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LA TOHTRIX DE LA VIGNE OU PYRALE DE LA VIGNE

ennemis de la Vigne, celui-ci le plus anciennement connu est celui qui mystérieusement commet certainement le plus de dégâts; il y a une quarantaine d'années (1837) Audouin fut délégué pour chercher un remède aux ravages qu'il commettait dans le Maçonnais, et l'on connaît l'important ouvrage qu'il publia à ce sujet (1) ; de 1856 à 1862, d'après le témoignage de M. le Dr Laboulbène, les récoltes des meilleurs crus de la Champagne furent anéanties, aujourd'hui encore il est compté comme un redoutable ravageur, et l'on estime que, dans le seul arrondissement de Beaune, il détruit chaque année environ un tiers de la récolte des vins fins évaluée à plus d'un million de francs.

C'est au mois de juillet que l'on voit dans les vignes voler les Papillons, et cependant ils sont en nombre, mais naturellement paresseux, ils se contentent de voleter d'un cep à l'autre sans prendre leur volée pour se rechercher entre eux et s'accoupler à la chute du jour. Les Femelles déposent leurs Œufs à la face supérieure des feuilles; et leurs pontes ont l'aspect de petites plaques verdâtres et sont très apparentes à cause de leur teinte vert pomme plus claire que celle des feuilles : elles renferment chacune une soixantaine d'OEufs; souvent dans leur précipitation les Femelles déposent leurs OEufs sur une foule de plantes croissant dans les vignes, ce qui augmente les chances de contamination dans les vignobles mal tenus. Leurs devoirs accomplis, les Papillons ne tardent pas à périr ; ils n'ont vécu qu'une dizaine de jours.

Au bout de neuf à dix jours, les OEufs ont atteint leur maturité et les Chenilles éclosent rapidement; leur premier soin n'est point de ronger les feuilles, mais de chercher un gîte où elles se fileront une coque de soie pour passer l'hiver. Suspendues par un fil, elles abandonnent les feuilles en se laissant balancer par le vent; celles-ci s'accrochent aux ceps, celleslà aux échalas, qui leur offriront ensuite mille réduits pour y dissimuler leur abri soyeux. Cet abri est un petit Cocon de 5 à 6 millimètres, grisâtre, de forme ovoïde. Au commencement de mai, les jeunes Chenilles quittent successivement leur retraite et grimpent sur les bourgeons dont elles retiennent les feuilles avec quelques fils de soie ; à la fin du mois, elles ont acquis toute leur taille et mesurent environ

(1) Audouin, Histoire des Insectes nuisibles à la Vigne et particulièrement de la Pijrale qui dévaste les vignobles, Paris, 1842.

un centimètre, elles envahissent alors les feuilles, les grappes qu'elles enveloppent de leurs fils pour se construire une loge; ces fils qu'elles jettent çà et là entravent la floraison et par conséquent la fructification des grappes qu'elles ont respectées. C'est dans cette loge que les dévastatrices arrivées au terme de leur développement vont se métamorphoser; mais ellesnedemeurenten repos qu'une quinzaine de jours, et les Papillons vont recommencer leur cycle évolutif.

Moyens de destruction. — Audouin (l), qui

a étudié sur place les ravages exercés par la Pyrale, a proposé divers moyens pour combattre ce fléau.

Un premier procédé consistait, au moment de l'apparition des Papillons, dans l'emploi simultané des feux, non pas des feux clairs et élevés, mais des feux petits, bas, multipliés, c'est-à-dire placés à la distance de 23 pieds au plus l'un de l'autre. Audouin prenait un lampion, le mettait dans un vase plat et posait celui-ci sur le sol; le Papillon qui tend à décrire un cercle autour de la flamme ne peut plus décrire qu'une portion de cercle, arrêté qu'il est par la surface plane sur laquelle est posé le lampion, et qu'il vient sans cesse frapper de ses ailes. Audouin couvrait cette surface avec de l'huile, et l'insecte en la touchant était arrêté et asphyxié aussitôt parle liquide. L'effet de la flamme n'était pas tant de brûler le Papillon que de l'attirer dans le piège. Audouin raconte que deux cents feux ainsi dispersés et brûlant pendant deux heures permirent de compter le lendemain 30,000 Papillons détruits.

L'inconvénient de ce procédé, c'est d'être coûteux, et d'avoir besoin d'être appliqué par tous les propriétaires sur l'étendue du territoire infesté : car le propriétaire qui eu fera usage aujourd'hui ne garantira pas ses vignes des Papillons du voisin qui le lendemain viendront y déposer leurs OEufs.

Un autre procédé qui n'entraîne aucune mise première de fonds et qui n'exige que de la main-d'œuvre, c'est la cueillette des pontes de Pyrales sur les feuilles.

Les Papillons pondent environ 150 OEufs; ils sont réunis par plaques à la face supérieure des feuilles de Vigne; chaque plaque en contient un plus ou moins grand nombre; mais on

(1) Audouin, Notice sur les ravages causés dans quelques cantons du Maçonnais par la Pyrale de la Vigne [Annules des sciences naturelles, 1837).

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