‹ Merveilles de la natureChapitre 187 sur 412 · BRU M AT A · texte numérisé non relu

BRU M AT A

CHE1MA TOBIA

Kleiner Frostspanner.

Caractères. — Les ailes délicates et arrondies du Mâle (fig. 1474) sont d'un gris poussiéreux parsemé de rares écailles; les antérieures se distinguent par une teinle rougeâtre plus sombre et par des lignes transversales plus foncées encore, variables et irrégulières. La Femelle (fig. 1475), d'un gris poussiéreux, se

distingue à ses ailes rudimentaires portant chacune une bande transversale sombre, et à ses longues pattes tachetées de blanc.

Mœurs, habitudes, régime. — Cette Phalène, dont le mode d'existence est presque le même que celui de la précédente, voltige encore plus tard ; son nom scientifique désigne en effet les jours les plus courts {bruma). En revanche, la Chenille abandonne sa plante nourricière un peu plus tôt, en sorte que le repos de la Chrysalide dure un mois de plus, en moyenne. Une autre différence biologique, entre cette espèce et la précédente, consiste en ce que cette Chenille, même lorsqu'elle est à maturité, ne repose pas en liberté sur sa plante nourricière, mais demeure entre des débris de feuilles réunies et en partie desséchées (fig. 1476). Dans l'Allemagne du centre, dans la province de Saxe par exemple, elles se trouvent toutes deux assez souvent l'une auprès de l'autre, sur les arbres forestiers.

Cette Chéimatobie est pour les pays septentrionaux de l'Europe ce que l'Hibernie dé-

LA GHEIMATOBIE HIÉMALE.

Fig. 1477

Fig. 1480.

Fig. U7

Fig. 1477. — La Fidonie des Sapins, Mâle. Fig. 1478. — La Femelle.

Fig. 1479. — La Chenille.

Fig. 1 4SI.

Fig. 1480. — La Larentie du Bouleau.

Fig. 1481. — Sa Chenille.

Fig. 1477 à 1481. — Les Phalènes [Fidonia et Larentia).

feuillée est pour les régions plus méridionales : elle anéantit la récolte des arbres fruitiers, sur lesquels on la trouve en grande masse. Dans les points où cette Géomètre n'est point troublée en sa demeure, la récolte peut manquer entièrement, pendant des années.

Au sortir de l'OEuf, dès le début du printemps, la Chenille est grisâtre; elle est d'un vert grisâtre après sa première mue; la tête et l'écusson de la nuque sontnoirs. Après la seconde mue, elle perd ses couleurs noires; la teinte fondamentale devient plus pure, et une ligne blanche à peine indiquée précédemment sur le dos s'accentue plus nettement. Après sa dernière mue , elle est d'un vert jaunâtre ou d'une teinte plus sombre sur une longueur de 26mm; sa tête est d'un brun clair et luisant; sa ligne dorsale devient fine et foncée et s'entoure, de chaque' côté, d'une bordure blanche ; une ligne claire passe au-dessus des stigmates aériens qui font l'effet de points sombres. Une certaine fermeté élastique distingue, en outre, cette Chenille de toutes les autres Arpenteuses. C'est, au plus tard, vers le commencement de juillet qu'elle quitte sa plante nourricière pour aller se transformer sous terre, à peu de profondeur, en une Chrysalide d'un brun jaune,

armée, à sa pointe, de deux petites épines tournées en dehors.

Moyens de destruction. — Pour protéger les arbres fruitiers contre la voracité de ces Chenilles on aéprouvé depuislongtemps l'efficacité de l'anneau de goudron ou ceinture protectrice, employé d'une façon convenable; on a capturé en Suède, à l'aide de ce procédé, 28,000 Femelles dans un espace restreint. Ce moyen consiste à disposer autour de chaque tronc, à hauteur convenable, une bande de papier, de la largeur d'une main, de telle sorte qu'aucune Femelle ne puisse grimper par dessus. Cette ceinture reste fixée, pendant toute la durée de l'époque du vol, au moyen d'une matière gluante dont on l'a barbouillée. On a employé d'abord, dans ce but, le goudron de Sapin, qu'on a remplacé bientôt, à cause de la difficulté qu'on éprouvait à le rendre applicable, par d'autres mélanges conservant plus longtemps leur propriété agglutinante. « J'ai reconnu moi-même, rapporte Taschenberg, l'efficacité du mélange de liecker de Jiiterbogk, répandu dans le commerce sous le nom de « colle des brumata ». Depuis qu'on goudronne les troncs pour prévenir les ravages des Chenilles, sans se servir d'une bande de papier, on a composé dans

LA FIDONIE A PLUMET.

ce but de nombreuses glus ; la plupart des Forestiers emploient de préférence la « glu des Chenilles » préparée par Mùtzell à Steltin. »

LES FIDONIES

Caractères. — Les caractères génériques sont les suivants : les ailes ont une coupe spéciale représentée sur la figure 1477, une cellule supplémentaire sur l'aile antérieure; une côte marginale antérieure, émanant de la base même, 'sur l'aile postérieure; un front recouvert d'écaillés contiguës; des antennes pectinées ou flenneuses chez les Mâles, dentées chez les Femelles, des pattes courtes, surtout aux jambes postérieures.

LA FIDONIE DES SATINS OU DES CONIFERES. — FIDONIA PINIJRIJ.

Kfefern Spanner. — Fôhren Spanner.

CiiractiTf». — La figure 1477 nous représente un Mâle, avec ses taches et ses lignes de couleurs claires et variables sur une leinte fondamentale d'un brun-noir; les marques supérieures sont ici d'un jaune-paille; les inférieures sont d'un blanc plus pur. Chez la Femelle (flg. 1478), plus variable encore, c'est le jaune rouge foncé et le brun-rouge qui alternent, mais de telle sorte que tantôt l'une et tantôt l'autre de ces deux nuances prédomine.

Mœurs, habitudes, régime. — La Fidonie

des Sapins sait mieux choisir l'époque de son apparition, que les précédentes. Les promeneurs qui traversent les bois de Sapins au mois de juin, dans le simple but de respirer l'air imprégné d'émanations résineuses, ne peuvent manquer d'observer ce Papillon, car les Mâles et les Femelles voltigent sans cesse, d'un vol farouche et irrégulier, entre les troncs et les aiguilles des Conifères. Les Mâles volent, par petites étapes, des aiguilles jusque sur les troncs, en se reposant çà et là, les ailes redressées et closes ; ils déploient également plus d'activité pendant le jour que les Femelles, et passent ainsi leur temps jusqu'à ce que les couples se trouvenU'éunis. « En traversant, il y a plusieurs années, rapporte Taschenberg, une forêt de Sapins par une lourde journée d'orage, je rencontrai une foule immense de ces Géomètres qui voltigèrent autour de moi, après une pluie chaude. Ces Insectes, qui font parfois le désespoir des Forestiers, m'entouraient par centaines ; ils s'abattaient sur ma

figure, se posaient sur mon chemin en masse si considérable qu'on en écrasait à chaque pas, et de toutes parts se pressaient sur les troncs d'arbres par couples. »

C'est en haut, sur la cime des Sapins, que la Femelle pose ses OEufs parmi les aiguilles ; les Chenilles en éclosent au mois de juillet, mais leurs ravages ne sont appréciables qu'au mois d'août lorsqu'elles se trouvent en masse. En septembre elles se suspendent, comme les Bombycides, à l'aide de fils, et descendent ainsi jusqu'à mi-hauteur; c'est pour elles, semble-t-il, une simple satisfaction, car elles remontent ensuite de nouveau. Une fois à maturité (en octobre ou en novembre seulement), elles descendent, par le même procédé ou sur leurs pattes, jusqu'à terre, pour se transformer en Chrysalide sous la mousse ou sous les feuilles au pied des arbres.

La Chenille, très grêle, estverdâtre, et porte trois lignes blanches dorsales et deux lignes jaunes latérales qui se prolongent sur la tête. La Chrysalide, d'abord verte, prend plus tard une teinte brune, excepté sur la gaîne alaire ; elle se termine par une pointe bifurquée, et elle passe l'hiver. L'année suivante, elle ne fournit pas toujours le Papillon en question ; car la Chenille a pour Parasites de nombreux Ichneumons, dont quelques-uns vivent également aux dépens de la Noctuelle des Sapins (Trachea pinrperda) qui partage son mode d'existence. En outre, même dans les années où elles sont fréquentes, toutes n'arrivent pas à effectuer leur Nymphose parce qu'elles peuvent être tuées par un Champignon (Botrytis) qui prospère au détriment de ses organes.

LA FIDONIE A PLUMET. — FIDONl 1 PLUMIS- TARIA.

Caractères. — Cette élégante Phalène (fig. 1482) a les ailes supérieures d'un beau jaune orangé nuaucé de jaune pâle, traversées par quatre bandes irrégulières noires et parsemées dans les intervalles de points noirs, et ornées sur le bord d'une rangée de taches carrées et d'une frange noire, les ailes inférieures également d'un jaune orangé très vif agrémenté de points noirs, d'une raie médiane arquée noire, et relevé par une frange noire.

Distribution géographique. — C est Un

Papillon méridional qui abonde autour de Montpellier.

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