LA PHALÈNE DES BOULEAUX
émane elle-même de celte nervure, el les classifica leurs modernes ont basé sur cette différence-là une de leurs divisions principales. La plupart des Géomètres portent, au repos, leurs ailes délicates légèrement étendues, mais non étalées comme nous les voyons disposées dans les collections ; certaines espèces tiennent leurs ailes à demi closes et relevées, d'autres en recouvrent leur abdomen comme d'un toit. Beaucoup de ces Papillons voltigent pendant le jour, ou du moins se laissent effaroucher parmi les buissons et les herbes ; mais c'est pendant la nuit que la plupart d'entre eux témoignent le plus de vitalité.
Les Phalénides se distinguent des autres familles, lorsqu'elles sont à l'état de Larves, par des différences plus tranchées.
Distribution géographique. — On Connaît
environ 1800 espèces réparties dans toutes les parties du monde.
Mœurs, habitudes, régime. — NOUS avons
déjà signalé la démarche singulière des Chenilles, résultant de l'atrophie de leurs pattes ventrales, la dernière paire exceptée, démarche qui leur a fait donner le nom d'Arpcnteuses. Ces Chenilles disposent donc seulement de dix pattes aptes à la progression, et très rarement de douze. Au repos, elles se fixent volon- Liers à l'aide des pattes anales à quelque branche, raidissant leur corps étendu (fig. 1467), ou le recroquevillant en forme d'anneau (fig. 1240, p. 237); aussi ces Chenilles, dont la plupart possèdent une couleur brunâtre, ressemblent-elles, à s'y méprendre, à un ramuscule desséché. Un petit nombre d'entre elles se fixent à quelque feuille, à l'aide d'une écharpe, au momentdeleur Nymphose, comme celles des Papillons diurnes ; mais la plupart s'enferment au moyen de quelques fils dans des feuilles vertes ou sèches, ou bien pénètrent en terre.
En ne tenant compte que des espèces allemandes, 6,5 °/0 passent l'hiver à l'état d'OEufs, 35 à l'état de Chenilles, 58 à l'étal de Pupes, 0,5 à l'état de développement parfait.
Classification. — Linnée a décrit sous le nom générique de Phalœna, les Phalénides qu'il a connues, et il a donné à tous les noms la terminaison aria ou ala suivant qu'il trouvait à l'espèce en question des antennes pectinées ou simplement filiformes. Ici, comme partout, les écrivains récents ont créé le plus de noms génériques qu'ils ont pu.
Nous devons nous borner ici à mentionner
un petit nombre d'espèces qui représentent les formes les plus essentielles ou qui sont d'un intérêt général par suite du rôle assigné à leurs Chenilles; sans nous astreindre à uu ordre méthodique, nous choisirons les groupements qui répondent le mieux au but que nous nous proposons d'atteindre.
LES AMPHIDAS1S
AMPHIDASIS
Caractères. — Ces Phalénides ont les antennes pectinées chez les Mâles, filiformes chez les Femelles, les palpes et la trompe très courte, le thorax robuste et laineux, l'abdomen court et conique.
LA l'UALÈMÎ DES BOULEAUX. — AMPHIDASIS VETVLAltll.
Birkenspanner.
Caractères. — En raison de la disposition de son corps, cette Phalène se rattache au groupe des Géomètres qui rappellent les Bombycides; ses ailes étendues la classent parmi les plus grandes espèces de nos pays (fig. 1466). La teinte blanche fondamentale se retrouve partout, sans en excepter le corps, ni les antennes, ni les pattes, avec un semis de poussières brun-noirâtres. Beaucoup de ces mouchetures se confondent çâ et là, pour former des taches et des lignes, surtout au bord antérieur de l'aile antérieure. Le Mâle, remarquable par sa taille bien plus petite, se distingue en outre de la Femelle par son corps grêle et par ses antennes pectinées sur deux rangs jusqu'à leur pointe exclusivement.
Mœurs, habitudes, régime. — Ce Papillon éclot en mai ou en juin ; on ne le voit jamais voltiger pendant le jour; mais l'étendue et la couleur claire de ses ailes permettent de le découvrir souvent, fixé à un tronc d'arbre avec les ailes entrebâillées .
La Chenille (fig. 1467) présente partout la même épaisseur; sa tête petite est profondément échancrée au sommet; son huilième anneau est pourvu, de chaque côté, d'une nodosité verruqueuse. Sa couleur semble varier suivant sa plante nourricière du gris verdàtre au gris brunâtre ou jaunâtre. On la trouve sur les Bouleaux, les Cormiers, et d'autres arbres feuillus, mais elle a une prédilection pour les Chênes. Au repos, elle adopte une altitude propre à bien des Chenilles arpenteuses, qui la fait ressembler de loin à un rameau, ainsi
L'HIBEEINIE DÉFEUI LLÉE.
'(Il
que le représente la figure. En septembre on en octobre elle a atteint toute sa croissance, et pénètre dans le sol pour se transformer en Cbrysalide (fig. 1468) dans une de ces excavations, avant l'hiver.
LES PHIGALIES — PHIGAL1A
tnraetèrcs. — Très proches parents; leur aspect rappelle également celui des Bombycides; en effet leurs antennes sont plumeuses chez le Mâle et leur trompe est rudimentaire. L'abdomen du Maie est orné d'une crête et se termine par une brosse de poils; ses ailes sont très grandes ; la Femelle est aptère.
LA l'IIALÈNE VELUE. — PHIGALIA PILOSARIA.
Birnspanner,
Caractères. — Telle est, notamment, la Phalène velue (Phigalia pilosaria), dont la Femelle est aptère, mais dont le Mâle a les ailes d'un gris verdâtre poinlillées de brun olive et traversées par des lignes nébuleuses et flenneuses.
Mœurs, habitudes, régime. — Ces Papillons éclosent, de très bonne heure, de la Chrysalide qui a passé l'hiver.
On rencontre le Mâle, après quelques journées douces du mois de février, immobile sur des troncs d'arbres ; il apparaît ainsi, dans des conditions atmosphériques souvent rigoureuses.
LES HIBERNIES — HIBEBNIA
Caractères. — Ainsi nommées parce qu'elles éclosent pendant la saison froide, les Mâles ont les antennes ciliées et de grandes ailes, les Femelles ont les antennes filiformes et sont aptères ou pourvues de simples rudiments d'ailes.