car ils passent dans l'air avec un fort bourdonnement et planent en fredonnant au devant des fleurs, tout en puisant leur miel avec leur trompe. Autant ils paraissent inertes pendant le jour, autant ils se