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LA TORTRIX DE LA VIGNE UU PYRALE DE LA VIGNE

peut regarder le chifire 60 comme un terme moyen; c'est de ces Œufs ainsi groupés que naissent les vers dévastateurs. Si donc on parvenait à détruire ces pontes, on arrêterait certainement le fléau dans sa source. D'après Audouin, en cinq jours 20 personnes ramassèrent 186,000 pontes; en sept jours, 30 personnes en ramassèrent 482,000, ces deux chiffres multipliés par 60 donnent un total de 40,128,000 Œufs.

Mais on conçoit facilement ce qu'avait d'incomplet et de défectueux cette méthode de destruction.

On a proposé aussi l'échenillage ou la récolte des Chenilles et des Chrysalides sur les feuilles.

On a préconisé l'écorçage qui s'obtient en frottant avec force les ceps, au moyen d'outils ou de gants en fer, et qui était suivi d'un badigeonnage avec un liquide insecticide.

On a encore proposé de lancer sur les ceps un jet de vapeur surchauffée. L'action de la vapeur sur la Pyrale est très réelle, mais l'installation des appareils présente des obstacles presque insurmontables.

Enfin on a proposé l'emploi de l'acide sulfureux, et on a même employé ce système dans certaines contrées du Midi. Mais ce mode de préservation présente en lui-même un vice radical, c'est que les Chenilles de Pyrales si bien protégées par leurs coques soyeuses peuvent résister pendant un temps assez long à l'action de l'acide sulfureux. Il faudrait donc en continuer ^'application sur un cep, pendant un temps trop prolongé pour que l'opération fût réellement pratique.

Le remède le meilleur et le plus utile au moins jusqu'à ce jour, dit M. André (1), est incontestablement Yêchaudage ou ébouillantage dont le principe consiste à asperger les ceps par l'eau bouillante ou partout autre ingrédient susceptible de tuer les petites Chenilles. Ce procédé, imaginé en 1840 par un vigneron de Romanèche, Benoît Raclet, a fait ses preuves. Le résultat en est appréciable, et les vignes échaudées donnent lors de la récolte un résultat suffisant non seulement pour couvrir les frais causés par l'opération, mais aussi pour donner un bénéfice, sans compter l'état plus florissant dans lequel se maintient le vignoble soumis à ce traitement.

(I) Ed. André, Les Parasites et les maladies de la Vigne. Beaune, 1882, p. 56.

L'appareil principal consiste en une chaudière qui doit être de petite dimension, légère et portative; elle doit fournir très rapidement de l'eau à 100° et être d'un chauffage économique ; elle doit être de plus facile à nettoyer, afin de permettre l'emploi de toutes les eaux; enfin la manœuvre et la conduite doivent en être assez simples pour pouvoir être confiées à un vigneron même inexpérimenté.

On fabrique des chaudières verticales, à foyer intérieur et d'assez petites dimensions pour être transportées facilement d'un lieu à un autre. Un serpentin traversant le foyer amène un échauffement rapide de l'eau, et la cheminée qui donne issue à la fumée traverse un petit réservoir supérieur où l'eau d'alimentation commence à s'échauffer. Un niveau d'eau et un robinet pour l'alimentation complètent les organes essentiels. Enfin deux ou trois robinets latéraux permettent de puiser l'eau bouillante qui est immédiatement remplacée par une égale quantité d'eau froide. La chaudière et une provision d'eau suffisante étant amenées dans le vignoble, le chauffeur porte rapidement l'eau à l'ébullition, un jeune ouvrier est chargé de remplir des espèces de cafetières de la contenance d'unlitreenviron, munies d'une double enveloppe pour éviter la déperdition de la chaleur; et de les tendre aux femmes et aux enfants qui vont les verser sur les ceps.

L'opération du versage se fait en commençant par le bas du ceps, et en remontant lentement le long de celui-ci jusqu'au-dessous du premier bourgeon, qu'il faut bien se garder d'atteindre avec l'eau bouillante : on redescend ensuite jusqu'au point de départ.

Le but à poursuivre est de porter la surface du bois, et par suite les petites coques sousjacentes à une température suffisante pour tuer les jeunes Larves, soit au minimum 80°. Ce travail doit avoir lieu pendant le repos de la végétation, en hiver etaupremierprintemps, avant que les bourgeons de la Vigne n'aient commencé à se gonfler ; avant aussi que les Larves de Pyrale ne soient sorties de leur repos hibernal.

Les échalas servant d'abri à un grand nombre de Larves, il est urgent de leur appliquer un traitement préservatif : les aspersions d'eau bouillante seraient certainement efficaces, mais il est plus simple et moins coûteux de les enfermer dans une caisse de bois, et d'amener dans cette caisse de la vapeur surchauffée. Le coût de cette double opération, arrosage

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