LE PETIT PAON
LES SATURNINES — SATVRNINJE
Nachtpfauenauye.
Caractères. — De même que les Ornithoptères et les Morphos, parmi les Papillons diurnes et les Sphinx, parmi les Crépusculaires, les Saturnines sont les joyaux de toute la famille, et même de l'ordre tout entier. Les Saturnines ne nous représentent pas seulement les géants de tout l'ordre des Papillons; leurs ailes énormes nous olfrent aussi les formes les plus audacieuses et portent, au centre, une fenêtre transparente ou une tache ocellée splendide.
Pour ne pas passer sous silence le plus grand de tous les Papillons, nous citerons leSaturnia Atlas de la Chine. Les pointes de ses ailes atteindraient de chaque côté les marges de celle page, si nous les étalions en travers ; son corps mesure 37 millimètres seulement.
Chez les Saturnines, les ailes sont trop grandes pour reposer en forme de toiture; aux antérieures manque une cellule accessoire ; les postérieures qui, en toutes circonstances, dépassent heaucoup l'abdomen, ne portent pas de crin; on n'y distingue qu'une seule nervure marginale inlerne; sur les qualre ailes, la cinquième nervure longitudinale émane de l'angle antérieur de la cellule médiane. Les antennes des Mâles, peclinées sur deux rangs, mais moins aux deux bouts, prennent un aspect de plumet.
Distribution géographique. — Ces Papillons se rencontrent sur toute la terre; ils sont nombreux surtout en Amérique.
l'sasjes. — Tout le monde sait que les diverses maladies qui, depuis une cinquantaine d'années, font des ravages terribles parmi les Vers à soie et causent de si grands dommages à leurs éleveurs, ont porté l'attention sur d'autres Séricigènes dont les Chenilles pourraient fournir une soie et compenser, si possible, au moins dans une certaine mesure, les pertes subies. Les Sociétés d'Acclimatation, répandues dans tous les grands États de l'Europe et dont l'influence salutaire se fait sentir sur les Animaux et les Plantes importées de l'étranger, se sont emparées de la question. Elles se sont chargées de procurer divers Séricigènes dont on faisait cas, depuis longtemps, aux Indes orientales, en Chine, au Japon, pour obtenir de la soie au moyen d'un élevage industriel et de tenter l'éducation de quelques autres Bombycides dont les Cocons pourraient peut-être trouver un emploi industriel. Depuis lors, ces
sociétés ont été chargées de tenter l'élevage de divers Séricigènes, et pour obtenir les résultats les plus certains on leur a confié des OEufs des espèces les plus variées, provenant de toutes les régions du globe, mais pour la plupart appartenant à la tribu des Saturnines. Les seules de ces Chenilles qui puissent avoir de l'avenir en France, comme dans l'Europe centrale, sont, comme il est aisé de le comprendre, celles qui peuvent être nourries de plantes indigènes. Nous allons relater, au sujet des diverses espèces, des expériences d'un haut intérêt, mais nous devrons nous contenter de signaler ici les espèces les plus importantes.
LES SATURNIES
SATUmiÂ
LE GIIVND l'AON DE MIT. — S 111 RM l PTM OU S- PAI'OM I MAJOR.
Caractères. — Ce beau Papillon ;P1. XXIV), le plus grand de tous les Nocturnes indigènes Il à 12 centimètres d'envergure), a les ailes grises bordées d'une bande blanche et armées chacune d'un œil de Paon, c'est-à-dire d'un œil cerclé de noir à prunelle presque transparente, à iris fauve limité du côté interne par un croissant blanc et un second croissant rouge pourpre; de part et d'autre de ces œils dePaon régnent deux lignes obliques et sinueuses d'un noir rougeâtre. Le corps est brun avec la partie antérieure du thorax blanc-rougeàtre; l'abdomen est gris-cendré.
Distribution géographique. — Le Grand
Paon, répandu dans toute l'Europe moyenne, n'est pas rare dans les environs de Paris. Il a été introduit en Amérique.
Mœurs, habitudes, régime. — La Chenille
verte porte des verrucosités assez nettement pédiculées, d'un beau bleu de turquoise (l'I.XXI V); se nourrit des feuilles du Pommier, du Poirier, du Prunier, de l'Amandier, de l'Orme, etc.
Cette Chenille tisse en août un grossier Cocon (PI. XXIV) peu riche en soie qu'elle place sous les corniches des toits et des murs et sous les fourches des branches où la Chrysalide repose jusqu'en avril et mai.
LE PETIT PAON- — SÂTURNIA P1IOMA OU S. CARl'IM-
Caractères. — Plus petit que le précédent, ce joli Bombycide (fig. 4428 et 1429] a les quatre ailes supérieures également ornées d'un œil de Paon comme le précédent, mais chez le Mâle
LA SATURNIE DE L'AILANTE-
Fig. 1428.
Fie. 1430
Fig. 1428. — La Saturnie Petit Paon, Mâle. Fig. 1429. — La Saturnie Petit Paon, Femelle.
Fig. 1430. — Cocon de cette Saturnie.
Fig. 1428 à 1430. — Bombycines (Satumia).
qui ne dépasse guère 6 centimètres, ils se détachent sur des ailes différemment colorées (fig. 1428). Les ailes supérieures en effet sont brunes, parsemées d'écaillés rougeàtres avec une bande blanchâtre et une tache blanche sur laquelle se détache l'oeil; les ailes inférieures au contraire sont jaune fauve avec une bande brune.
La Femelle (fig. 1429), d'une taille plus considérable (7 à 8 centimètres), est uniformément gris-cendré avec les quatre œils de Paon.
Le Cocon (fig. 1430) est ovoïde.
Distribution géographique. — C'est une
espèce aussi commune en France que dans toute l'Europe.
Mœurs, habitudes, régime. — Les Chenilles
qui éclosent au mois de mai passent les premiers temps de leur vie en famille à la façon des Chenilles de Vanesses sur les pousses des Ormes, des Charmes, des Prunelliers, des Ronces, des Bouleaux, des Saules, des Fraisiers, etc.
Le Moyen Paon (Satumia Spinî), plus petit que le Grand Paon mais presque semblable, paraît plutôt cantonné en Allemagne.
Le Satumia habellx (fig. 1431) est une magnifique espèce découverte en Espagne en 1830 et qu'on a crue importée des pays tropicaux.
LA SATURNIE OU BOMBYX DE L'AILANTE.
— SJTURNIJ CVNTIIIJ.