LU LIPARIS DU SAULE. — LIPARIS SALICIS
Weidenspinner.
Caractères.— Ce Papillon a les ailes uniformément revêtues d'écaillés blanches fugaces et argentées, sans aucun dessin, sans lignes transversales; il a les dents de peigne des annes noires; ses pattes sont très velues et annelées de blanc. Les jambes postérieures n'ont que des éperons terminaux.
Alœurs, habitudes, rcsiiiic. — Les Liparis du
Saule voltigent, pendant les chaudes nuits de juin et de juillet, comme des milliers de fantômes autour des Peupliers élancés qui dans les campagnes bordent les routes; ils se laissent capturer parles Chauves-souris, qui jonchent le sol des ailes de leurs victimes. Le jour, ils brillent de loin sur les troncs d'arbres, et quand les Moineaux ou d'autres Oiseaux sont venus visiter leur troupe, on les voit s'éparpiller à terre et tournoyer dans la poussière, estropiés et à moitié morts.
La Femelle fécondée agglutine ses OEufs, en petits amas, entre les fissures des écorces en les enveloppant d'un mucus qui brille comme du salin ; on les reconnaît de très loin. Au printemps suivant, les Chenilles éclosent; le fait peut se reproduire en automne, mais alors elles succombent sous l'influence des rigueurs
de l'hiver. Ces Chenilles (fig. 1382), assez velues, présentent des verrucosités rouges; leurs taches jaune -soufre ou blanches, disposées en séries le long du dos, frappent le regard. Elles dénudent parfois entièrement les Peupliers ou les Saules, qu'elles affectionnent.
A la fin de mai, leurs Chrysalides d'un noir brillant, pourvues de tondes de poils jaunes
Fig. 1382. — Chenille de Liparis du Saute.
disséminées, sont fixées auxtroncs, ou reposent librement entre les feuilles de la plante nourricière, où on les distingue à travers quelques fils.
LES PORTHÉSIES — PORTBES1A
Caractères. — Le genre Porthesia se distingue du précédent parles caractères génériques suivants : les jambes postérieures sont armées vers leur milieu d'une seconde paire d'éperons; les nervures 6 et 7 de l'aile postérieure émanent d'un pétiole commun; la nervure 10 de l'aile antérieure émane de la nervure 8.
LE LIPARIS CHRYSORUÉE OU LE CUL BRUN. — PORTHES1 I ClIHYSOliltlIOEi.
Goldafter.
Caractères. — Ce Bombycide est d'un blanc uniforme, comme le précédent; mais l'extrémité abdominale est d'un rouge brunâtre et se termine chez le Mâle (fig. 1383) par un pinceau de poils, chez la Femelle (fig. 1384) par une épaisse couche de poils formant bourrelet. Les antennes sont d'un jaune rouillé.
MaMirs, habitudes, régime. — Ce Papillon
LE L1PAUIS CHRYSORRHÉE.
Fig. 138T.
Fig. 1384.
IoSi
Fig. 1383. — Le Liparis clirysorrhée, Mâle.
Fig. 1384. — Sa Femelle pondant.
Fig. 1385. — Chenille du Liparis-Chrysorrhée. '
Fig. 1383 à 13s". — Les Liparinea (Liparis;
Fig. 1386
Fig. 1386. — Nid de Chenilles avec ponte. Fig.
Chenille du Liparis doré.
apparaît en même temps que le précédent, et présente le môme mode d'existence; seulement il sait mieux se maintenir caché sous la face inférieure des feuilles, et ne se nourrit pas exclusivement des feuilles d'une seule espèce de végétal; il s'installe, indifféremment, sur tous les arbres forestiers (Chêne, Hêtre, Charme, Érable, Saule, Épine-noire) et sur la plupart des arbres fruitiers, ainsi que sur les Rosiers et les autres arbustes qui parent les jardins.
Au commencement de juin, on trouve, sur toutes ces plantes, la Femelle occupée à pondre ses OEufs.généralementàlaface inférieure des feuilles (fig. 1386). A l'aide de deux valves situéesà l'extrémité deson abdomen, elle arrache les poils brun-rouillé de son bourrelet abdominal et dépose simultanément ses OEufs, ainsi empaquetés, en petits tas. Elle pose d'abord le feutrage de la partie postérieure du bourrelet, puis la seconde rangée, de sorte qu'au bout d'un à deux jours, quand ce travail est terminé, il en résulte ce qu'on appelle la « petite éponge » ; en revanche le bourrelet anal de la Femelle a disparu complètement. Le cadavre Brehm. — VIII.
de la Femelle épuisée demeure parfois fixé sur cette éponge, s il ne tombe pas à terre.
Quinze à vingt jours après, c'est-à-dire à la fin de juillet, ou un peu plus tard, les Chenilles nouvelles éclosent et dévorent les feuilles les plus voisin es. Leur tête est d'un jaune sale; leur nuque et les rangées de taches poinlillées de leur dos sont noires. Peu à peu elles se filent un Nid, dont le tissu s'épaissit de plus en plus à mesure que la mauvaise saison approche, et qui frappe d'autant mieux les yeux que la chute des feuilles est plus accentuée; dans ces Nids on trouve généralement la ponte spongiforme. C'est là ce qu'on appelle les « grands Nids de Chenilles » (fig. 1386). L'année suivante, les Chenilles manifestent leur réveil en dévorant les bourgeons ; elles vont s'ensoleiller sur les aisselles des branches, puis retournent à l'ancien Nid ou en filent un nouveau, qu'elles abandonnent également quand elles sont grandes. La première mue ayant eu lieu avant l'hiver, la seconde s'effectue à la fin d'avril, et la troisième vers la fin de mai. La Chenille à maturité (fig. 1385), très velue, est d'un brun foncé; elle offre de chaque cûlé, à Insectes. — 132